Le Sel de la Terre

Un photographe est quelqu’un qui écrit avec la lumière, dessine le monde avec des lumières et des ombres.

Je suis allée voir hier « le Sel de la Terre », le film documentaire de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado qui rend hommage à la vie, à la carrière et à l’engagement social du photographe brésilien Sebastião Salgado.

Ce film m’a profondément bouleversée, dès les toutes premières secondes.

J’ai jusqu’alors narré dans ce blog mes récits de voyages en Asie et en Amérique Latine réalisés cette année pendant huit mois, avec une volonté initiale de partager mon regard sur ce monde si riche et si divers, essentiellement à travers la photographie. J’ai réalisé au fur et à mesure de mes pérégrinations que j’avais également envie d’éclairer mes clichés avec mon ressenti et avec des témoignages sur ce que je vivais, sur ce qui m’interpellait.

Mon périple s’est achevé il y a plus d’un mois et j’ai replongé depuis dans l’univers citadin parisien. C’est vraiment un plongeon. On passe d’un environnement à un autre, de façon quasi-immédiate, avec peu de répit pour reprendre son souffle mais aussi une troublante et finalement rassurante capacité de ré-adaptation, comme si notre corps et notre esprit nous aidaient constamment à naviguer dans les différents fleuves de la vie, parfois tranquilles, parfois déchaînés, parfois limpides, parfois embourbés, parfois exaltants, parfois pesants. C’est peut-être la définition du mot vitalité, cet incroyable pouvoir de « résilience », qui nous pousse à avancer où que l’on soit et quelques que soient les aléas de la vie, avec ses joies et ses désarrois.

Ce film est justement un hommage à la vie et à la photographie. Alors que je suis très sensible aux couleurs, aussi bien en peinture que lorsque je prends des photos, toute l’oeuvre de Salgano est en noir et blanc. Cela m’a beaucoup frappée. La lumière transcende et sublime tous ses clichés, c’est du grand art.

 Je crois qu’on peut mettre beaucoup de photographes différents dans le même endroit, ils verront toujours des photos différentes. Ils forment leur manière de voir. Chacun en fonction de son histoire.

Sebastião Salgado, par son œuvre extraordinaire et son engagement humaniste, superbement mis en « lumière » par Wim Wenders et le fils de Sebastião, nous offre une véritable odyssée au cœur de l’Homme et de la Nature, au cœur de la « Comédie Humaine », souvent tragique mais également pleine de beauté et d’espoir.

Je savais déjà une chose de ce Sebastião Salgado : il aimait vraiment les êtres humains. Après tout, les hommes sont le Sel de la Terre. –Wim Wenders

Sebastião Salgado est né au Brésil en 1944 dans l’Etat du Minas Gerais. En 1973, après des études d’économie, il décida, avec le soutien de son épouse Lélia Wanick Salgado qui l’a épaulé durant toute sa carrière, de changer radicalement de métier et de se consacrer à la photographie.

Il va parcourir la planète et témoigner durant de nombreuses années des souffrances et des périls humains, que ce soit les risques quotidiens encourus par des milliers de chercheurs d’or brésiliens dans la plus grande mine à ciel ouvert du monde (Serra Pelada), les ravages de la famine en Ethiopie, le courage des pompiers tentant d’éteindre les incendies des champs pétrolifères au Koweit, les horreurs de la guerre en ex-Yougoslavie ou les atrocités du génocide Rwandais.

On est un animal très féroce, on est un animal terrible, nous les humains. Notre histoire c’est l’histoire des guerres, c’est une histoire sans fin, une histoire folle. – Sebastião Salgado

Ce qui frappe dans chacun de ses témoignages poignants, c’est l’immense dignité qui se dégage dans l’approche du photo-reporter. Il cherche la pleine immersion, à s’adapter et comprendre les communautés qu’il rejoint, le tout avec un grand respect, une certaine pudeur, ce qui peut paraître complètement paradoxal lorsqu’on découvre les clichés qui immortalisent l’horreur et la cruauté, tels ces parterres de corps mutilés dans des églises ou des écoles.

