De regreso a Buenos Aires

Premiers cours de Tango !

Dates du séjour : du 17 au 19 septembre 2014

Après 5 semaines fabuleuses passées au Brésil, j’avoue avoir eu un pincement au coeur lors de mon atterrissage à Buenos Aires. Il faut dire que j’étais aussi pas mal secouée par mes 4 700 km de voyage depuis Barreirinhas au Nord du Brésil : 5 heures de navette en mini bus,  5 heures d’attente à l’aéroport, décollage à 2:50 du matin depuis l’aéroport de São Luis, atterrissage à 10h50 du matin à Buenos Aires avec une escale de 2 heures à São Paulo… L’Amérique du Sud est un continent immense.

Immense en belles émotions également car l’Argentine me réservait de sacrées belles surprises !

Mon jour d’arrivée a été consacré à me reposer, faire des lessives et « potasser » mes prochaines activités et destinations. J’avais peu d’hésitations : je voulais profiter d’une courte escale à Buenos Aires pour prendre un cours de tango et me diriger ensuite plein sud vers la péninsule Valdès pour aller observer les baleines.

Le lendemain, je me suis baladée dans Palermo, le quartier qui m’avait tant plu lors de ma première visite éclair dans la capitale argentine. Surprise de voir des poignées de chiens accrochées ensemble à des poteaux, j’ai appris qu’ils attendaient leur « promeneur », une personne rémunérée pour garder et sortir les chiens. Je ne connaissais pas ce job.

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En début de soirée, je me suis rendue à un cours de tango suivi d’un spectacle. C’était une soirée clairement orientée « touristes ». Je n’ai évidemment pas acquis les rudiments du tango avec ce tout premier cours étant donné la complexité et la subtilité de cette danse, ainsi que le niveau hétéroclite des touristes-danseurs, mais j’ai passé un bon moment. J’ai même eu droit à un instant de frime à la fin du cours avec le prof qui m’a fait poser devant tous les élèves en mode « show off ». Mes baskets de baroudeuse détonnaient quelque peu avec le look « tiré à quatre épingles » de mon cavalier et le boa et le chapeau que l’on m’avait prêtés pour la pose !

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Après cette remise en jambes et nouvel ancrage sur le sol argentin, j’étais fin prête pour découvrir la faune sauvage de la côte Est… Revoir des baleines faisait partie de ma « bucket list » dans ce tour du monde et j’avoue que j’avais hâte de retrouver les grands espaces naturels et ne pas m’éterniser dans l’ambiance citadine !

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San Pedro de Atacama

Valle de la luna, Geyser del Tatio, observation des étoiles, Salar de Tara et fiestas clandestinas !

Dates du séjour : du 11 au 19 juillet 2014

Dès que j’ai aperçu San Pedro de Atacama, le coup de coeur a été immédiat. Je venais de terminer mon fabuleux trek de 3 jours/2 nuits dans le Salar de Bolivie. Après un arrêt à un poste frontière des plus sauvages (au milieu de la pampa, où renard et de vigognes se mélangent à la police des frontières et aux touristes venus tamponner leur visa de sortie bolivien !), nous sommes montés dans un mini-bus qui a descendu 2000 mètres d’altitude pour atteindre San Pedro en une petite heure de trajet. La route était sublime avec en toile de fond la Cordillère des Andes Chilienne, la vallée de la lune, et le village de San Pedro qui resplendissait sous un immense ciel bleu.

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Non seulement la vision était magnifique mais les températures également beaucoup plus clémentes avec un bon 20-25 degrés à l’arrivée. C’était d’autant plus agréable que nous avons souffert du froid à Uyuni avec des températures largement en dessous de zéro (jusqu’à moins 20 pendant la nuit) et des logements rudimentaires non chauffés. J’ai survécu avec 4 couvertures, 2 duvets, une bouillotte, du thé et beaucoup de vin bolivien !

