Le Sel de la Terre

Un photographe est quelqu’un qui écrit avec la lumière, dessine le monde avec des lumières et des ombres.

Je suis allée voir hier « le Sel de la Terre », le film documentaire de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado qui rend hommage à la vie, à la carrière et à l’engagement social du photographe brésilien Sebastião Salgado.

Ce film m’a profondément bouleversée, dès les toutes premières secondes.

J’ai jusqu’alors narré dans ce blog mes récits de voyages en Asie et en Amérique Latine réalisés cette année pendant huit mois, avec une volonté initiale de partager mon regard sur ce monde si riche et si divers, essentiellement à travers la photographie. J’ai réalisé au fur et à mesure de mes pérégrinations que j’avais également envie d’éclairer mes clichés avec mon ressenti et avec des témoignages sur ce que je vivais, sur ce qui m’interpellait.

Mon périple s’est achevé il y a plus d’un mois et j’ai replongé depuis dans l’univers citadin parisien. C’est vraiment un plongeon. On passe d’un environnement à un autre, de façon quasi-immédiate, avec peu de répit pour reprendre son souffle mais aussi une troublante et finalement rassurante capacité de ré-adaptation, comme si notre corps et notre esprit nous aidaient constamment à naviguer dans les différents fleuves de la vie, parfois tranquilles, parfois déchaînés, parfois limpides, parfois embourbés, parfois exaltants, parfois pesants. C’est peut-être la définition du mot vitalité, cet incroyable pouvoir de « résilience », qui nous pousse à avancer où que l’on soit et quelques que soient les aléas de la vie, avec ses joies et ses désarrois.

Ce film est justement un hommage à la vie et à la photographie. Alors que je suis très sensible aux couleurs, aussi bien en peinture que lorsque je prends des photos, toute l’oeuvre de Salgano est en noir et blanc. Cela m’a beaucoup frappée. La lumière transcende et sublime tous ses clichés, c’est du grand art.

 Je crois qu’on peut mettre beaucoup de photographes différents dans le même endroit, ils verront toujours des photos différentes. Ils forment leur manière de voir. Chacun en fonction de son histoire.

Sebastião Salgado, par son œuvre extraordinaire et son engagement humaniste, superbement mis en « lumière » par Wim Wenders et le fils de Sebastião, nous offre une véritable odyssée au cœur de l’Homme et de la Nature, au cœur de la « Comédie Humaine », souvent tragique mais également pleine de beauté et d’espoir.

Je savais déjà une chose de ce Sebastião Salgado : il aimait vraiment les êtres humains. Après tout, les hommes sont le Sel de la Terre. –Wim Wenders

Sebastião Salgado est né au Brésil en 1944 dans l’Etat du Minas Gerais. En 1973, après des études d’économie, il décida, avec le soutien de son épouse Lélia Wanick Salgado qui l’a épaulé durant toute sa carrière, de changer radicalement de métier et de se consacrer à la photographie.

Il va parcourir la planète et témoigner durant de nombreuses années des souffrances et des périls humains, que ce soit les risques quotidiens encourus par des milliers de chercheurs d’or brésiliens dans la plus grande mine à ciel ouvert du monde (Serra Pelada), les ravages de la famine en Ethiopie, le courage des pompiers tentant d’éteindre les incendies des champs pétrolifères au Koweit, les horreurs de la guerre en ex-Yougoslavie ou les atrocités du génocide Rwandais.

On est un animal très féroce, on est un animal terrible, nous les humains. Notre histoire c’est l’histoire des guerres, c’est une histoire sans fin, une histoire folle. – Sebastião Salgado

Ce qui frappe dans chacun de ses témoignages poignants, c’est l’immense dignité qui se dégage dans l’approche du photo-reporter. Il cherche la pleine immersion, à s’adapter et comprendre les communautés qu’il rejoint, le tout avec un grand respect, une certaine pudeur, ce qui peut paraître complètement paradoxal lorsqu’on découvre les clichés qui immortalisent l’horreur et la cruauté, tels ces parterres de corps mutilés dans des églises ou des écoles.

Plus que jamais, je sens que la race humaine est une. Au-delà des différences de couleur, de langue, de culture et de possibilités, les sentiments et les réactions de chacun sont identiques. Les gens fuient les guerres pour échapper à la mort ; ils émigrent pour améliorer leur sort ; ils se forgent de nouvelles existences dans des pays étrangers : ils s’adaptent aux pires situations. – Sebastião Salgado

Et pourtant, c’est l’espoir qui ressort de ce film, de ce chemin.