Plus que jamais, je sens que la race humaine est une. Au-delà des différences de couleur, de langue, de culture et de possibilités, les sentiments et les réactions de chacun sont identiques. Les gens fuient les guerres pour échapper à la mort ; ils émigrent pour améliorer leur sort ; ils se forgent de nouvelles existences dans des pays étrangers : ils s’adaptent aux pires situations. – Sebastião Salgado

Et pourtant, c’est l’espoir qui ressort de ce film, de ce chemin.

Le choc du génocide rwandais avait fait perdre le goût des photos à Sebastião Salgado.

Il est retourné en famille sur les terres de son enfance dans le Minas Gerais. Les terres de ses parents étaient passées en quelques décennies de paysage de forêt verdoyante à un désert sans âme. Sous l’impulsion de sa femme, les Salgado ont replanté des arbres pendant 10 ans. Deux millions et demi d’arbres plus tard, la forêt a retrouvé vie, un formidable message d’espoir, un hommage à la vie. Et elle a redonné le goût de la photographie à Sebastião.

Il va cesser de mettre en image les misères du monde pour en figurer les beautés et consacrer huit ans de sa vie et une trentaine de voyages pour nous révéler la nature de la planète dans toute sa splendeur. L’œuvre, intitulée « Genesis », fait l’objet d’une tournée mondiale depuis l’an dernier.

Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté.

On peut s’abreuver à la splendeur des régions polaires, des forêts tropicales, des savanes, des déserts torrides, des montagnes dominées par des glaciers et des îles solitaires. Si certains climats sont trop froids ou arides pour la plupart des formes de vie, on trouvera dans d’autres régions des animaux et des peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement. Ils forment ensemble une incroyable mosaïque où la nature peut s’exprimer dans toute sa grandeur.

Les photographies de Genesis aspirent à révéler cette beauté.

L’exposition constitue un hommage à la fragilité d’une planète que nous avons tous le devoir de protéger.

Lélia Wanick Salgado

Je n’ai pour ma part pas exploré des confins entièrement reculés ni rencontré la surprenante tribu isolée des Zoé au fin fond de la jungle amazonienne mais j’ai eu la chance de découvrir pléthore de splendeurs, y compris certaines qui figurent dans cette œuvre : les baleines que l’on peut toucher tellement elles sont près de nous, les tribus de manchots et les lions de mer, les oiseaux du Pantanal, les alligators, la forêt Atlantique du Brésil (mata atlântica en portugais), les icebergs, les déserts, la Cordillère des Andes, les si attachantes communautés péruviennes et boliviennes…

J’ai ressenti beaucoup d’émerveillement et d’humilité face à cette révélation de la Nature, qu’il s’agisse des espèces animales ou des paysages sublimes, naturels ou façonnés par la main de l’homme. Le titre même du film me renvoit aussi à des images inoubliables lors de mon périple : les Salines de Maras au Pérou et les majestueuses rizières de Sapa, du Yunnan et de la région de Guilin en Chine, façonnées à la main par les Hommes depuis des milliers d’années. « La Main de l’Homme » est d’ailleurs un autre projet monumental de Sebastião Salgado, réalisé entre 1986 et 1992, un livre et une exposition qui documentent le travail manuel dans le monde.

Salines de Maras - Pérou

Salines de Maras – Pérou

« Le Sel de la Terre » m’a bouleversée car il est au cœur de l’humain et nous rappelle ce qui est essentiel.

Si vous ne l’avez pas encore vu, courez voir ce documentaire magistral. C’est une véritable leçon d’humanité, un hommage à la Vie, la la Photographie, à la Nature et à l’Espoir.

Bande-annonce « Le sel de la Terre » – Sortie le 15 octobre 2014 – Un film de Wim Wenders, Juliano Ribeiro Salgado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

Uyuni : 3 jours inouïs

Trek légendaire en Bolivie

Dates du séjour : du 9 au 11 juillet 2014

Pour tout vous avouer, j’ai failli ne pas aller au Salar d’Uyuni. J’étais tellement angoissée sur les routes de montagne du jungle trek Machu Picchu, que j’ai envisagé ne pas aller en Bolivie, craignant de nouvelles routes de montagnes et autres ravins vertigineux. L’expérience du Machu Picchu m’ayant in fine subjuguée et ayant « survécu » entretemps au dénivelé de La Paz, je me suis dit que ce serait quand même idiot de ne pas faire ce que quasiment tous les « tourdumondistes » considèrent comme l’un des summums de leur voyage.

