Santiago & Co

Caldillo de congrio, cementerio, Casa Mosaïco, vin chilien & vélo, balade en raquettes à Maipo, frayeur dans le métro…

Dates du séjour : du 19 au 23 juillet, 26 et 27 juillet, et du 2 au 5 août 2014

Santiago raisonne singulièrement en moi car cette ville représente ma toute première venue sur le sol sud-américain, il y a quelques années lors d’un déplacement professionnel. J’étais heureuse de pouvoir « découvrir » ce continent qui m’intriguait, m’attirait et que je connaissais finalement si peu. Je n’avais pas été particulièrement impressionnée par la ville sachant que j’avais eu très peu de temps de libre pour vraiment la parcourir et donc une vision limitée. J’avais en revanche apprécié l’accueil chaleureux des Chiliens et eu plaisir à rencontrer de nouveaux amis, Miguel et Maca (grâce à Marion que je remercie !), qui m’avaient fait découvrir le pisco sour. Depuis que j’ai goûté le pisco sour péruvien en juin dernier, notamment le maracuja pisco sour, je dois avouer que j’ai une petite préférence pour le péruvien… (cf envie n°20). C’est une déclaration très sérieuse que je fais là car les deux pays revendiquent chacun le pisco sour comme étant leur cocktail national et ils ont même porté l’affaire en justice, à la Cour Internationale de La Hague. Le verdict est récent, il date de 2013 : c’est le Pérou est l’heureux « gagnant » (cf nombreux articles tels que celui-là)…

C’est en fait initialement pour sa position stratégique que j’ai décidé d’aller à Santiago à l’occasion de mes pérégrinations en Amérique Latine, car c’était le point de départ pour l’Ile de Pâques, séjour que j’ai effectué du 28 juillet au 2 août (à découvrir prochainement dans picsandtrips !).

Ce séjour dans la capitale chilienne m’a tout de même réservé plusieurs surprises sympathiques. Tout d’abord j’ai pu revoir Miguel et Macarena et faire la connaissance de leur adorable petite fille. Nous avons même passé un après-midi ensemble dans un parc huppé de la ville, dans lequel on peut observer des flamands roses, des canards atypiques et beaucoup de chiens, de poussettes et de ballons multicolores. C’était assez amusant de passer ce moment « familial » en plein tour du monde : je fréquente ces derniers temps davantage les auberges de jeunesse et les treks sauvages que les parcs dédiés aux promenades dominicales !

Lors de mon arrivée, comme le temps était gris et froid, j’ai décidé d’aller visiter deux musées : le musée d’art précolombien et celui des beaux Arts. Je n’ai pas regretté, en particulier le Museo Chileno de Arte Precolombino qui a une très belle collection et est bien mis en scène.

Musée d'art précolombien

Museo Chileno de Arte Precolombinio

Museo de Bellas Artes

Museo de Bellas Artes

Afin de découvrir davantage la ville, j’ai décidé de tenter de nouveau l’expérience des Free Walking Tours (testés avec plaisir à La Paz), d’autant plus que j’avais eu des échos positifs d’autres voyageurs concernant celui de Santiago. Il y en a en fait plusieurs. J’ai beaucoup apprécié celui du matin dont le point de rendez-vous était devant le musée des beaux arts, juste à côté de l’auberge dans laquelle je logeais. Le tour nous faisait passer dans le Mercado Central et Mercado Vega. La guide, Lisette, pleine d’énergie et parlant parfaitement anglais car elle était américaine de parents chiliens, nous a même conseillé quelques spécialités locales si l’on désirait venir déjeuner au Mercado Central. Elle a particulièrement insisté sur le caldillo de congrio de Tio Willy, un resto « bonne franquette » à l’entrée du marché. Du coup j’ai suivi ses conseils alors qu’initialement je n’étais pas du tout attirée par la soupe de congres, surtout après avoir vu ces spécimens assez immondes sur les étals du marché… Et bien, c’était l’un des plats les plus succulents (et copieux…) de tout mon séjour en Amérique Latine, un vrai régal !

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Caldillo de congrio

Caldillo de congrio

J’ai aussi bien aimé la visite du Mercado Vega, un marché populaire de fruits et légumes, très animé durant la semaine. J’ai toujours autant de plaisir à prendre en photos les marchés. C’est l’un de mes thèmes photographiques favoris, le marché plus incroyable étant celui que j’ai vu dans le Yunnan, au sud de la Chine. Lors de la visite du marché Vega, nous avons pu savourer, gratuitement, une sorte de pain-beignet au potiron, recouvert d’une sauce assez épicée. Là encore, c’était délicieux. La consistance m’a même rappelé les bougnettes catalanes, ma madeleine de Proust…

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Mais le plus surprenant lors de ce walking tour, ce fut la découverte du cimetière général de Santiago. L’endroit est incroyable et vaut vraiment le détour. Il est facilement accessible depuis le métro. Lorsqu’on arrive, on se trouve face à des écrans de télévision qui indiquent les horaires et lieux exacts des crémations, tellement le cimetière est immense. Il est aussi grand que 170 terrains de football et deux millions de personnes y sont enterrées (le Chili est un pays de 17,2 millions d’habitants)…

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Il comprend parfois des immeubles de plusieurs étages avec des ascenseurs intégrés. C’est le cas notamment de cet édifice dédié à la communauté italienne, immigrée dans les années 40, et qui aurait importé les concepts des malls… Il y aurait 2000 tombes dans cet « immeuble »…

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En fait, c’est presque une ville dans la ville, avec des rues, des étages, des arbres, et des styles architecturaux des plus variés : du temple grec au palace indien tout en passant par le style égyptien, inca, Art Nouveau ou épuré. C’est une visite pour le moins déroutante., avec tout le respect que l’on doit à ce lieu de recueil et de mémoire.