Le choc du génocide rwandais avait fait perdre le goût des photos à Sebastião Salgado.

Il est retourné en famille sur les terres de son enfance dans le Minas Gerais. Les terres de ses parents étaient passées en quelques décennies de paysage de forêt verdoyante à un désert sans âme. Sous l’impulsion de sa femme, les Salgado ont replanté des arbres pendant 10 ans. Deux millions et demi d’arbres plus tard, la forêt a retrouvé vie, un formidable message d’espoir, un hommage à la vie. Et elle a redonné le goût de la photographie à Sebastião.

Il va cesser de mettre en image les misères du monde pour en figurer les beautés et consacrer huit ans de sa vie et une trentaine de voyages pour nous révéler la nature de la planète dans toute sa splendeur. L’œuvre, intitulée « Genesis », fait l’objet d’une tournée mondiale depuis l’an dernier.

Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté.

On peut s’abreuver à la splendeur des régions polaires, des forêts tropicales, des savanes, des déserts torrides, des montagnes dominées par des glaciers et des îles solitaires. Si certains climats sont trop froids ou arides pour la plupart des formes de vie, on trouvera dans d’autres régions des animaux et des peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement. Ils forment ensemble une incroyable mosaïque où la nature peut s’exprimer dans toute sa grandeur.

Les photographies de Genesis aspirent à révéler cette beauté.

L’exposition constitue un hommage à la fragilité d’une planète que nous avons tous le devoir de protéger.

Lélia Wanick Salgado

Je n’ai pour ma part pas exploré des confins entièrement reculés ni rencontré la surprenante tribu isolée des Zoé au fin fond de la jungle amazonienne mais j’ai eu la chance de découvrir pléthore de splendeurs, y compris certaines qui figurent dans cette œuvre : les baleines que l’on peut toucher tellement elles sont près de nous, les tribus de manchots et les lions de mer, les oiseaux du Pantanal, les alligators, la forêt Atlantique du Brésil (mata atlântica en portugais), les icebergs, les déserts, la Cordillère des Andes, les si attachantes communautés péruviennes et boliviennes…

J’ai ressenti beaucoup d’émerveillement et d’humilité face à cette révélation de la Nature, qu’il s’agisse des espèces animales ou des paysages sublimes, naturels ou façonnés par la main de l’homme. Le titre même du film me renvoit aussi à des images inoubliables lors de mon périple : les Salines de Maras au Pérou et les majestueuses rizières de Sapa, du Yunnan et de la région de Guilin en Chine, façonnées à la main par les Hommes depuis des milliers d’années. « La Main de l’Homme » est d’ailleurs un autre projet monumental de Sebastião Salgado, réalisé entre 1986 et 1992, un livre et une exposition qui documentent le travail manuel dans le monde.

Salines de Maras - Pérou

Salines de Maras – Pérou

« Le Sel de la Terre » m’a bouleversée car il est au cœur de l’humain et nous rappelle ce qui est essentiel.

Si vous ne l’avez pas encore vu, courez voir ce documentaire magistral. C’est une véritable leçon d’humanité, un hommage à la Vie, la la Photographie, à la Nature et à l’Espoir.

Bande-annonce « Le sel de la Terre » – Sortie le 15 octobre 2014 – Un film de Wim Wenders, Juliano Ribeiro Salgado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lac Titicaca – côté Péruvien

Puno et les tombeaux de Sillustani

Dates du séjour : du 1er au 2 juillet 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

Mon séjour péruvien s’est terminé à Puno, sur le lac Titicaca, ville dans laquelle j’ai passé une nuit à Kusillo’s Posada, une chambre d’hôte avec un accueil très chaleureux de toute la famille et en particulier de Jenny, la propriétaire.

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Bien que Puno soit connu pour ses « îles flottantes », qui n’ont rien à voir avec le dessert à la crème anglaise, j’ai préféré, suivant les conseils d’autres voyageurs, visiter Isla del Sol du côté bolivien que je me réservais pour le sur-lendemain. Le matin, j’ai déambulé dans la ville de Puno en photographiant les « cholitas » qui ont beaucoup d’allure avec leurs longues nattes noires, leur borsalino et leurs amples jupes virevoltantes.

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L’après-midi j’avais réservé une excursion pour les tombeaux de Sillustani dont m’avait parlé une amie de Catherine rencontrée à Cusco. J’ai rencontré dans le bus Anna, une sympathique compatriote, avec qui je suis allée trinquer et dîner le même soir.