J’avais réservé plusieurs nuits à l’Eden Atacameño qui semblait avoir un bon rapport-qualité prix. Julia, ma nouvelle amiga de Alemania, rencontrée initialement dans le bateau Isla del Sol-Copacabana puis dans le bus nous menant au Salar, m’a accompagnée pour voir s’il y avait des chambres disponibles et nous avons décidé de partager une chambre double. J’ai pu me « reposer » sur son sens de l’orientation lors de notre arrivée en bus, ce qui était agréable vu le faible niveau du mien. En effet, cinq mois de voyages ne m’ont pas permis de progresser beaucoup dans ce domaine. J’ai également changé de camp pour soutenir l’Allemagne dans le match final de la coupe du monde contre l’Argentine, bien que supportant initialement l’Amérique Latine… La bonne humeur de Julia et son sens de la persuasion m’ont fait changer d’avis et c’était sympa de vivre la victoire avec elle.

L’Eden Atacameño offre un cadre charmant et reposant, dans une ruelle assez calme, perpendiculaire à la rue principale. J’ai pu savourer plusieurs longs moments de repos dans les divins hamacs du jardin, restant une semaine entière à San Pedro. Les petits déjeuners dans le jardin au soleil étaient également des plus agréables, surtout après les nuits fraîches. Ce qui l’était moins : les douches capricieuses, tantôt brûlantes, tantôt glacées, sans aucune pression, la wifi faiblarde et les chambres qui ne se réchauffaient pas malgré les températures fort clémentes de la journée. Les hamacs, le calme, la proximité du centre-ville et les tarifs raisonnables dans ce village très cher m’ont cependant convaincue de rester là.

Coup de coeur également pour le village lui-même avec ses ruelles ocres, son éternel ciel bleu dépourvu de nuage (c’est impressionnant), ses restaurants délicieux, parfois branchés, parfois traditionnels. Deux bémols : les distributeurs d’argent sont peu nombreux et souvent à sec du vendredi au lundi et il faut prévoir au moins 48h pour les services de linge, assez chers. Et étant donné que beaucoup d’endroits n’acceptent que les espèces, mieux vaut anticiper !

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Notre QG bar/dîner : l’Export Café

Coup de coeur total pour les tours proposés aux environs de San Pedro :

1. Incroyable Valle de la Luna, vraiment lunaire, devant laquelle on s’extasie au coucher de soleil. Rejoints par 3 anglais qui avaient pris le même bus que nous depuis le Salar, Louise, Laura et John, nous avons décidé de louer des vélos plutôt que de s’engouffrer dans un bus avec des dizaines d’autres touristes. Nous avons ainsi fait une très belle balade à vélo de 40 km aller-retour, assez difficile en raison d’une grande montée/descente près de la vallée de la lune et de la conduite de nuit au retour. Nous avions veillé à choisir de bons VTT équipés de lampes et j’avais également pris ma frontale. En plus des 40 km de vélo nous avons fait une heure de marche supplémentaire pour voir une cave, un canyon et atteindre la crête de la vallée pour voir le coucher de soleil. Malgré la fatigue, j’ai vécu avec Julia un moment vraiment magique quand elle a pointé du doigt une lune gigantesque toute ronde qui chapeautait parfaitement le volcan Licanbatur. C’était inouï, on aurait dit le décor de Pierrot et Colombine. C’est ce type de moment qui vous font encore plus aimer voyager et la vie en général.

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Photo courtesy of Julia (http://klisch.net/julia/)

Photo courtesy of Julia (http://klisch.net/julia/)

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2. Geyser del Tatio :

