Yunnan – Premières impressions chinoises

De sublimes rizières en terrasses… qui se méritent !

Dates su séjour : du 16 au 19 avril 2014

Dès mes premiers pas en Chine, j’ai senti que mon périple prenait un sacré tournant et que le choc culturel allait être grand. Après une première soirée mémorable à Hékou, à 3 km seulement  du Vietnam, j’étais fin prête pour rejoindre les mythiques rizières de Yuanyang à environ trois heures de route. Déjà séduite par celles de Sapa, j’étais curieuse de savoir si elles allaient être comparables ou non. Quelques handicaps de départ néanmoins : absolument personne ne parlait anglais à part la charmante guide touristique rencontrée la veille dans le hall de l’hôtel et j’avais des infos très floues sur les horaires du bus censé m’emmener à Duoyishu où j’avais réservé ma guesthouse. Aucune indication dans le Lonely Planet ou sur internet. Un guide de Hanoi m’avait indiqué que le bus partait à 7h, celui de Sapa m’avait dit 9h et je ne savais toujours pas où se trouvait la station de bus malgré mes tentatives de renseignements auprès des locaux. La guide touristique de la veille m’avait donné rendez-vous dans le hall à 8h et avait dit qu’elle m’aiderait. J’étais soulagée quand je l’ai vue arriver pile à l’heure. Elle a hêlé un taxi et m’a déposée près de quelques individus qui stationnaient à côté de 2 mini vans.

La plupart des hommes avaient relevé leur t-shirt ou chemise au niveau de leur poitrine laissant ressortir leurs bidons grassouillets. Ils crachaient fréquemment et se mouchaient, sans mouchoir, en éjectant leur morve sur le trottoir. J’avais entendu parler des crachats mais pas de la manière de se « moucher »… c’était perturbant pour ne pas dire écoeurant. J’ai appris plus tard qu’il ne faut pas garder les impuretés en soi dans la culture chinoise, d’où cette pratique. Il parait qu’ils trouvent dégoûtant de leur côté que l’on souffle dans des mouchoirs. Je sais que cela choque aussi les Japonais, qui eux font preuve d’une discrétion absolue en se cachant dès qu’ils doivent se moucher, y compris au niveau sonore. Bref, de sacrées différences culturelles !

Après des altercations entre deux chauffeurs qui me revendiquaient chacun comme future cliente, du moins c’est ce que j’ai supposé, la guide m’a indiqué lequel des deux rejoindre et le tarif à régler, qui était peu élevé. Elle m’a ensuite dit au revoir car elle devait rejoindre son travail. Je l’ai remerciée chaleureusement pour toute son aide. Je ne sais pas trop où j’aurais passé la nuit sans elle… Il était environ 8h15. Le chauffeur m’a dit de monter à l’avant du véhicule, ce que j’ai fait. Mais de son côté, il restait debout à l’extérieur en arpentant le trottoir avec 3-4 autres personnes autour de lui. En bonne citadine impatiente, je regardais ma montre toutes les 5 minutes sans comprendre pourquoi on ne démarrait pas. Au bout de 15 min je suis ressortie du véhicule. J’ai essayé de demander au chauffeur et autres individus qui semblaient attendre comme moi, à quelle heure on partait en leur montrant ma montre, mais je ne comprenais rien à ce qu’ils me répondaient… Du chinois au sens propre et figuré ! Au bout d’environ une heure d’attente, j’ai enfin compris qu’on attendait que le minivan se remplisse pour démarrer… J’ai attendu 45 minutes de plus avant qu’on ne le fasse, en réalisant combien ce type d’expérience mettait à mal (à moins que ce ne soit à bien ?) mon impatience. C’est un sentiment curieux surtout lorsqu’on ne comprend absolument rien autour de soi. Nous avons roulé une heure sur une belle autoroute. J’étais surprise de la qualité de la route surtout en comparaison avec les routes défoncées du Laos, Cambodge et Birmanie.

Arrivés dans un village, le minivan s’est arrêté et tous les passagers sont descendus. Cette fois il ne m’a fallu que deux minutes pour comprendre que c’était reparti pour un long tour de poireautage à attendre d’autres passagers. J’ai également réalisé à ce moment là que le trajet allait être beaucoup plus long que les 3 heures auxquelles je m’attendais… Du coup j’ai sorti mon PC pour trier mes photos, ce qui m’occupe bien en général, étant donné la quantité phénoménale de mes clichés. J’avais à peine trié 100 photos que le chauffeur m’a criée dessus tout en sortant mon sac à dos du coffre et en pointant du doigt un bus local en piètre état qui venait de s’arrêter. J’ai refusé de changer de véhicule en lui disant que j’avais payé pour le minivan et non pour le bus mais il a jeté mon sac dans le couloir du bus sur un amoncellement d’autres bagages, ne me laissant pas d’autre choix que de sauter et de me frayer un chemin pour trouver une place assise entre la mamie et les poules qu’elle essayait de calmer sous son siège et pas mal de gars qui fumaient tous comme des pompiers, le bide à l’air. Et voilà, c’était donc ça… l’aventure routarde à son comble, narrée par moult voyageurs !