Nous avons eu une belle vue de Puno en sortant de la ville :

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Puis nous avons poursuivi le trajet jusqu’à Sillustani, un site archéologique funéraire pré-Inca, situé sur les rives du lac Umayo et constitué de tombes en forme de tour appelées « chullpas ». Ces dernières ont été bâties par le peuple Colla, des Aymaras qui seront conquis par les Incas au xve siècle. Elles sont toutes de forme cylindrique, atteignant parfois une hauteur de 12m, et conservent les restes de plusieurs individus, certainement regroupés en famille (jusqu’à dix individus) et accompagnés d’offrandes. La plupart d’entre elles ont été pillées alors que d’autres n’ont pas été achevées. Les chullpas sont construites pour souligner le lien entre vie et mort. Les corps momifiés étaient déposés en position fœtale. Leur unique ouverture donne à l’est, où le soleil est chaque jour recréé par la Terre Mère (source : Wikipedia).

La visite était agréable et les paysages très beaux. Le bleu dur scintillant du lac Titicaca contrastait avec l’herbe sèche et dorée de l’Altiplano.

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Au retour, nous nous sommes également arrêtés pour visiter une maison traditionnelle. Mais ce sont surtout les alpagas apprivoisés par les fermiers qui ont eu la vedette !

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Le lendemain matin, je suis repartie en direction de la frontière bolivienne via une magnifique route qui longe le tac Titicaca.

Le Pérou m’a beaucoup touchée, par ses somptueux paysages, l’accueil chaleureux de ses habitants et ses sites vertigineux… un pays qui fait prendre de la hauteur ? En tout cas, une très belle première impression de l’Amérique Latine !

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Wahou, me voilà au Machu Picchu !

Jungle trek vers la plus belle cité inca du Pérou

Dates du séjour : du 28 au 30 juin 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

Rien qu’en prononçant le nom « Machu Picchu », je me sens transportée vers un univers extraordinaire, avec la promesse d’une véritable aventure. Je trouve que ce son a quelque chose de magique, même si ce n’est pas le nom d’origine de ce site inca mythique mais celui que lui a donné l’historien américain Hiram Bingham qui a fait découvrir au monde entier cette cité perdue  en 1911.

Le véritable nom d’origine est Piqcho. Il s’agirait d’une ancienne retraite royale pour le roi inca Yupanqui-Pachacuti (1438-1471). Le premier « étranger » qui aurait visité ce site serait Diego Rodriguez en mai 1565. Hiram Bingham était le premier étranger de l’époque post coloniale à se rendre sur le site, conduit par un paysan de la région, le 24 juillet 1911.  Quoi qu’il en soit, c’est une sacrée découverte…

On n’aperçoit pas la cité depuis le bas de la vallée dans la ville d’Agua Calientes. Il faut une bonne heure de grimpe ardue par des escaliers bien raides pour atteindre le site, ou bien prendre le bus. J’ai opté pour la première option afin de limiter au maximum mes soucis de vertige. Et comme cet endroit est mythique, je me suis levée à 3h45 du matin pour retrouver le reste du groupe de mon trek dans une autre auberge un peu plus tard et atteindre le sommet à temps pour le lever du soleil. J’en ai franchement bavé car cela grimpait sérieusement et nous étions censés retrouver le guide sur le site à une heure précise, ce qui me laissait peu de temps de répit.

Avant cela, j’ai expérimenté avec pas mal d’effroi un « jungle trek », soit 3 jours de randos et activités sportives depuis Ollantaytambo jusqu’à Agua Calientes. J’avais bien précisé à l’agence de tourisme que j’avais une peur bleu des précipices et voulais éviter à tout prix les sensations de vertiges capables de me paralyser et de freiner le groupe avec qui je ferai le trek. L’agent m’a indiqué qu’il n’y aurait pas de problème, que la route était large et patati et patata (j’en profite pour faire un aparté et indiquer qu’il existe plus de 300 variétés de pommes de terres au Pérou…). Mais le résultat a plutôt été un trek pata-trac.

Cela a mal commencé dès le début du trek : j’ai poireauté quasiment deux heures sur la place du village avant que le bus ne vienne me chercher. Bienvenue en Amérique Latine ! J’ai commencé à avoir peur dès la montée en bus sur les routes de montagnes en épingles. Cela s’est corsé quand il a fallu enfourcher des VTT pour descendre ces mêmes routes de montagne, fréquentées qui plus est par des voitures, camions et bus. J’ai décliné cet épisode aventurier et me suis farcie deux heures de plus dans le bus avec un mal de tête grandissant, inhérent aux nombreux virages. Heureusement le bus suivait les VTTistes et allait lentement. Mais je n’étais pas au bout de mes peines…

