Bamboo Train et Bat Big Band !

Battambang – Cambodge

Dates du séjour : 2-3 Avril 2014 (soit avant le Vietnam… cet article devait en fait être antérieur au billet publié précédemment « Good Morning Vietnam« )

Suivant les conseils de voyageurs et ceux du Lonely Planet, j’ai décidé d’aller de Siem Reap à Battambang en bateau. Je n’avais en effet pas vraiment navigué sur le Mékong jusqu’à présent à part ma virée en kayak aux 4000 îles et j’avais envie de vivre cette expérience. La traversée a duré plus de 7 heures, ce qui était un peu long avec la chaleur et le confort sommaire, mais cela m’a permis de découvrir de très jolis villages de pêcheurs. Je ne me suis pas lassée des cris heureux des enfants qui attendaient avec impatience les vagues que laissaient notre passage dans la rivière. Une sorte d’Aqualand éphémère ! J’ai pu aussi voir ces immenses filets dans chaque village et la manière dont les pêcheurs les faisaient remonter des eaux. C’est une vie tellement différente de la mienne… Si j’étais née ici, quelle aurait été ma vie ?… C’est une question qui me traverse régulièrement l’esprit lorsque je voyage.

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On trouve d »immenses filets de pêche aux alentours de chaque village flottant.

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Malheureusement encore beaucoup d’éducation environnementale à mener…

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Les enfants s’amusent dans les vagues laissées par le bateau.

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A Battambang j’ai retrouvé Séverine et Anthony, mes compères d’Angkor.  Nous avons négocié avec un chauffeur de tuk tuk une journée de visite pour voir les sites intéressants de la ville le lendemain. Le soir je suis allée voir un spectacle de cirque organisé par une compagnie locale qui aide les enfants défavorisés. Le spectacle était beau, drôle et émouvant. Il paraît que l’un des jeunes artistes vient d’être sélectionné pour rejoindre la célèbre école de cirque de Montréal, une belle leçon d’espoir pour ces jeunes et les personnes qui les encadrent.

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Le lendemain, j’ai retrouvé Séverine, Anthony et une jeune québécoise pour notre virée dans les environs de Battambang. Le clou de la matinée a consisté à rouler en train de bambou : une sorte de planche en bambou (« Norry ») posée sur quatre roues et actionnées par un moteur géré par un conducteur. On se pose en tailleur sur la planche sur des coussins et c’est parti pour une aventure à 20 km/h environ ! C’est assez drôle, surtout lorsque l’on croise d’autres « passagers » en sens inverse… Car il n’y a qu’un seul rail et les « trains » circulent dans les 2 sens ! Le train qui a le moins de passagers doit se retirer de la voie pour laisser passer l’autre. Rien de plus simple : le chauffeur freine et arrête la « planche », les passagers descendent à côté de la voie, le chauffeur retire la planche puis les roues et essieux avec l’aide de l’autre conducteur. Il paraît que ce train va bientôt disparaître complètement, même en tant qu’attraction touristique, en raison de normes de sécurité pas tout à fait optimales… Bon, en tout cas tout s’est bien passé pour nous et c’était plus drôle que je ne l’imaginais.

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Je ne voyage qu’en VIP…

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Nous avons également fait une dégustation de vins locaux. J’étais tout aussi peu séduite par leur goût que ceux goûtés en Birmanie mais c’était davantage pour les découvrir que pour boire des grands crus ! Je sais que mon palais se « rattrapera » en Amérique Latine… Nous avons ensuite visité une jolie maison coloniale en bois, avec l’accueil chaleureux de la famille qui vit là depuis plusieurs générations. A midi nous avons déjeuné dans un resto au bord de la rivière après avoir passé un pont suspendu, le genre de ponts que j’affectionne très peu ! Heureusement celui-ci ne bougeait presque pas… Le plat était à peine mangeable. Nous pensions ne pas risquer grand chose en commandant du « chicken fried rice ». En fait nous avons eu du riz avec des abats et du cartilage de poulet. Un avant goût de la Chine mais je ne le savais pas encore… (NDLR : Soit un bon mois plus tard ! J’écris en effet certains articles sur le vif, d’autres avec plusieurs jours de recul, selon mes humeurs et mon temps « libre »).