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J’ai également fait un second Free Walking Tour, organisé dans un autre quartier de la ville. Il n’était pas à la hauteur du premier mais il m’a permis d’en apprendre un peu plus sur l’histoire du Chili et de rencontrer une jeune enseignante américaine qui vit au Vénézuela  et avec qui j’ai pu « escalader » le Cerro San Cristobal qui offre une très belle vue sur la ville. On se rend alors davantage compte de la démesure de Santiago.

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Ce qui a également particulièrement marqué mon séjour à Santiago, au-delà des visites, c’est l’accueil formidable que m’a réservé le personnel de l’auberge de jeunesse dans laquelle je suis restée : Casa Mosaico. Chaque personne du staff était patiente, attentionnée, souriante, souvent drôle. Au bout de quelques jours, j’avais l’impression d’être dans un appartement avec des amis en colocation. Ils m’ont même invitée à un barbecue du personnel qu’ils organisaient à l’occasion du départ de l’un d’eux. Du coup, malgré la grisaille de Santiago à ce moment là, j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère qui y régnait et en garde un excellent souvenir.

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A mon retour de l’Ile de Pâques, j’ai eu envie de découvrir les environs de Santiago.

J’ai pu visiter le village de Pomaire, réputé pour ses céramiques et sa gastronomie, grâce à Pablo, que j’avais rencontré à Rapa Nui et qui vit à Santiago. Pomaire était peu animé ce jour là (un lundi) mais les alentours, avec la Cordillère des Andes en toile de fond, étaient superbes. Le soleil embrasait la capitale lors de notre retour et l’on apercevait nettement la magnifique chaîne de montagnes habituellement cachée par le brouillard et/ou la pollution.

Ce qui était vraiment triste et décevant en revanche, c’était de voir les amoncellements de détritus dans chaque virage alors que nous montions sur une très belle route de montagne. J’étais vraiment surprise de voir tous ces détritus car le Chili me semble être un pays évolué et éduqué, influencé par la culture américaine. Les centres commerciaux sont notamment des copies conformes des malls américains. En tout cas, je ne m’attendais pas à voir un tel mauvais sort environnemental en pleine nature, comme si les individus n’avaient jamais été éduqués sur le fait que l’on doit ramasser ses détritus, a fortiori en pleine nature. Cela m’avait déjà beaucoup choquée dans la baie d’Halong. Quel dommage de détériorer des sites aussi exceptionnels, et la nature en général, alors que c’est à la portée de tous de faire un petit effort… Je ne suis pourtant pas une écologiste extrémiste mais force est de constater qu’il y a encore bien du chemin à faire dans l’éducation et la protection environnementale de notre planète.P1260410 P1260411 P1260417 P1260423

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Je me suis également inscrite à un tour « Bike &Wine » organisé par la Bicliceta Verde au sein du domaine vinicole de Cousiño Macul, accessible en métro depuis le centre de Santiago. J’ai eu une mauvaise surprise cette fois. Lorsque je suis montée dans le train, il y avait énormément de bruit, beaucoup de cris de jeunes excités. Je pensais initialement (et naïvement) que c’était, comme dans le métro parisien, probablement dû à un match de foot, mais trouvais curieux qu’il y ait autant de chahut à 10 heures du matin. Et puis j’ai vu que mes voisins de wagon semblaient très inquiets, faisant même des mouvements pour se protéger. Là j’ai vu débarquer toute une bande de délinquants dont un qui tendait un couteau assez imposant devant lui tout en avançant à vive allure. Il y avait une très jeune femme en face de moi en train d’allaiter son bébé. Le couteau est passé à quelques centimètres de nous. Les passagers étaient effrayés, moi aussi. je suis sortie à la prochaine station. J’ai vu que le train suivant contenait également des « gangs » qui se provoquaient mutuellement et suis restée sur le quai, peu rassurée, jusqu’à ce qu’un train a priori calme daigne arriver.

Il paraît que ce type d’incidents reste rare à Santiago et que le métro est normalement un moyen de transport sûr. C’était tout de même impressionnant, même si je sais que cela peut arriver n’importe où. Plus de peur que de mal, mais j’étais pas mal secouée et non mécontente de monter sur un vélo dans les vignobles pour prendre l’air… et de retrouver Lisette qui était également la guide de ce tour ! La dégustation de vin m’a aidée à me détendre un peu plus. Nous n’avions en fait qu’une petite demi-heure de vélo, avec un verre de vin blanc dégusté au milieu des vignes, puis deux autres verres dans une salle, après avoir laissé nos vélos. C’était tranquille, agréable et magnifique avec la Cordillère des Andes qui se détachait derrière les pieds de vignes, même si ceux-ci n’étaient pas pourvus de raisins en cette période de l’année. Nous sommes en effet en plein hiver au Chili.

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D’ailleurs comme c’est l’hiver, Santiago offre de belles occasions d’escapades dans la neige. J’ai préféré aux stations de ski une balade en raquettes dans le Cajon del Maipon. Cela faisait du bien de me retrouver dans la nature, de faire un peu d’exercice et de sortir de la ville. La balade m’a plu. Elle était physique mais tout à fait accessible. Il ne faisait pas trop froid et nous avons même vu un bel aiglon peu farouche. La route était également très belle, on passait à côté des stations de ski.

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J’ai également profité de mon étape à Santiago pour visiter de nouveau Valparaiso que j’avais découvert il y a 3 ans et dont la lumière et les graffitis m’avaient éblouie. Ce sera l’objet de mon prochain billet.

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