Un autre élément me tracassait pas mal : les voyageurs que j’avais rencontrés à Cusco, PunoCopacabana ou Isla del Sol qui revenaient récemment du Salar, m’avaient indiqué qu’il faisait parfois jusqu’à moins vingt degrés à cette période de l’année et que les logements durant le trek étaient rudimentaires et sans chauffage. Bref, un sacré dilemme : y aller ou pas ?

Mais je ne pouvais pas rater ça. Il fallait toutefois que je me prépare psychologiquement… Du coup, j’ai interrogé pas mal de voyageurs et j’ai fait des recherches sur internet pour choisir l’agence qui m’offrirait le meilleur confort possible pour ce trek. J’ai vite réalisé que je ne pourrai pas m’offrir le luxe de privatiser une jeep ni un hôtel avec du chauffage étant donné les prix exorbitants et le fait que les canalisations gèlent de toutes façons à cette période de l’année et que l’on dispose au mieux de deux heures de chauffage. En revanche, à force de discuter et de lire des blogs, j’ai repéré un tour opérateur qui sortait du lot : Red Planet recevait d’excellents retours des voyageurs.

A La Paz, j’ai fait quelques recherches complémentaires directement auprès des agences en comparant les offres et les tarifs. J’ai trouvé une agence qui offrait le trek Red Planet pour un tarif correct et ai proposé à Thomas, mon compagnon de route français rencontré lors de ma première semaine péruvienne, de réserver ce circuit avec moi. Thomas avait eu la gentillesse de « m’attendre » à La Paz pour faire le Salar d’Uyuni avec moi. Cela me faisait très plaisir, surtout après ma longue trêve seule à l’hosto à Arequipa, et cela me rassurait pas mal aussi d’être en bonne compagnie étant donné toutes les appréhensions décrites ci-dessus !

Nous avons choisi le trek 3 jours/2 nuits, l’un des plus vendus, et qui permet de faire le cimetière de trains près de la ville d’Uyuni, le désert de sel, l’île au poisson (en fait une ancienne île désormais sans mer et recouverte d’une forêt de cactus), le désert de Chiguana et ses volcans, les lagons andins (dont le Lagon Rouge et et le Lagon Vert) et leurs photogéniques flamands roses, le désert de Siloli et l’arbre de pierre, le cratère du volcan Sol de Mañana à 5000 m d’altitude avec ses geysers et le désert de Dali. Je n’avais entendu parler pour ma part que du désert de sel d’Uyuni, le plus grand du monde, et l’un des endroits les plus divertissants pour faire des photos surréalistes. Quelques données : superficie de plus de 10 000 km2, un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète,  dimensions de 150 kilomètres sur 100. Sa formation remonte à 10 000 ans, quand l’étendue d’eau salée était une partie du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. En s’asséchant, il a laissé derrière lui le gigantesque salar d’Uyuni.

J’ai beaucoup aimé le désert de sel où nous avons passé de bons moments à imaginer des scènes comiques et joué avec nos appareils photos. Mais j’ai en fait davantage préféré les deux derniers jours dans les volcans et les lagons, avec des paysages lunaires extraordinaires et des lagons aux couleurs incroyables. Ce qui est fantastique dans ce trek c’est que l’on voit une multitude de paysages plus admirables les uns que les autres, et ce, dans une même région. A chaque nouvelle visite, j’étais éblouie et cela semblait ne jamais s’arrêter, comme si l’on nous offrait de très belles surprises toutes les deux heures pendant 3 jours !

Je vais vous laisser découvrir tout cela en images mais auparavant, laissez moi vous narrer l’autre surprise de cette expédition, ce qui a rendu ce trek encore plus agréable.

Sur le bateau qui me ramenait d’Isla del Sol à Copacabana, j’ai rencontré une Allemande qui semblait bien dans ses baskets et voyageait également seule. Ayant appris lors de notre conversation qu’elle comptait également se rendre dans le Salar, je lui ai demandé si cela lui disait de faire éventuellement le trek avec moi depuis La Paz. Elle m’a répondu qu’elle préférait ne rien planifier et ne savait pas quand elle partirait pour Uyuni. Je comprenais très bien et étais même admirative de ce lâcher prise total.