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Après un déjeuner à 16h de l’après-midi dans le village de Santa Maria, le guide a demandé au groupe de le suivre pour rejoindre les auberges. Puis il s’est tourné vers moi en me disant que j’allais devoir prendre un « collectivo » (taxi partagé) pour me rendre à Santa Teresa, à une heure de route de Santa Maria. Je l’ai regardé en écarquillant les yeux car on ne m’avait évidemment pas précisé que je devais prendre un collectivo, tous mes transports étant censés être en bus et encore moins que j’allais changer de groupe en cours de route. Je n’avais pas le choix car le groupe allait faire le lendemain la randonnée la plus difficile du trek, celle que j’avais volontairement supprimée, sachant qu’il y avait des endroits vertigineux.

Je me suis donc retrouvée dans une vieille voiture sale et pleine de poussière qui ne m’inspirait pas du tout confiance, avec un chauffeur qui ne m’en inspirait pas davantage, et trois autres passagers : un monsieur et deux enfants péruviens. Je ne sais pas où était « Santa Maria » ce jour-là mais j’ai bien cru que c’était le dernier trajet de ma vie et qu’à chaque instant la voiture allait basculer des centaines de mètres plus bas dans le ravin. Le trajet a duré un peu moins d’une heure. Je suis arrivée dans un état second, pétrifiée, ruminant contre l’agent qui m’avait promis que je n’aurais pas le vertige. J’ai de nouveau râlé quand on m’a emmenée dans un dortoir rudimentaire alors que j’avais spécifiquement demandé des chambres individuelles en payant un peu plus que le prix standard. Voyant que mes nerfs commençaient à lâcher, mon nouveau guide a cédé et j’ai finalement eu gain de cause avec mon hébergement. Le soir j’ai retrouvé pour le dîner un nouveau groupe « jungle trek » d’une quinzaine de personnes. Et Sainte-Marie est revenue.

Ils étaient très accueillants et cela m’a fait du bien. Ils ont d’ailleurs été très patients et vraiment sympas tout le long des deux jours suivants et jusqu’au train retour vers Cusco. Ces rencontres chaleureuses et bienveillantes m’ont largement aidée à avaler la « pilule » du trek qui m’avait été vendu « garanti sans vertige » . Il y a eu d’autres couacs, et pas seulement à mon niveau. Plusieurs personnes du groupe avaient payé pour réserver le Zip Line qui était optionnel (option que j’avais pour ma part déclinée). Or une personne n’a pas pu le faire alors qu’elle était persuadée avoir réservé l’option au préalable. Idem pour la montée du Wayna Picchu qu’il faut réserver en avance et que plusieurs personnes n’ont pas pu faire malgré leur pré-réservation auprès d’agences peu sérieuses. Et pour finir en beauté, nous avons attendu plus d’une heure le guide qui devait nous faire la visite du Machu Picchu au lever du soleil sans savoir où il était…

Bon, maintenant que j’ai dressé le cahier des doléances, le Machu Picchu restera un souvenir inoubliable dans le bon sens du terme. Le lieu est tout simplement incroyable. L’architecture est vraiment impressionnante et l’écrin naturel dans lequel se trouve la cité à couper le souffle. Il est difficile d’imaginer comment ont été construits les temples, les maisons, les ruelles, comment ont été transportées les pierres, énormes. C’est l’un des endroits les plus abrupts que j’ai pu voir. Une fois les quelques nuages du matin dispersés, le soleil irradie le site. Le climat est quasiment tropical. Il fait d’ailleurs doux à Agua Calientes en bas de la vallée, même le soir, un changement radical et agréable par rapport à Cusco. Il y a beaucoup de végétation et c’est ce qui m’a permis de grimper le flanc abrupt de la montagne sans avoir peur, puis de de prendre le sentier qui mène au Sun Gate en 40 minutes environ (Intipuku). Il est relativement facile et suffisamment large pour les personnes souffrant comme moi de vertige. La vue depuis la porte du Soleil est magnifique. Ce sentier est par ailleurs gratuit et ne nécessite aucune réservation, ce qui n’est pas le cas du Wayna Picchu et de la Machu Picchu Mountain, eux bien difficiles à appréhender pour les poules mouillées de la hauteur. J’ai croisé sur ce sentier un Roumain bien sympa qui habite Toronto et cela a rendu la balade encore plus agréable.