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Je souris car je n’ai pas encore goûté le fried rice aux abats et cartilage de poulet…

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Pas vraiment séduite par les crus locaux mais toujours curieuse de goûter les vins des différents pays… vivement le Malbec et le Carmenere 🙂

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Comment séparer les grains de riz de leur enveloppe ou transformer le riz complet en riz blanc

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L’après-midi nous avons grimpé une colline et admiré de beaux temples avec de belles vues plongeantes sur la vallée. La visite d’une grotte remplie d’ossements, dans laquelle Pol Pot et ses potes despotes jetaient des individus depuis un trou béant, nous a pas mal glacés et a fait resurgir la triste histoire, pas si lointaine que ça, de milliers d’individus qui ont péri sous la torture.
Avant le coucher du soleil nous avons ensuite rejoint la « Bat cave », impressionnante non pour son intérieur que je n’ai pas vu mais pour la sortie nocturne de ses habitants que je n’aurais pas vraiment aimé rencontrer dans leur demeure : plusieurs millions, j’écris bien millions, de chauve-souris qui s’échappent durant près de 45 minutes de l’antre de la terre. C’est phénoménal, il faut le voir pour le croire. Cela ne rend rien en photo, c’est un peu mieux en vidéo (cf celle-ci que j’ai trouvée sur Youtube: ), avec le son de leurs cris et battements d’ailes et les kilomètres de nuées qui sortent tous les soirs au crépuscule. On a l’impression que toutes les chauve-souris de la terre habitent là et se retrouvent pour une rave géante. Le big bang de la bat big band de Battambang !

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Les singes « culs-rouges » sont tout aussi chapardeurs que les macaques… notre compagne québécoise l’a appris à ses dépens… ils ont dérobé son soda en un éclair !

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En attendant les copines de Bat Man… qui vont surgir par millions de ce trou béant dans une colline…

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Les nuées de chauve-souris… sur des kilomètres de long !

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J’ai aussi profité de mon passage à Battambang pour me rendre au consulat vietnamien et obtenir mon visa. Cela s’est passé comme sur des roulettes (cf celles du train en bambou…) : 5 min au guichet à remplir un formulaire et j’ai récupéré le visa le lendemain matin en payant un peu plus pour l’avoir en express.

A noter également : la rencontre d’une jeune cambodgienne charmante, qui parlait très bien anglais, dans mon bus retour pour Siem Reap. Je suis arrivée dans le bus totalement excédée : une heure de retard par rapport à l’heure que l’on m’avait annoncé, un bus local pourri alors que j’avais payé pour un « VIP » avec clim (ce n’est pas du luxe, il fait plus de 40 degrés…), et surtout aucune place assise disponible ! Le chauffeur voulait que je m’assois à côté d’une maman et de ses 3 enfants alors qu’il n’y avait que deux sièges et qu’ils étaient déjà entassés les uns sur les autres. J’ai clairement fait part de mon mécontentement et ai finalement réussi à obtenir une place assise, à côté d’une jeune femme, le chauffeur ayant fait déplacer un passager sur un strapontin à l’avant du bus…

Avec Kim

Avec Kim

J’étais énervée, pour ne pas dire « sur les nerfs », et la jeune femme a commencé à me parler gentiment en anglais en me demandant de quel pays je venais et qu’elle me comprenait. Elle s’appelait Kim et m’a expliqué que le bus avait plus d’une heure trente de retard, que beaucoup de passagers s’étaient également plaints et qu’elle même craignait d’être en retard pour un entretien d’embauche… cela m’a fait réaliser que de mon côté je n’avais pas de véritable contrainte de temps mais étais excédée par les mensonges réguliers lors de l’achat des billets de transport (type de bus, confort, horaires, etc.). On se sent finalement assez démunis et d’une certaine façon exploitée car il n’y a pas de moyen de vérifier ce que l’on nous dit, ce que l’on nous vend, même en posant des questions au préalable et en lisant les avertissements dans les guides de voyages. Je comprenais maintenant que ce type d’arnaques s’appliquaient même aux locaux et je me sentais un peu ridicule en comparant ma situation à celle de Kim qui avait beaucoup plus de raisons que moi de déplorer le retard et les mauvaises conditions du transport. J’ai parlé avec elle pendant une heure, jusqu’à ce qu’elle arrive à sa destination, heureusement pas trop en retard pour son entretien. Son frère habite dans le sud de la France mais elle n’a actuellement pas suffisamment de moyens pour lui rendre visite. Ils sont orphelins, comme beaucoup d’enfants cambodgiens qui ont souffert de la triste histoire de leur pays. J’espère qu’un jour elle pourra aller le voir et pourquoi pas me rendre visite si je suis à Paris. Nous nous sommes connectées sur Facebook et continuons d’échanger de temps en temps. Cette rencontre, bien que furtive, m’a touchée. Je suis toujours surprise de voir combien les individus peuvent être différents dans un même pays : du mafieux qui n’a aucun scrupule à arnaquer les touristes à cette jeune femme courageuse pleine de bienveillance et d’ouverture. C’est l’image que je garderais de ma trop courte semaine passée au Cambodge. Je dois faire des choix, je ne peux pas tout voir, et je regrette de ne pas avoir eu le temps de passer à Phnom Penh pour voir le bouleversant musée M 21. Ce sera peut être pour une prochaine fois. Anthony et Séverine ont pour leur part poursuivi leurs aventures dans le sud pour profiter des plages. J’ai passé une belle semaine, bien remplie, en leur compagnie.

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