Or, une fois montée dans le bus La Paz-Uyuni, devinez qui se trouvait sur le siège juste à côté du mien ? La voyageuse Allemande évidemment ! J’ai présenté Julia (son nom) à Thomas et lui ai proposé de se joindre à nous si elle n’avait pas encore réservé son trek, ce qu’elle a accepté cette fois sans hésiter.

J’ai tout de suite bien accroché avec Julia. Elle était volubile, pétillante et drôle. Thomas s’est également très bien entendu avec elle. Dès le lendemain nous étions comme trois larrons en foire, et ce, pendant toute la durée du trek.

Le trajet La Paz-Uyuni était cependant l’un des pires de mon voyage : 14 heures de bus dont environ 10 heures sur une route qui n’était plus une route mais une sorte de piste défoncée et gelée. Les fenêtres étaient gelées également. Cela sautait tellement que l’on avait l’impression que l’on allait être éjecté à chaque instant. Ah oui, j’ai oublié de préciser que j’étais la seule passagère dont la ceinture de sécurité était cassée… j’ai dû faire un noeud de fortune pour ne pas me retrouver à faire un vol plané dans le couloir (comme le paquet de chips de ma voisine de derrière qui s’est totalement éventré durant la nuit, laissant un parterre… des plus croustillants). A côté de ce trajet, le bus thai de Chiang Mai qui m’avait donné des sueurs froides était de la gnognotte ! Nous avons quasiment tous passé une nuit blanche…

L’une de mes premières missions à Uyuni, en plus de trouver une triple dose de café, fut de trouver une paire de lunettes de soleil, ayant oublié les miennes à La Paz, le comble quand on s’apprête à explorer l’un des endroits offrant les pires réverbérations du monde, quelques mois après s’être fait opérer des yeux ! J’ai essayé de trouver des lunettes avec le label « CE » (communauté européenne) comme me l’avait conseillé mon excellent ophtalmo, mais je pense que toutes les paires de lunettes d’Uyuni étaient « made in China », même la paire avec le label CE que j’ai achetée après de nombreux essayages. Je n’avais cependant pas trop le choix… et me suis dit que j’achèterai prochainement une nouvelle paire de meilleure qualité.

Après une nuit blanche, un petit déjeuner réparateur et de nouvelles lunettes à deux balles, le karma uyunien s’est modifié de façon très favorable :

  • Nous avons eu la jeep la plus confortable, avec sièges en cuirs et même deux places de libre les deux derniers jours car une famille tombée malade en cours de route a déclaré forfait après la première nuit.
  • Luis, notre guide Red Planet était top : il parlait bien anglais, donnait beaucoup d’explications dans chaque lieu, nous a « coachés » pour la séance photos du désert de sel, et il nous a même permis de jouer aux DJ et de faire nos propres sets musicaux dans la jeep tout en rechargeant nos portables ! Et surtout : il a accepté de danser la salsa avec moi dans le second refuge ! Je lui avais dit en effet être très déçue par le fait que finalement peu de latinos que j’avais rencontrés au Pérou et en Bolivie dansaient la salsa… il est vrai que Luis était d’origine colombienne et que la salsa est bien plus populaire en Amérique Centrale qu’en Amérique du Sud comme je l’ai découvert au cours de mon voyage…
  • Nous avons même pu voir des OVNIs !! des nuages aux formes sidérantes… Même le guide et le chauffeur de la jeep ont pris des photos…

P1230384 P1230380 P1230375 P1230374

P1230346 P1230378

P1230349

Le plus beau souvenir fut sans doute le bain de nuit dans les « hot springs » à 35 degrés, après le dîner du deuxième soir. Je ne voulais initialement pas y aller : il fallait se déshabiller et enfiler son maillot de bain alors qu’il faisait un froid glacial dans le refuge, puis sortir dehors et marcher 100 m dans un froid encore plus glacial avec sa frontale avant d’atteindre les sources d’eau chaude. Je me suis finalement laissée convaincre par mes compagnons et je dois dire que c’était une expérience inoubliable et exceptionnelle.