J’ai redescendu le flanc de la montagne par le même sentier et j’avais les jambes qui flageolaient de fatigue à la fin de la journée, comme pour les 1200 et quelques marches du temple bouddhiste à Krabi en Thaïlande…

Je n’ai pas pu prendre de douche en rentrant car toutes les chambres de l’hôtel étaient soi-disant louées. Mon train était à 21h avec une arrivée à Cusco à 1h du matin… le retour a été éprouvant, je me sentais comme une clocharde, mais j’avais des étoiles pleins les yeux…

Quand je revois les photos, je suis encore impressionnée, j’ai presque des frissons. C’est un endroit qui me subjuguait et que je redoutais en raison de sa hauteur. Je suis heureuse et fière de l’avoir fait. Je confirme que ce site vaut le déplacement au Pérou et en Amérique Latine tout comme la Muraille de Chine ou la Baie d’Along en Asie. Une nouvelle merveille du monde à mon actif ! J’ai vraiment bien fait de déterminer mon itinéraire en fonction de ces merveilles que je voulais voir avant de ne plus avoir l’énergie de le faire. On n’a qu’une vie…

Le trek en images :

Le second jour du trek, j’ai fait une randonnée de 4 heures le matin, et 3 heures l’après-midi en partant depuis Santa Maria en passant par Hydroelectrica jusqu’à Agua Calientes. J’étais accompagnée de touristes espagnols, croates, néo-zélandais, suisses, anglais, hollandais et américains, un groupe très sympathique qui m’a aidée à franchir les voies ferrées élevées au dessus des rivières.

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Arrivée à Agua Calientes, au pied de la montagne du Machu Picchu :

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Levée à 3h45 du matin pour atteindre le Machu Picchu avant le lever du soleil…

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Et découvrir un site exceptionnel…

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Repérez la rivière au fond de la vallée.

Repérez la rivière au fond de la vallée.

Le pont de la voie ferrée que j'ai traversé la veille à pied.

Le pont de la voie ferrée que j’ai traversé la veille à pied.

C'est tout de même très très raide...

C’est tout de même très très raide…

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Hola, qué tal?

Hola, qué tal?

T’as d’beaux yeux tu sais.

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Il faut croire qu'ils ont l'habitude de fixer l'objectif avec tous ces touristes !

Il faut croire qu’ils ont l’habitude de fixer l’objectif avec tous ces touristes !

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Et c'est parti pour le lama-sutra !

Et c’est parti pour le lama-sutra !

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Câlinou avec sa maman ! (ou son papa ?)

Bébé câlin…

Ah oui, le bisou de la précédente photo devait être avec son papa étant donné celle-là...

Lama-sutra suite

Lama-sutra suite

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Reprenons notre visite du site sans la distraction lama-ique :

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En route pour la porte du soleil...

En route pour la porte du soleil…

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Parfois je préfère raser les murs...

Parfois je préfère raser les murs…

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Vue depuis le Sun Gate

Vue depuis le Sun Gate

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Avec Andrei, un compagnon de route roumain

Avec Andrei, un compagnon de route roumain

Quelle lumière...

Quelle lumière…

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The Machu Picchu rocks!

The Machu Picchu rocks!

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C'est vraiment vraiment à pic...

C’est vraiment vraiment à pic…

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Bisous bisous avec maman cette fois

Bisous bisous avec maman

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La Vallée Sacrée et les environs de Cuzco

Pisac, Andahuaylillas, Chinchero, les (magnifiques) Salinas de Maras, Moray et Ollantaytambo

Dates du séjour : 26 et 27 juin 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

En compagnie de Gonzalo qui était venu depuis Lima passer le week-end avec nous, nous avons visité le village de Pisac et son célèbre marché, qui m’a en fait un peu déçue. Les paysages alentours étaient cependant magnifiques.

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Le lendemain, Catherine et Luis m’ont convaincue d’aller en bus local à Andahuaylillas, un village qui cache un trésor peu connu : une église exceptionnelle du XVIe siècle surnommé « la Chapelle Sixtine de l’Amériqque Latine ». Le trajet, d’une heure environ depuis Cuzco, n’était pas trop ardu malgré la chaleur du bus et le fait que l’on a failli rater l’arrêt… Heureusement que ma voisine me l’a signalé ! L’église est l’une des plus belles que j’ai vues à ce jour, avec des fresques peintes en excellent état, un autel baroque entièrement doré à la feuille d’or et bien d’autres trésors. Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur, donc en voici seulement quelques-unes du village et de la façade de l’église.

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Nous avons également visité tous les trois la vallée sacrée, en louant les services d’un chauffeur à la journée. Il m’a déposée à Ollantaytambo où j’ai passé la nuit pour être récupérée le lendemain matin (avec une heure et demi de retard, bienvenido en America del Sur !) afin de faire le « jungle trek » direction Machu Picchu.