Départ à 4h30 du matin, 2 heures dans un bus non chauffé (jusqu’à ce que j’insiste fortement et que la guide reconnaisse qu’il n’y avait aucun chauffage contrairement à ce que disait le conducteur du bus…) puis arrivée au camp géothermique de Tatio à 4320 m d’altitude où des dizaines de fumerolles s’élèvent du ciel, bouillonnent et laissent entrapercevoir les premiers et timides rayons de soleil. Le site était beau mais totalement glacial et j’étais frigorifiée malgré mes chaussettes et mes guêtres en laine d’alpaga. Le tour opérateur nous a offert ensuite un petit déjeuner assez simple : nescafé, sandwich, petite barre de chocolat et pour les chanceux un oeuf dur cuit dans l’un des geysers ! Toujours frigorifiée, je n’ai pas eu le courage de me déshabiller pour me baigner dans la piscine thermale à 38 degrés. Il faut dire que la horde de touristes ne me tentait pas trop et que c’était beaucoup moins séduisant que mon bain nocturne sous les étoiles en plein milieu du Salar avec du vin bolivien et seulement une poignée de compagnons de route, un luxe offert par la société Red Planet que j’avais soigneusement sélectionnée à la Paz après moult comparaisons d’agences qui offraient des tours pour le Salar. Pour en revenir au Geyser del Tatio, j’ai en fait préféré les paysages et les animaux sauvages des environs : le séduisant renard qui fixait mon objectif, les vigognes alertes, les poules d’eau aux pattes rouges géantes qui se promènent aisément dans les eaux glacées.

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Le petit déj !

Le petit déj !

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3. Observation des étoiles :

Le désert d’Atacama jouit de conditions climatiques qui en font un site d’observation stellaire idéal, non seulement parce que les nuits sont sans nuages, mais aussi parce que les vents soufflant de l’océan sur la terre sont prévisibles et réguliers. Ils ne provoquent donc que des turbulences minimes, ce qui est impératif pour obtenir des images de la plus haute qualité (source : Lonely Planet). A 40 km à l’est de San Pedro de Atacama se trouve d’ailleurs le projet ALMA (Atacama Large Millimetre Array), le plus ambitieux radiotélescope au monde. Il s’agit de 64 énormes antennes mobiles de 12 m de diamètre. Ce champ d’oreilles interstellaires correspond à un télescope d’un diamètre de 14 km…

Les télescopes géants du projet ALMA

Les télescopes géants du projet ALMA

J’avais vu à la télé un reportage à ce sujet et trouve complètement fascinant les sciences astronomiques même si elles me dépassent complètement. J’ai pu d’ailleurs apercevoir de loin cette rangée de télescopes géants lors d’un tour dans le Salar de Tara. J’étais impatiente et ravie de pouvoir aller observer les étoiles près de San Pedro. Pour avoir la tête dans les étoiles, il a cependant fallu attendre la fin de la pleine lune. J’ai réservé un tour avec John et Laura. Un bus nous a emmenés avec une vingtaine d’autres touristes dans le désert à 7 km de San Pedro, loin de toutes lumières. Lever la tête en sortant du bus était déjà extraordinaire : une sphère de plus de 3000 étoiles scintillait au-dessus de nous et je n’ai jamais aussi bien vu la voie lactée ni autant d’étoiles filantes. Un astronome Canadien nous a embarqués pendant une heure à la découverte des étoiles, galaxies, nébuleuses, planètes (on pouvait voir Mars et Saturne), astres du Zodiaque. Il était passionnant, drôle, intelligent, nous expliquant avec humour et clarté faits scientifiques et anecdotes divertissantes (je sais maintenant d’où vient l’expression 7ème ciel…). Ensuite nous avons pu regarder des constellations, galaxies, Mars et Saturne à travers de gros télescopes. Enfin nous avons eu une demi-heure pour pouvoir poser des questions librement à l’astronome. Bref, j’ETAIS quasiment au septième ciel…

4. Excursion dans le Salar de Tara :

J’avais initialement prévu de faire un aller-retour en bus pour aller voir le festival de La Tirana mais j’ai réalisé après avoir acheté mes billets que ce serait le parcours du combattant avec de longs bus de nuit, des changements de bus en plein milieu de la nuit, en d’autres termes des risques d’insécurité et d’insomnie pendant 48h d’affilée. Après réflexion, j’ai annulé mes billets et suis restée tranquillement à San Pedro pour me reposer, profiter des hamacs si agréables et faire une excursion au Salar de Tara, ayant vérifié au préalable que ce serait différent du Salar d’Uyuni et que je n’allais pas congeler sur place comme pour les geysers del Tatio…