Nous avions le bassin pour notre seul groupe aussi longtemps qu’on le souhaitait. Ce n’est pas le cas des autres groupes qui y vont soit avant le dîner soit au moment du petit déjeuner le lendemain matin pendant 30 minutes max. Du coup nous avions l’impression d’être les VIP des hot springs ! En tout cas d’être sacrément privilégiés… Le ciel scintillait de milliers d’étoiles et la quasi pleine lune nous laissait apercevoir le lagon et les volcans juste à côté. Nos cheveux étaient gelés, il faisait environ moins dix degrés à l’extérieur mais on ne s’en rendait pas vraiment compte une fois dans l’eau. L’eau était divinement bonne. Et l’on pouvait siroter un verre de vin dans le bassin ! C’était magique. J’y suis restée deux bonnes heures (soit pas mal de vin…).

Je terminerai cet article en vous livrant ma recette pour survivre face au froid et passer la nuit dans un refuge non chauffé quand on est frileuse :

  • Deux duvets (le mien + celui que j’avais loué)
  • Plusieurs couvertures
  • Une bouillotte
  • Dormir emmitouflé des pieds à la tête
  • Boire du thé
  • Boire du vin bolivien (très efficace, cf supra !)

NB. Ne PAS courir pour se réchauffer car à plus de 4000 m d’altitude, mieux vaut économiser son souffle !

Bref, j’ai survécu et le trek valait vraiment la peine malgré le froid glacial. Cela fait même partie aujourd’hui de l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage.

Mais assez de blabla, je vous laisse désormais découvrir cet endroit incroyable…

TREK SALAR JOUR 1

1.Le cimetière de trains… décor surréaliste !

P1220543 - Copie P1220546 - Copie P1220553 - Copie P1220555 - Copie P1220558 P1220560 - Copie P1220562 - Copie P1220563 - Copie

Le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde et l’endroit idéal pour faire des photos délirantes (cf envie n°15) – on s’en est d’ailleurs donné à coeur joie…

J’ai inséré ici et là deux-trois photos prises par Julia et Thomas. Je vous invite à regarder également le superbe blog de « Julia abroad« .

P1220615 P1220630 P1220594 DSCN2826 - Copie DSCN2840 - Copie P1220636 photo 3 photo 1

photo 3 (4)photo 3 (2) photo 1 (2) P1220640 P1220641 P1220654 P1220667 P1220681 P1220709 P1220717 P1220728 P1220749 P1220752 P1220753 P1220758 P1220759 P1220762bis P1220763

L’île aux cactus (avec en guest stars le ciel bleu et la lune) :P1220774 P1220777 P1220779 P1220784 P1220787 P1220796 P1220798 P1220814 P1220831 P1220852 P1220861 P1220862 P1220863 P1220864 P1220869 P1220872 P1220874 P1220877

Le coucher de soleil le premier soir :

P1220880 P1220881 P1220883 P1220890 P1220893 P1220895 P1220899

TREK SALAR JOUR 2

P1220924

Avec Luis, notre super guide de Red Planet

P1220905 P1220907 P1220910 P1220919 P1220931 P1220935 P1220940 P1220948 P1220955 P1220970 P1220971 P1220973 P1220977 P1220979 P1220980 P1220981 P1220984 P1220992 P1220994 P1220997 P1220998 P1230002 P1230006 P1230008 P1230010 P1230015 P1230017 P1230030 P1230040 P1230048 P1230055 P1230062 P1230063 P1230065 P1230066 P1230067 P1230084 P1230087 P1230091 P1230095 P1230097 P1230108 P1230111 P1230114 P1230115 P1230119 P1230120 P1230125 P1230137 P1230141 P1230150 P1230155 P1230156 P1230158 P1230169 P1230171 P1230173 P1230191 P1230193 P1230199 P1230204 P1230216 P1230223 P1230231 P1230237 P1230241 P1230255 P1230258 P1230266 P1230270 P1230271 P1230274 P1230281

Le désert de Siloli et  » l’arbre de pierre  » :

photo 3 (3) photo 2 (3) P1230290 P1230291 P1230293 P1230294 P1230297 P1230300 P1230320 P1230322 P1230326 P1230333 P1230340 P1230341 P1230343 P1230345 P1230347Les extraordinaires lagons, d’une beauté à couper le souffle :

