Recife & Olinda

Pluie, hibernation, artistes et ouistitis

Dates du séjour : du 7 au 10 septembre 2014

P1300454

Après un très beau séjour « nature » dans la Chapada Diamentina, j’ai pris une navette de nuit pour arriver aux aurores à l’aéroport de Salvador et enchaîner avec un vol direction Recife. J’avais réservé trois nuits dans la très pittoresque et carnavalesque Pousada Alto Astral située dans la charmante ville d’Olinda, proche voisine de Recife.

P1300486

Je n’ai en fait quasiment rien vu de Recife à part les panneaux le long de la plage qui incitaient vivement les téméraires à éviter toute baignade :

IMG_8068

J’ai passé mes trois jours à Olinda… quasiment en hibernation ! J’ai en effet eu droit à quasiment trois jours de pluie non stop et en ai profité pour me consacrer à un projet de video que je voulais réaliser pour la fête d’anniversaire de deux amies à laquelle je ne pouvais pas assister, afin de leur dire que je pensais à elles malgré la distance.

J’ai tout de même pu me balader dans les ruelles colorées d’Olinda, tout en me faisant happer régulièrement par les averses :

P1300427 P1300428 P1300429 P1300430 P1300433 P1300434 P1300435 P1300436 P1300438 P1300439 P1300440 P1300443 P1300444 P1300445 P1300446 P1300448 P1300450 P1300451 P1300452 P1300453 P1300454 P1300455 P1300456 P1300457 P1300458

Ah, tiens, un petit rayon de soleil :

P1300460

Rayon furtif…

P1300461 P1300463 P1300464

En arrière plan, on aperçoit les gratte-ciels de Recife :

P1300465 P1300466 P1300468 P1300469 P1300472 P1300473 P1300474 P1300476 P1300477 P1300478 P1300482 P1300483

Au bout de 48 heures, ne tenant plus en place, j’ai décidé de faire une sortie culturelle et d’aller voir le musée de Francisco Brennand. J’ignorais tout de cet artiste avant que les habitants locaux ne m’en parlent et ne me recommandent cette visite. Francisco Brennand est considéré comme le plus grand sculpteur et céramiste brésilien contemporain. Les oeuvres étaient exposées à la fois en plein air dans un beau parc et en intérieur dans une ancienne usine de céramique.

On m’avait dit que je pourrais m’y rendre en une heure de trajet en transports en commun. Il m’a en fait fallu 2h30 pour me rendre dans ce site isolé situé dans les alentours de Recife, en souffrant de la chaleur, des bouchons et de la pollution, dans des bus bondés qui avançaient à vitesse d’escargot. Je suis arrivée 30 minutes avant la fermeture du musée, me faisant arnaquer en clou final sur les derniers kilomètres du trajet par un chauffeur de taxi, qui m’a fait faire un détour évident pour rallonger la course et le tarif.

A mon humeur froissée par ce trajet stressant, s’est ajoutée ma déception : je n’ai pas vraiment été emballée par le site et les oeuvres dont on m’avait tant parlé… Je n’y étais pas indifférente et certaines me faisaient penser à Gaudi ou Botero que j’apprécie beaucoup, mais j’estimais que cela ne valait pas 2h30 de trajet ! J’ai négocié mon retour avec un autre chauffeur, recommandé cette fois par le personnel du musée qui était sympathique. C’était une sage décision car la nuit tombait et le trafic était toujours dense mais j’ai pu rentrer à la pousada en une heure.

P1300488 P1300490 P1300492 P1300502 P1300505 P1300506 P1300508 P1300513

Malgré cette sortie décevante, je garde deux beaux souvenirs de mon séjour pluvieux à Olinda.

Le premier, ce sont ces singes minuscules et ébouriffés qui se joignaient aux hôtes de la pousada lors du petit déjeuner et venaient déguster des bouts de banane offertes par la maîtresse de maison. Je vous invite à regarder la fin de la video pour vous rendre compte de leur toute petite taille.

P1300535 P1300543 P1300546 P1300552 P1300555 P1300562 P1300566

Le second souvenir est un moment à la fois simple et marquant de mon périple en Amérique Latine. Je déambulais un soir dans le village en quête d’un dîner et mon regard est tombé sur un atelier d’artiste dans lequel une pancarte indiquait que des plats du jour pouvaient être servis sur demande. Je suis rentrée et j’ai été accueillie par un petit Monsieur moustachu au regard espiègle qui m’a invitée à m’asseoir sur une grande table, la seule table présente dans la galerie. Il était discret et souriant. J’ai choisi mon plat parmi les 2-3 choix proposés sans que nous échangions beaucoup de paroles mais je me sentais bien, j’aimais l’atmosphère qui se dégageait de cette galerie et avais l’impression d’être dans une maison d’hôte davantage que dans un restaurant. J’étais la seule cliente, entourée de tableaux.

Un de ses amis est arrivé. Il avait une face joviale et une moustache digne d’Astérix. Il m’a demandé s’il pouvait également s’asseoir, vu qu’il n’y avait qu’une seule table, et j’ai bien entendu accepté. Il a commandé une bière. Il était plus volubile que son comparse, que j’ai découvert plus tard être son associé. Le fait que je voyage seule avec un accent étranger déclenchait souvent des questions de la part des personnes que j’ai pu croiser sur ma route. Et c’est ainsi tout naturellement que nous avons commencé la conversation.

Nous avons parlé cependant plus d’une heure je crois, en espagnol. « Astérix » était un ancien ingénieur chimique uruguayien venu s’installer à Olinda au Brésil pour rejoindre son ami qui tenait une galerie de peinture et changer complètement de vie. Certaines rencontres restent ancrées en nous. On peut oublier le fond de la conversation mais retenir toute l’humanité et la bienveillance de l’échange. J’ai senti que c’était un moment unique et leur ai demandé si je pouvais les prendre en photo pour « fixer » ce moment, comme j’aime souvent le faire. J’aime beaucoup cette photo car j’y entraperçois la complicité furtive qui s’était établie entre nous trois, malgré nos âges, nos vies, nos cultures, nos aspirations différentes.

Je n’ai finalement pas vu grand chose de la région de Recife mais n’oublierai pas cette belle rencontre. C’est sûrement cela la magie du voyage. Ce que l’on trouve sur notre chemin, en accueillant ce que nous offre le destin, des moments parfois simples et profonds. Celui-ci a en tout cas fait scintiller Olinda malgré la grisaille.

P1300524

Publicités