Cette fois, le départ était à une heure raisonnable, vers 8h00, mais nous avons dû attendre 45 minutes que la route soit ouverte. C’était la même route que celle que j’avais prise en van pour arriver à San Pedro, celle que je trouvais magnifique. Mais il s’agit en fait d’une route dangereuse en raison du fort dénivelé, de la présence d’énormes camions de marchandises (route internationale utilisée par les Boliviens, Uruguayens, Brésiliens…) mais aussi de forts risques de verglas en cette saison. Il faut apparemment que les risques de glace soient levés pour que la route soit ouverte. Il existe de nombreuses sorties d’urgence au cas où les freins lâchent. A notre retour, la route était bloquée par un camion dont le chargement a failli se déverser. Nous avons contourné la route sur le bas-côté et dû nous arrêter 20 minutes après pour changer un pneu crevé ! Le van n’est pas une jeep…

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Malgré ces petites péripéties j’ai passé une très belle journée au milieu de nouveaux paysages extraordinaires : des rochers géants en forme de tête d’indien ou de cathédrales, des lagunes multicolores, des vigognes, renards et viscaches (sorte de lapin avec une queue d’écureuil, proche de la famille des chinchillas), des pierres de cristal tranchantes comme des couteaux et un guide plein d’énergie, Pedro, amoureux d’une française, également guide, qui accompagnait un groupe de Français. La guide française m’a proposé de rejoindre son groupe 100% frenchie mais j’ai préféré rester avec mon groupe d’hispanophones pour progresser en espagnol.

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Enfin, le plus extraordinaire à San Pedro était peut-être que cela m’ait autant plu alors que c’est la seule ville au Chili… où il est interdit de danser ! Je n’en croyais pas mes oreilles quand j’ai appris cela. Nous avons eu vent lors de notre arrivée d’une soirée clandestine prévue le lendemain dans un lieu secret « dans le désert » qui ne serait révélé qu’au dernier moment. J’étais assez suspicieuse mais mes compagnons de route étaient motivés et après renseignements pris auprès de locaux, je me suis sentie rassurée car c’était a priori bon enfant et accessible à pieds depuis le village, et non pas une rave party au milieu de nulle part où j’aurais pu être mal à l’aise et bloquée pour rentrer.

Mais le plus dingue était d’apprendre la raison de ces soirées clandestines : à San Pedro, une loi a été promulguée il y a cinq ou six ans et il est interdit non seulement de boire sans manger après 1h du matin mais aussi de danser !!

J’étais tellement atterrée par la nouvelle que j’ai mené mon enquête et interrogé plusieurs locaux sur les motifs d’une telle prohibition. J’ai eu plusieurs versions mais si j’agrège les réponses, il y avait apparemment auparavant énormément la fête dans le village avec beaucoup de gens saouls et bruyants, ce qui nuisait à la quiétude des habitants mais aussi aux agences de tourisme car leurs clients potentiels préféraient s’enfiler des pisco sours et se déhancher/tituber dans les bars plutôt que se lever avant l’aube pour aller voir les geysers de Tatio… Il y a donc eu une sorte de lobbying qui a abouti à cette stricte interdiction. Du coup, comme pendant la prohibition, les bars ferment leurs rideaux et leurs portes passé une heure du matin et, si un policier pointe son nez, ils baissent le volume de la musique tout en priant tous les clients de s’asseoir en faisant semblant de dîner. On dirait un jeu de chaises musicales. C’est assez drôle à vivre mais totalement ridicule et hypocrite sur le principe. J’imagine qu’il doit y avoir pas mal de corruption pour que la police ferme les yeux.

