Pantanal

Un sanctuaire naturel incroyable

Dates du séjour : du 20 au 23 août 2014

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Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2000, le Pantanal est la plus grande surface d’eau douce du monde : elle couvre près de 200 000 km2, ce qui est comparable en taille au Royaume-Uni. C’est un lieu unique où l’équilibre fragile n’a été que peu menacé, jusqu’à présent, par la présence de l’homme, contraint par les conditions naturelles à ne pratiquer là qu’un élevage nomade, pratiquement inchangé depuis des siècles. Les fermiers accueillent cependant aujourd’hui de plus en plus les touristes venus se déconnecter et s’engouffrer dans ce sanctuaire où la nature a conservé ses droits.

Cette immense plaine inondable se répartit pour les deux tiers au Brésil, le reste s’étendant au Paraguay et en Bolivie. Le Rio Paraguay inonde toute la région durant la saison des pluies, de novembre à avril. Ce « trop-plein » d‘eau progresse du nord au sud, déposant sur son passage des sédiments qui fertilisent le sol, favorisant le développement d’une végétation nécessaire à la survie de la faune. 95% des terres du Pantanal sont inondables et le niveau de l’eau peut varier de 3 mètres. On passe donc d’un immense marais en fin de saison humide (avril-mai) à une véritable savane à la saison sèche (septembre-octobre).

C’est durant cette dernière période que l’on peut le mieux observer des animaux qui se regroupent près des points d’eau, en particulier le capybara (plus gros rongeur du monde), le tapir, le caïman, la loutre géante, et avec de la chance, le jaguar. Toutefois c’est aux yeux des ornithologues que le Pantanal est un eden : 650 espèces d’oiseaux ont été recensées. On peut admirer entre autres, des aras, des émus et des jabirus. (Source de ces premiers paragraphes: Guide Vert Michelin prêté par des amis voyageurs)

Désirant profiter au maximum de mon séjour au Brésil, j’ai pris la décision de visiter le Pantanal plutôt que l’Amazonie car je voulais découvrir ce qui est considérée comme l’une des dernières régions naturelles de la planète tout en limitant les risques liés à la malaria, présente a priori en Amazonie et non dans le Pantanal, mais aussi parce que c’était plus facile géographiquement, le sud du Pantanal étant accessible en bus depuis Igaçu. J’ai aussi appris qu’il y a souvent plus de chances d’observer les animaux dans le Pantanal qu’en Amazonie, la végétation étant moins dense. J’ai réservé un séjour de 3 nuits-4 jours dans la Pousada Santa Clara, situé au sud du Pantanal près de Campo Grande.

Ma première rencontre avec la faune locale a été de voir, depuis l’arrière du pick-up qui m’emmenait à la pousada avec deux nouvelles comparses suisses, des caïmans qui pointaient leurs narines à la surface des marécages. La route était baignée par la poussière et les rayons du soleil de fin de journée. Dès les premiers instants, j’ai senti que l’on était dans un endroit où la nature a conservé ses droits.

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Ma seconde rencontre de la faune locale fut de découvrir les oiseaux extraordinaires qui volaient juste devant les bungalows de la ferme. Des aras bleus, des perroquets de toutes sortes et de toutes couleurs, et même des toucans que je pouvais apercevoir de bon matin dans le magnifique grand arbre à l’entrée de la ferme. J’avais vu des oiseaux similaires au Parque das Aves à Iguaçu mais ils étaient dans des cages. Ici, ils virevoltaient à quelque mètres de moi en toute liberté.

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Ma troisième rencontre de la faune brésilienne fut quasi-invisible et beaucoup moins féérique. J’avais découvert en partant d’Iguaçu un petit point brun dans l’un de mes orteils. Je pensais que c’était une écharde et ne m’inquiétais pas trop car elle ne me faisait pas mal contrairement à celle qui s’était malencontreusement insérée sous mon pied dans un temple de Bagan en Birmanie… Alors que j’arrivais à Santa Clara, j’ai remarqué que le petit point gonflait et cela me démangeait fortement et de plus en plus. J’ai demandé à un guide local s’il pouvait me confirmer que c’était une écharde et me l’ôter. Il m’a alors expliqué que c’était en fait la larve d’un ver que j’avais dû attraper à Iguaçu et qu’il fallait la retirer avec beaucoup de soin pour l’enlever entièrement afin que le parasite ne se propage pas dans mon pied car sinon il y aurait de plus en plus d’oeufs… Bref, un scénario peu réjouissant et alien-ant ! La nuit tombant et la lumière étant faible, il a fallu attendre le lendemain matin pour retirer l’alien… Entre les gros insectes qui pullulaient lors du dîner et ce nouveau parasite dans mon corps (sachant que j’avais été hospitalisée en urgence au Pérou trois mois plus tôt à cause d’une amibe), je n’ai pas passé la meilleure nuit de mon séjour ! Heureusement qu’il y avait deux anglaises sympas dans le dortoir où je logeais et qui étaient aussi paranos que moi avec les moustiques et bestioles nocturnes. Elles ont pris le plus grand soin pour barricader le dortoir et éviter toute aération qui aurait permis à des « intrus » de nous tenir compagnie durant la nuit. Elles ont même posé la poubelle de la salle de bain sur le trou d’évacuation de la douche pour éviter que le crapaud qui leur avait apparemment rendu visite la veille ne s’invite de nouveau à la fête !

Dès le lendemain matin, Pedro, le guide local qui marchait tout le temps pieds nus (y compris dans la jungle et les marécages), a réussi à retirer l’œuf du parasite sans trop de problème et la première activité proposée par la pousada m’a changé les idées : direction la pêche aux piranhas !