P1230351 P1230354 P1230355 P1230359 P1230364 P1230365 P1230367 P1230370 P1230371

P1230382 P1230383

Geysers et fumerolles qui atteignent plus de 100 degrés et se trouvent à plus de 5000 m d’altitude :P1230386 P1230389 P1230392

P1230389 P1230393 P1230395 P1230396 P1230398 P1230402 P1230403 P1230404 P1230406 P1230413 P1230414 P1230416 P1230418 P1230420 P1230423 P1230425 P1230426 P1230428Coucher de soleil du deuxième soir, juste avant d’arriver au refuge :

P1230429 P1230437 P1230447 P1230449

TREK SALAR JOUR 3

Lever du soleil, encore un moment extraordinaire…

P1230454 P1230458 P1230459 P1230463 P1230465 P1230466 P1230470 P1230475

Mais il fait très très froid et il y a beaucoup de vent…

P1230481 P1230483 photo 2 (4)

Puis pour finir ce trek, passage à la frontière bolivienne, en plein coeur du désert, où même les renards viennent faire tamponner leur passeport… pour aller voir le superbe site chilien de San Pedro de Atacama, à une heure de route. Découvrez prochainement sur picsandtrips pourquoi on danse clandestinement dans des fermes à San Pedro de Atacama…

photo 4 (3) P1230487 P1230490 P1230491 P123049410518985_10154293230600577_8925520095438371802_nAdios linda Bolivia et bienvenue au Chili !

 

 

La Paz

Une capitale vraiment à part

Dates du séjour : du 4 au 8 juillet

Si Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, La Paz est sa capitale administrative et le siège du gouvernement. La Paz peut se targuer d’une situation topographique vraiment à part : la ville est située à une altitude de 3 660 mètres, soit la plus haute capitale du monde, et s’étale depuis la vallée jusqu’aux cimes des collines sans qu’il semble y avoir un seul mètre carré de libre. La densité de la ville est impressionnante. Avec une arrivée de nuit, ce qui était mon cas, cela l’est encore plus. On a le sentiment de pénétrer dans une forêt d’étoiles, des pieds à la tête, il y a des lumières partout. La ville est dominée par le sommet du Nevado Illimani qui culmine à plus de 6 000 mètres. Il y a parfois plus de 10 degrés d’écart entre le centre de la ville, au bas de la vallée et les hauteurs sur les collines tant le dénivelé est important : plus de 1 000 mètres séparent les quartiers aisés de la zone sud et le haut plateau d’El Alto (4 000 m), qui abrite les classes défavorisées.

P1220094 P1220098 P1220101 P1220105 P1100540 P1100542

Afin de mieux connaître la ville et le pays, je me suis rendue à un « Free Walking Tour », un tour de 3 heures offert par deux guides locaux que l’on rémunère à la fin par des pourboires. Le tour était bien mieux que je ne l’imaginais. Les deux guides étaient plein d’humour et d’énergie et ils ont partagé avec la vingtaine de touristes qui m’accompagnaient de nombreux faits historiques, politiques et anecdotes amusantes sur la ville, tout en nous guidant dans différents quartiers phares de la ville.

P1100514 P1100517 P1100523 P1100524 P1100536

Parmi les faits les plus surprenants, on peut noter la fameuse prison de San Pedro qui était devenue une véritable attraction touristique jusqu’à il y a quelques années. Il est désormais strictement interdit de « visiter » le pénitencier mais il n’est apparemment pas si rare de voir « tomber du mur » un paquet de cocaïne avec un larron qui l’embarque. Ce serait même arrivé une fois durant l’un des « Free Walking Tours » et le groupe de touristes était bien penaud quand ils ont vus tomber ce paquet à leurs pieds ! Il paraît que la police est venue le récupérer… Je vous invite à lire cet article de Courrier International qui témoigne des récentes activités touristiques de la prison de San Pedro. Ce reportage correspond tout à fait à ce que nous ont expliqué les deux guides locaux. C’est assez incroyable pour ne pas dire effroyable…