Pour la fête secrète, nous avions rendez-vous devant un bar vers minuit et avons marché une quinzaine de minutes jusqu’à une sorte de ferme inhabitée pas très loin du village. C’était effectivement plutôt bon enfant et je peux désormais me targuer d’avoir vécu une fête clandestine, peut-être bien la première et la dernière de ma vie ! Je me demande juste jusqu’à quand cette hypocrisie va continuer.

Comment peut-on interdire de danser alors que c’est profondément ancré dans la nature humaine ? La danse et la musique existent dans toutes les contrées de la planète depuis la nuit des temps. Il faut danser la vie, disait Nietzsche, et c’est bien là ma philosophie de vie, au sens propre et figuré…

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Photo courtesy of Luis

 

 

Yunnan – Premières impressions chinoises

De sublimes rizières en terrasses… qui se méritent !

Dates su séjour : du 16 au 19 avril 2014

Dès mes premiers pas en Chine, j’ai senti que mon périple prenait un sacré tournant et que le choc culturel allait être grand. Après une première soirée mémorable à Hékou, à 3 km seulement  du Vietnam, j’étais fin prête pour rejoindre les mythiques rizières de Yuanyang à environ trois heures de route. Déjà séduite par celles de Sapa, j’étais curieuse de savoir si elles allaient être comparables ou non. Quelques handicaps de départ néanmoins : absolument personne ne parlait anglais à part la charmante guide touristique rencontrée la veille dans le hall de l’hôtel et j’avais des infos très floues sur les horaires du bus censé m’emmener à Duoyishu où j’avais réservé ma guesthouse. Aucune indication dans le Lonely Planet ou sur internet. Un guide de Hanoi m’avait indiqué que le bus partait à 7h, celui de Sapa m’avait dit 9h et je ne savais toujours pas où se trouvait la station de bus malgré mes tentatives de renseignements auprès des locaux. La guide touristique de la veille m’avait donné rendez-vous dans le hall à 8h et avait dit qu’elle m’aiderait. J’étais soulagée quand je l’ai vue arriver pile à l’heure. Elle a hêlé un taxi et m’a déposée près de quelques individus qui stationnaient à côté de 2 mini vans.

La plupart des hommes avaient relevé leur t-shirt ou chemise au niveau de leur poitrine laissant ressortir leurs bidons grassouillets. Ils crachaient fréquemment et se mouchaient, sans mouchoir, en éjectant leur morve sur le trottoir. J’avais entendu parler des crachats mais pas de la manière de se « moucher »… c’était perturbant pour ne pas dire écoeurant. J’ai appris plus tard qu’il ne faut pas garder les impuretés en soi dans la culture chinoise, d’où cette pratique. Il parait qu’ils trouvent dégoûtant de leur côté que l’on souffle dans des mouchoirs. Je sais que cela choque aussi les Japonais, qui eux font preuve d’une discrétion absolue en se cachant dès qu’ils doivent se moucher, y compris au niveau sonore. Bref, de sacrées différences culturelles !

Après des altercations entre deux chauffeurs qui me revendiquaient chacun comme future cliente, du moins c’est ce que j’ai supposé, la guide m’a indiqué lequel des deux rejoindre et le tarif à régler, qui était peu élevé. Elle m’a ensuite dit au revoir car elle devait rejoindre son travail. Je l’ai remerciée chaleureusement pour toute son aide. Je ne sais pas trop où j’aurais passé la nuit sans elle… Il était environ 8h15. Le chauffeur m’a dit de monter à l’avant du véhicule, ce que j’ai fait. Mais de son côté, il restait debout à l’extérieur en arpentant le trottoir avec 3-4 autres personnes autour de lui. En bonne citadine impatiente, je regardais ma montre toutes les 5 minutes sans comprendre pourquoi on ne démarrait pas. Au bout de 15 min je suis ressortie du véhicule. J’ai essayé de demander au chauffeur et autres individus qui semblaient attendre comme moi, à quelle heure on partait en leur montrant ma montre, mais je ne comprenais rien à ce qu’ils me répondaient… Du chinois au sens propre et figuré ! Au bout d’environ une heure d’attente, j’ai enfin compris qu’on attendait que le minivan se remplisse pour démarrer… J’ai attendu 45 minutes de plus avant qu’on ne le fasse, en réalisant combien ce type d’expérience mettait à mal (à moins que ce ne soit à bien ?) mon impatience. C’est un sentiment curieux surtout lorsqu’on ne comprend absolument rien autour de soi. Nous avons roulé une heure sur une belle autoroute. J’étais surprise de la qualité de la route surtout en comparaison avec les routes défoncées du Laos, Cambodge et Birmanie.