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Nous nous sommes dirigés à 15 minutes à pied de la pousada vers un cours d’eau devant lequel était situé un camping avec quelques tentes, un bâtiment principal dans lequel étaient tendus des hamacs et un petit bar. C’était le camping de la pousada. A ce moment-là je me suis dit que j’avais bien fait d’opter pour l’option du dortoir de la ferme et non pour les tentes qui se trouvaient à 3 mètres de la berge : elle grouillait de caïmans…

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Pedro nous a fait une démonstration en mettant des petits bouts de viande autour des hameçons et en nous montrant comment insérer la canne à pêche et la retirer d’un petit coup sec lorsque cela mordait. En deux heures de pêche j’ai dû utiliser des dizaines d’appâts… en fait cela mordait tout le temps et du coup c’était drôle et divertissant. Je n’ai réussi à retirer de l’eau qu’un seul piranha mais je pense que des dizaines se sont délectés de mes appâts ! En plus d’être voraces, ces poissons à la dentition légendaire semblent être très habiles car peu d’entre nous ont réussi à les sortir de l’eau. Pedro et un autre compère brésilien, Sidney, étaient bien plus doués que nous et en ont pêché bien davantage ! Du coup nous avons même pu les déguster lors du repas de midi. Il y avait très peu de chair mais c’était très bon.

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Durant les autres jours, j’ai pu profiter des autres activités organisées par la pousada :

  • des balades dans la jungle pour observer les animaux, parfois avec de l’eau jusqu’aux cuisses, pieds nus dans la vase… nous avons vu notamment des singes, des tapirs, des coatis, des émus, des veaux et buffles, des faucons, des piverts (identifiables au bruit de leurs becs qui tapaient frénétiquement sur les troncs), et d’autres oiseaux incroyables dont le fameux tuiuiù au col rouge et aux 2,8 m d’envergure, symbole du PantanalP1270884 P1270886 P1270888

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  • un safari de nuit avec un beau coucher de soleil et honnêtement peu d’animaux observés étant donné le bruit du moteur, à part une famille de capybaras (le plus gros rongeur du monde) qui a surgi dans les phares de la jeep et deux migales repérées en pleine nuit par le guide juste avec l’aide d’une grosse lampe torche (c’était assez impressionnant)
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  • une balade en bateau dans une grande barque où l’on navigue un bon moment sans moteur et l’on peut savourer le calme, la beauté du paysage et observer encore plus d ‘animaux que dans la jungle (cette balade en bateau a été de très loin mon activité préférée !) : toujours de nombreux caïmans, iguanes, singes, oiseaux à gogo (martins-pêcheurs, jibairu, tuiuiu, aras…), loutres et les empreintes fraîches (de quelques heures) d’une maman puma et de son petit que nous n’avons pas eu la chance de voir, il faut dire que c’est tout de même rare !

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Outre ces rencontres animales extraordinaires, des paysages bruts et sauvages émouvants, et une déconnexion totale à internet qui permettait de savourer complètement cet espace naturel unique, c’est aussi la rencontre avec de nouveaux compagnons qui me laissera un très beau souvenir : Pedro, le guide très attaché à sa région, qui marchait pieds nus sans craindre ni les fourmis vénéneuses ni les anacondas ; Sidney, un brésilien qui était en vacances et travaille dans une auberge de jeunesse de Bonito que j’avais pré-réservée juste après le Pantanal (le plus drôle étant que c’est justement Sidney qui avait enregistré ma réservation et que l’on a donc fait connaissance totalement par hasard quelques jours avant ma visite à Bonito !) ; Ursula et Francesca, deux Suisses rigolotes ; Tom, un ancien manager marketing néerlandais qui s’est reconverti et a monté une entreprise de fitness et bien-être ; et Toshiyuki, un japonais auteur-rédacteur qui vit de façon nomade et édite des textes aux quatre coins du monde. J’ai même eu droit à mes premiers pas de sambas à quelques mètres des caïmans, dans le petit bar du camping où nous étions aller prendre une capirinha ! Je pense que les caïmans doivent se souvenir du spectacle !

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Les compagnons dont je me serais bien passer en revanche étaient les moustiques qui m’ont dévorée malgré la tonne de répulsif que j’avais mis, le pantalon long, les chaussettes et chaussures fermées, le chèche, la chemise à manche longue boutonnée jusqu’au cou… Pendant les 2 balades que j’ai faites dans la jungle je voyais fréquemment plusieurs moustiques sur mes mains… il est vrai que je n’avais pas prévu de prendre des gants ! Nous ne sommes pas tous égaux : plusieurs compagnons de route se sont baladés en débardeurs et shorts sans se faire piquer… Le Brésil restera de manière générale le pays où je me  suis faite le plus attaquer par les moustiques, plus qu’en Asie en fait. Mais cela n’empêche pas le véritable coup de cœur que j’ai eu pour ce pays. Je vous le ferai découvrir encore davantage dans de prochains articles car j’ai encore plusieurs semaines de voyages à vous raconter…

Une autre région naturelle magnifique m’attendait après le Pantanal : Bonito et ses rivières d’une très grande pureté qui permet de nager au milieu de multiples poissons dans une eau transparente comme si l’on était en plein Caraïbes… Cette nouvelle aventure allait se révéler d’autant plus sympathique que j’allais retrouver à Bonito tous les nouveaux compagnons mentionnés ci-dessus (y compris les moustiques !).

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