Autre fait incroyable et effroyable : on peut encore aujourd’hui acheter des foetus de lamas dans le quartier du marché des sorcières. Ces foetus sont enterrés sous les maisons, par superstition, comme des totems de protection. Il paraît que c’est encore pratiqué de nos jours. Et accrochez-vous bien pour la suite… Il existe des moeurs encore plus curieux pour ne pas dire pires ! Dans certains villages, ce sont des êtres humains qui seraient enterrés sous les maisons ou les constructions telles que des ponts ou bâtiments importants… Mais il s’agirait « seulement » de clochards que l’on assassinerait discrètement, on éviterait soigneusement les touristes, nous ont narré en riant les deux guides ! Cela semble être une légende urbaine pour divertir les touristes mais j’ai en fait entendu cette histoire plusieurs fois durant mon voyage… mythe ou réalité ?! En tout cas cela vous donne une idée de l’ambiance qui peut régner dans la ville…

P1100495 P1100498 P1100501 P1100502

Autre curiosité, beaucoup plus drôle cette fois : chaque dimanche a lieu à El Alto un combat de lutte de cholitas, les « mamas » boliviennes avec leurs grands jupons et leurs nattes noires corbeau. J’ai décidé de prendre un billet pour voir de quoi il s’agissait et je me suis bien amusée. Il y avait également des combats d’hommes. C’était moins impressionnant que la boxe thai mais tout de même divertissant.

P1220107 P1220122 P1220130 P1220133 P1220136 P1220137 P1220111 P1220145 P1220147 P1220149 P1220151 P1220157 P1220187 P1220221 P1220224 P1220229 P1220248

J’ai également fait à La Paz deux visites qui m’ont beaucoup plu. La première est celle du musée de l’ethnographie et du folklore, avec notamment une salle consacrée aux costumes et coiffes en plumes et une autre aux masques, qui m’ont totalement subjuguée.

P1220311 P1220314 P1220318 P1220319 P1220320 P1220321 P1220333 P1220349 P1220358 P1220374 P1220378 P1220383 P1220387 P1220389 P1220403 P1220408 P1220411 P1220435 P1220439 P1220441 P1220443 P1220450 P1220484 P1220486 P1220487 P1220491 P1220492 P1220501 P1220502 P1220504 P1220528

La seconde visite était celle de l’église San Francisco, avec des explications uniquement en espagnol, un excellent entraînement pour voir si j’avais progressé (et la réponse est oui, ce qui me ravit – cf envie n°3) et la possibilité de monter sur les toits et d’avoir une belle vue sur la place principale et la ville en général.

P1220277 P1220279 P1220280 P1220281 P1220283 P1220284 P1220286 P1220287 P1220288 P1220293 P1220300 P1220308 P1220310Ce qui m’a également frappée à La Paz, c’est que la pauvreté est visible dans tous les quartiers que j’ai vus, et cela me semble assez rare d’en voir autant dans une capitale. La Bolivie est l’un des pays les plus pauvres du monde et les faits historiques et politiques que j’ai appris lors de ma visite m’ont pas mal atterrés. J’ai le sentiment que ce pays a été fortement secoué et malmené par ses différents gouvernements et que la population en paie souvent les frais.

Malgré tous ces côtés singuliers, ou peut-être à cause de tous ces côtés singuliers, je recommande vraiment la visite de cette ville.

Elle a été pour moi par ailleurs un lieu de retrouvailles agréables. Thomas, un compagnon de route français avec qui j’avais bien sympathisé durant mon périple en bus « Peru Hop » lors de ma première semaine au Pérou, m’a attendue à la Paz pour que l’on puisse faire ensemble le trekking du Salar d’Uyuni. Et ce sont trois jours magiques qui nous attendaient malgré le froid glacial que l’on nous avait annoncé…

 

 

Lac Titicaca – côté bolivien

Copacabana et Isla del Sol

Dates du séjour : 2 au 4  juillet 2014

Beaucoup de voyageurs m’avaient conseillé de visiter le lac Titicaca du côté bolivien et en particulier Isla del Sol, l’île du soleil… L’île se trouve à environ 2 heures de bateau (via une embarcation rudimentaire très lente) de la petite ville de Copacabana, beaucoup plus jolie et colorée que Puno, sa voisine péruvienne.