Nous nous sommes d’abord arrêtés dans le village de Chinchero dans un centre artisanal de teinturerie, très touristique mais néanmoins intéressant. On nous a montré à partir de quels produits naturels sont réalisées les teintures, le plus surprenant étant la cochenille enfouie dans les cactus dont le sang colore de rouge les laines mais également les produits de beauté comme le rouge à lèvres. Nous étions également impressionnés par l’efficacité d’une racine locale qui sert de détergent et fait passer en quelques secondes des filaments de laine grisâtres à un blanc étincelant ! Tout comme le sourire de la dame qui nous faisait toutes les démonstrations ! Nous en aurions bien ramené dans notre malle de souvenirs mais comme il s’agit d’une plante, c’est interdit à l’exportation… J’ai craqué pour un pull un alpaga initialement repéré par Catherine et j’ai failli craquer pour les splendides chemins de table mais les prix étaient très élevés. A défaut je les ai pris en photo…

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Nous avons ensuite rejoint les Salines de Maras et la surpise a été grandiose… Un véritable patchwork ocre, marron et blanc à flanc de montagne, sur plusieurs centaines de mètres. C’était vraiment époustouflant. Catherine et Luis m’ont dit que cela leur rappelait les teintureries de Fès au Maroc, sans l’odeur nauséabonde. Après avoir fait un arrêt photo en face des Salinas, nous nous sommes rendus directement sur le lieu. On pouvait marcher sur les bords des salines et cela m’a fait penser à ma matinée dans les rizières du Yunnan, que j’avais tant appréciée.

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Après une pause-repas, nous sommes partis en direction du site inca de Moray. La route était très belle, avec des champs de blé qui dansaient devant les montagnes.

Moray est un ancien centre de recherche agricole inca situé dans la Vallée sacrée des Andes, à 3 500 m au-dessus du niveau de la mer, 50 km au nord-ouest de Cuzco et environ 7 km des salines de Maras.

A première vue, le site se présente comme un amphithéâtre principal et de deux secondaires, plus petits à proximité. Ils sont constitués de plusieurs terrasses disposées en cercle concentriques. En fait il s’agissait d’un laboratoire d’agronomie inca où étaient pratiquées des expériences de culture.

La position des terrasses crée toute une série de microclimats : la température est plus élevée au centre mais diminue ensuite en fonction de la distance de chaque terrasse. Cela permet de simuler une vingtaine de microclimats différents. Chaque terrasse représente  environ mille mètres d’altitude et sa température est directement liée à sa profondeur et à l’épaisseur de ses murs (qui emmagasine la chaleur de la journée pour la rediffuser pendant la nuit). Entre la plus profonde et la plus haute, on distingue un écart de 5 °, mais chaque zone doit à l’ingénieuse construction d’éviter les variations de température en son sein. On pense que Moray a notamment servi à prévoir les rendements agricoles, non seulement dans la Vallée sacrée mais aussi dans d’autres partie de l’Empire Inca. Il semble aussi que les incas y « importaient » des plantes « exotiques » et tentaient de les acclimater aux conditions locales.

Les terrasses sont constituées de murs de soutènement, de terre fertile et d’un système d’irrigation complexe permettant de cultiver plus de 250 espèces de plantes.

Source: Wikipedia

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Nous avons également traversé un village rural dans lequel avait lieu une sorte de corrida…

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Enfin, nous sommes arrivés à Ollantaytambo où j’ai visité avec Catherine et Luis la magnifique forteresse inca. Ce village est aujourd’hui l’un des plus fidèles à l’architecture inca d’origine. J’ai ensuite fait une grosse bise d’au-revoir à mes deux amis qui repartaient pour Cuzco. C’était un peu bizarre et triste de les voir partir après ces belles journées passées ensemble. Mais le Machu Picchu m’attendait…

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Cusco

Festivals à gogo !

Dates du séjour : du 19 juin au 1er juillet 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

Cusco peut se targuer de nombreux atouts. La ville, bien que très touristique, est superbe. En forme de puma (symbole inca), nichée à 3300 m dans une vallée dite sacrée, elle dispose de ruelles pavées aux murs impressionnants (blocs de pierres incas), d’une Plaza de Armas aux couchers de soleil inoubliables et de quartiers pleins de vie, tels celui de San Blas, à 10 minutes de grimpe éprouvante depuis la place centrale, offrant une vue magnifique ainsi que pléthore de restaurants, cafés et auberges bohèmes. C’est là que je logeais et je m’y suis beaucoup plu.