Le trajet en bus a duré jusqu’à 4h de l’après-midi. On s’arrêtait dans tous les villages sans que je sache où l’on était ni combien de temps on s’arrêtait. Je n’osais pas sortir de peur que le bus ne reparte avec mon sac et me laisse en plan. C’est l’un des inconvénients lorsqu’on voyage seul : personne ne peut vous garder votre sac. Je me suis quand même ruée aux toilettes lorsque le chauffeur a fait le plein d’essence, en expérimentant des WC qui restent dans le top 3 des pires de mon voyage : pas de porte individuelle, une tranchée en béton avec une fosse d’un mètre jamais nettoyée, une odeur forcément abominable et évidemment ni papier ni savon ni robinet. J’ai vite réalisé qu’en Chine, à part dans les hébergements où les toilettes étaient en général correctes, il faut TOUJOURS avoir sur soi un rouleau de papier et du gel antibactérien. Même dans des musées de renommée internationale comme celui de l’armée de Terracotta à Xian, les toilettes étaient nauséabondes… Expérience de transport totalement inoubliable et éreintante à laquelle s’ajoutait le stress de ne pas savoir où j’étais ni quand j’allais arriver et un estomac qui était ronchon car le petit paquet de chips acheté lors d’un court arrêt ne lui suffisait pas, sans compter la saturation de graisse avec le fast food miracle de la veille.

Je suis finalement arrivée à Xinjie vers 16h, ai négocié un transport direct avec un taxi privé pour les 45 dernières minutes. La route avait complètement changé : rien à voir avec l’autoroute du matin. Nous étions sur une petite route de montagne surplombant une majestueuse vallée où j’apercevais déjà de belles rizières. J’étais fatiguée mais émue, émue d’être dans ce drôle de pays qui éveillait ma curiosité depuis quelques années et dans lequel je n’étais jamais allée auparavant, à part à Hong Kong, qui est à des années lumières de ce paysage du Yunnan… J’avais fortement insisté auprès du chauffeur pour qu’il me laisse juste devant la guesthouse que j’avais réservée dans le Lonely : Jacky’s Guesthouse. Or il insistait pour que je descende sur un parking. Alors que je râlais, un couple de Français est passé devant nous en confirmant que le chauffeur ne pouvait pas descendre plus bas dans le village et qu’eux mêmes cherchaient Jacky’s guesthouse. Du coup, j’ai extrait mon sac du coffre et les ai rejoints.

Nous avons traversé le village en long, en large et en travers pendant 20 bonnes minutes avant de trouver la guesthouse. J’étais soulagée d’être tombée sur ces deux compatriotes d’autant plus qu’ils avaient l’air sympas et beaucoup plus détendus que moi… 9 heures de transport au lieu de 3, cela m’avait pas mal secoué ! Ma fatigue s’est presque envolée quand je suis arrivée sur la terrasse de la guesthouse, avec une vue époustouflante sur les rizières dans lequel le village était niché. Les deux morceaux de saucisson offerts par une famille de Français et le bon repas du soir ont fini de me revigorer.  Quelle récompense après cette laborieuse journée de transport ! Et ce n’était que le début. Le lendemain m’attendait l’une des plus belles surprises de mon périple : l’un des plus beaux levers de soleil de ma vie, un marché local extra-ordinnaire (quasiment aucun touriste, communautés ethniques revêtant leurs plus beaux habits et marchandant poulets, bidasse, légumes et tofu), et une rando fabuleuse à longer villages et vallées avec rizières en terrasses multicolores, le tout avec Anne et Foucault dont j’ai grandement apprécié la bonne humeur constante et leur sens de l’orientation bien plus développé que le mien ! L’une des plus belles journées de mon périple ainsi que la suivante où nous nous sommes cette fois aventurés SUR les rizières. Et j’ai quitté le village avec l’aide d’un autre français fort aimable, Benjamin, qui parlait chinois et a négocié pour moi un taxi jusqu’à  Xinjie, ville où j’allais prendre un bus de nuit « couchette » pour Kunming.

Lever de soleil depuis Jacky’s guesthouse :

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Le marché local dans un village voisin de Duoyishu :

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Randonnée 1er jour dans les villages autour des rizières :

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Une poule qui fait l’autruche…

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Randonnée 2ème jour SUR les rizières qui entourent Jacky’s Guesthouse (et nouveau lever de soleil mémorable !) :

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Punaise !

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