Arrivant en fin d’après-midi par un bus en provenance de Puno, avec un passage aisé à la frontière, j’ai passé une nuit à Copacabana dans un joli hôtel sur une colline surplombant la baie (La Cupula) et j’ai pris le lendemain matin le bateau de 8h00 qui m’a emmenée au Nord d’Isla del Sol en 2h30. J’ai passé toute la journée sur l’île, la parcourant du nord au sud avec une magnifique balade à pieds, très accessible, d’environ 4-5 heures, en compagnie d’un couple français-italien bien sympathique.

J’ai passé une nuit sur l’île dans un éco-hôtel remarquable, Palla Khasa, sur les hauteurs du village de Yumani : vue plongeante sur les eaux azur, coucher de soleil tout en savourant une truite dans le très bon resto panoramique, repos réparateur dans un bungalow en forme de deux tours (la chambre et la salle de bain), avec chauffage au panneau solaire plus que bienvenu vu les chutes de température la nuit, et le lit le plus confortable et le plus douillet (deux couettes de plumes d’oie) de mes 5 mois de voyage ! J’avais l’impression d’être une princesse et le moins que l’on puisse dire, c’est que mon royaume était sublime, un écrin de nature, calme, simplicité et sérénité, avec comme sujets des aigles, des lamas, des ânes, des cochons et des moutons. A vrai dire, lors de ma balade, j’ai eu quasiment le don d’ubiquité en étant projetée à la fois aux Caraïbes (arrivée sur la plage du Nord et ses eaux turquoises), sur une île grecque (végétation et paysage méditerranéens) ou en Suisse (la Cordillère des Andes étincelante avec ses monts enneigées à l’horizon, face au lac, que je me lassais pas de contempler).

Le plus surprenant c’est que l’on est tout de même à près de 4000 mètres d’altitude… on s’en rend toutefois facilement compte dès que l’on marche un peu vite ou que l’on grimpe un sentier ou une colline, le manque d’oxygène coupant le souffle.

Cela restera en tout cas un merveilleux souvenir et une très belle première impression de la Bolivie.

Ce jour là, la France a perdu en quart de final contre les Allemands lors de la coupe du monde de foot. J’ai eu le temps de voir le match à mon retour d’Isla del Sol. Un peu déçue par la défaite mais comblée d’avoir découvert Isla del Sol…

C’est aussi sur le bateau retour que j’ai rencontré Julia, une Allemande bien dans ses baskets qui voyageait également seule, et que j’allais retrouver par hasard plus tard dans mon voyage pour plusieurs semaines, nouant une nouvelle amitié qui allait me marquer… mais je ne le savais pas encore à ce moment-là.  A suivre dans de prochains épisodes !

La ville de Copacabana

P1210630 P1210633 P1210636 P1210641 P1210651 P1210655 P1210658 P1220053 P1220055 P1220056 P1220061 P1220064 P1220066 P1220071

Des maisons miniatures qui sont vendues aux familles ayant un projet d'achat pour que leur rêve se réalise...

Des maisons miniatures qui sont vendues aux familles ayant un projet d’achat pour que leur rêve se réalise… 

P1220079

Isla del Sol :

P1210663 P1210665 P1210673 P1210681 P1210686 P1210697 P1210698 P1210699 P1210701 P1210704 P1210718 P1210722

Un petit air de Caraïbes...

Un petit air de Caraïbes…

P1210733 P1210734 P1210742 P1210743 P1210744

Un petit air de Grèce...

Un petit air de Grèce…

P1210747 P1210757 P1210762 P1210770 P1210771 P1210779 P1210780 P1210781 P1210785 P1210790

P1210793 P1210797 P1210801 P1210803 P1210813

Un petit air de Suisse...

Un petit air de Suisse…

P1210834 P1210838 P1210841 P1210842 P1210849 P1210858 P1210860 P1210862

Mon bungalow de princesse

Mon bungalow de princesse

P1210980P1210886 P1210889 P1210898 P1210906 P1210908 P1210909 P1210916 P1210918 P1210920 P1210927 P1210936 P1210948 P1210955 P1210968 P1210973 P1210978 P1210985 P1210988 P1210991 P1210995 P1220005 P1220011 P1220028 P1220035 P1220040 P1220041 P1220043 P1220050 P1220051