Chargée d’histoire, empreinte de traditions andéennes de plusieurs siècles, Cusco serait la ville la plus ancienne du continent. Je continue d’être fascinée par les costumes traditionnels encore portés par de nombreux habitants, pleins de couleurs. C’était déjà le cas en Birmanie, à Sapa (Vietnam) et dans le Yunnan (Chine) et je ne m’en lasse pas.

On peut visiter de nombreux sites remarquables en rayonnant depuis Cusco : non seulement le mythique Machu Picchu qui a fait exploser le tourisme local depuis sa découverte en 1911, mais également les sites incas de Saqsaywaman (« sexy woman » comme disent tous les touristes !), le village de Pisac et son marché réputé, les Salines de Moras qui m’ont époustouflée, Moray, le site inca d’expérimentation agricole et l’ensemble de la vallée sacrée qui offre de très beaux paysages.

Cusco marquait également pour moi de belles retrouvailles pendant une petite semaine : celles de Catherine et Luis, venus passés quelques semaines au Pérou, ainsi que leur ami péruvien Gonzalo, que j’avais rencontré lors de mon arrivée à Lima et qui a passé le week-end avec nous. Retrouvailles également avec des compagnons de route de ma première semaine péruvienne : Kim et Amber (USA), Thomas (France) et Katelijne (Belgique). Gonzalo nous a fait découvrir les restos gastronomiques de la ville et les bars branchés. Outre le plaisir de partager ces quelques jours avec des amis, encore plus appréciable après une semaine solo de soins et convalescence à Arequipa, Catherine m’a ramené mon chargeur d’appareil photo que j’avais oublié lors de mon passage en France en mai. Grand soulagement étant donné ma passion pour les photos (et la raison d’être de ce blog) ! Je précise que je n’étais pas parvenue à trouver le bon chargeur à Lima…

Cusco en photos 

La Plaza de Armas :

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Point de vue depuis la colline de Saqsaywaman :

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Répétition pour la fête de l’Inti Raymi :

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La site inca de Saqsaywaman :

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Restaurant traditionnel « La Chomba » :

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Les rues et sites touristiques de Cusco :P1200193 P1200199 P1200203 P1200205 P1200214 P1200215 P1200216 P1200243 P1200250 P1200252 P1200256 P1200257 P1200259 P1200260 P1200292 P1200294 P1200331 P1200335

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Le quartier bohème de San Blas :P1200340 P1200341 P1200349 P1210409 P1210414 P1210415 P1210416

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Durant le mois de juin, la fête bat son plein : festivals tous les jours jusqu’au 24 juin, point d’orgue des cérémonies avec l’Inti Raymi, la fête inca du soleil. Le jeudi précédent l’Inti Raymi, la ville célèbre également le Corpus Christi avec des processions religieuses très colorées.

Processions du Corpus Christi :

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L’Inti Raymi est le festival le plus important du pays et attire beaucoup beaucoup de monde. Il ne reste plus un centimètre carré de libre sur la colline de Saqsaywaman, où se retrouvent les danseurs et les touristes après une procession dans la ville durant plusieurs heures et la montée de la colline… Les costumes sont très beaux, la cérémonie est intéressante mais malheureusement c’est très long et les 4 heures d’attente assise sur la colline m’ont parues bien longues pour voir un tel spectacle. La cérémonie d’ouverture de bon matin sur le site inca de Qorikancha était finalement le meilleur moment.

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Cusco, tout comme Luang Prabang au Laos et San Pedro de Atacama au Chili (d’où je rédige cet article), fait partie des villes « coup de coeur » qui m’auront particulièrement touchée lors de mon périple en Asie et Amérique Latine.

 

 

Arequipa

Ville Blanche, Clinique, Monastère de Santa Catalina

Dates du séjour : du 11 au 18  juin 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

Arequipa m’a accueillie plus longtemps que prévu. En effet, outre mon expédition au Colca Canyon, j’ai également visité le magnifique monastère de Santa Catalina mais aussi l’une des cliniques de la ville. Une amibe probablement ingurgitée via une salade contaminée a décidé de voyager avec moi et m’a clouée au lit une bonne semaine, dont la moitié sous intraveineuses. Côté faune locale, j’ai préféré les vicuñas (vigognes), lamas, alpagas et condors que j’ai pu admirer dans le canyon de Colca…

Arequipa est surnommée « la ville blanche » non pas en raison de ses maisons et murs blancs qui étaient peints à l’époque des conquistadors, mais en raison de ses habitants qui étaient majoritairement « blancs ». C’est du moins ce que j’ai appris lors des « tours gratuits » offerts par des guides touristiques de la ville.

La ville d’Arequipa est entourée de volcans majestueux et comprend de jolies ruelles et bâtiments religieux :

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Petit déjeuner sur la terrasse ensoleillée de l’auberge en compagnie de mes compagnons de Peru Hop (avant que je ne mange une salade contaminée !!) :

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Le monastère de Santa Catalina est une « ville dans la ville ». Les couleurs et les ruelles m’ont fait penser un peu à la Crète. Un régal pour prendre des photos…

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Le Canyon de Colca

Condors, colibris, vigognes, alpagas, lamas et… amiba !

Dates du séjour : du 12 au 13 juin 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

L’une des expéditions phares d’Arequipa est la visite du Colca Canyon, l’un des plus profonds du monde avec 4160 m de dénivelé.

Je comptais initialement faire un trekking de 2 ou 3 jours dans le canyon. Mais lorsque j’ai demandé à l’agence si j’allais souffrir de vertige, étant particulièrement sensible aux ravins et autres pentes à pic, et que l’on m’a confirmé que ce serait très difficile, je me suis rabattue sur un tour classique en bus avec une nuit dans un village de l’Altiplano. Bien m’en a pris étant donné les maux violents qui se sont manifestés dès le premier soir de l’excursion et que je pensais, à tort, être liés au mal des montagnes.

Avant que ces symptômes n’apparaissent, j’ai pu apprécier les troupeaux de vigognes sauvages qui traversaient la route au galop ainsi que des paysages somptueux durant les 5 heures de route depuis Arequipa. Les vigognes, qui étaient en voie de disparition, se sont aujourd’hui multipliées avec succès grâce à un système de protection très strict. Ce sont des animaux timides qui ne sont pas « domesticables » : ils ne se reproduisent pas en captivité. Leur poil est d’une douceur incomparable et les vêtements en vigogne peuvent valoir plusieurs milliers de dollars…Ces animaux sont en tout cas très graciles et les voir galoper dans la pampa de l’Altiplano fut un moment fort de ma découverte du Pérou. Les bébés alpagas sont également adorables comme vous pouvez le voir ci-dessous.

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Nous avons atteint un pic à 4900 m d’altitude. Je ne savais pas encore si j’allais en souffrir, le mal des montagnes affectant certaines personnes et pas d’autres sans que l’on ne puisse vraiment le prévoir. Je supportais jusqu’à présent plutôt bien le trajet. J’ai commencé néanmoins à avoir un léger mal de tête une fois arrivée à ce pic de 4900 m et j’ai ressenti un vertige alors que je montais une petite colline. J’ai réalisé qu’il fallait marcher très lentement et ménager ses efforts, l’oxygène étant limité à cette altitude.

On pouvait apercevoir parfois de la neige ou de la glace sur la route, la température chutant à moins 20 degrés la nuit. Il y avait pas mal de vent et il faisait frais mais le soleil rendait la température en journée tout à fait supportable. Pratiquement tous les volcans de la cordillère des Andes que l’on pouvait admirer depuis notre point de vue dépassaient les 5000 m voire les 6000 m d’altitude !

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Nous avons ensuite rejoint le village de Chivay, à 3640 m d’altitude, avec un stop panoramique avant l’arrivée. J’ai fait une belle balade de 2 heures environ, ce qui faisait du bien après toutes ces heures de bus sur des routes de montagne.

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P1090694Heureusement qu’il était assez court et que la guide m’a changé les idées en me parlant de la pluie et du beau temps pour m’aider à traverser alors que mes jambes tremblaient…

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Le lendemain matin, j’avais toujours des nausées et maux de tête mais c’était supportable. Nous avons visité le village, son église et ses danseurs qui virevoltent dans leur beaux costumes autour de la place, puis un nouveau village avant de rejoindre le point de vue des condors.

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Mes maux de tête et nausées se sont amplifiés au long de la journée et les 5 h de bus pour rentrer à Arequipa m’ont paru interminables. Arrivée à l’hôtel, je me suis écroulée sur le lit. Je pensais toujours que c’était le mal des montagnes mais grelottant sous deux énormes couvertures de laine, atteignant les 40 degrés de fièvre et étant si faible que je ne pouvais pas descendre à la réception, voire même décrocher le téléphone, j’ai compris qu’il était désormais urgent de faire appeler un médecin. Il m’a immédiatement envoyée à la clinique… Les analyses ont démontré qu’il ne s’agissait absolument du mal des montagnes mais d’une amibe. Tout est rentré dans l’ordre après 3 jours d’hospitalisation et 4 jours de repos… et j’ai pu enfin prendre un bus pour Cusco !