Arrivés dans un village, le minivan s’est arrêté et tous les passagers sont descendus. Cette fois il ne m’a fallu que deux minutes pour comprendre que c’était reparti pour un long tour de poireautage à attendre d’autres passagers. J’ai également réalisé à ce moment là que le trajet allait être beaucoup plus long que les 3 heures auxquelles je m’attendais… Du coup j’ai sorti mon PC pour trier mes photos, ce qui m’occupe bien en général, étant donné la quantité phénoménale de mes clichés. J’avais à peine trié 100 photos que le chauffeur m’a criée dessus tout en sortant mon sac à dos du coffre et en pointant du doigt un bus local en piètre état qui venait de s’arrêter. J’ai refusé de changer de véhicule en lui disant que j’avais payé pour le minivan et non pour le bus mais il a jeté mon sac dans le couloir du bus sur un amoncellement d’autres bagages, ne me laissant pas d’autre choix que de sauter et de me frayer un chemin pour trouver une place assise entre la mamie et les poules qu’elle essayait de calmer sous son siège et pas mal de gars qui fumaient tous comme des pompiers, le bide à l’air. Et voilà, c’était donc ça… l’aventure routarde à son comble, narrée par moult voyageurs !

Le trajet en bus a duré jusqu’à 4h de l’après-midi. On s’arrêtait dans tous les villages sans que je sache où l’on était ni combien de temps on s’arrêtait. Je n’osais pas sortir de peur que le bus ne reparte avec mon sac et me laisse en plan. C’est l’un des inconvénients lorsqu’on voyage seul : personne ne peut vous garder votre sac. Je me suis quand même ruée aux toilettes lorsque le chauffeur a fait le plein d’essence, en expérimentant des WC qui restent dans le top 3 des pires de mon voyage : pas de porte individuelle, une tranchée en béton avec une fosse d’un mètre jamais nettoyée, une odeur forcément abominable et évidemment ni papier ni savon ni robinet. J’ai vite réalisé qu’en Chine, à part dans les hébergements où les toilettes étaient en général correctes, il faut TOUJOURS avoir sur soi un rouleau de papier et du gel antibactérien. Même dans des musées de renommée internationale comme celui de l’armée de Terracotta à Xian, les toilettes étaient nauséabondes… Expérience de transport totalement inoubliable et éreintante à laquelle s’ajoutait le stress de ne pas savoir où j’étais ni quand j’allais arriver et un estomac qui était ronchon car le petit paquet de chips acheté lors d’un court arrêt ne lui suffisait pas, sans compter la saturation de graisse avec le fast food miracle de la veille.

Je suis finalement arrivée à Xinjie vers 16h, ai négocié un transport direct avec un taxi privé pour les 45 dernières minutes. La route avait complètement changé : rien à voir avec l’autoroute du matin. Nous étions sur une petite route de montagne surplombant une majestueuse vallée où j’apercevais déjà de belles rizières. J’étais fatiguée mais émue, émue d’être dans ce drôle de pays qui éveillait ma curiosité depuis quelques années et dans lequel je n’étais jamais allée auparavant, à part à Hong Kong, qui est à des années lumières de ce paysage du Yunnan… J’avais fortement insisté auprès du chauffeur pour qu’il me laisse juste devant la guesthouse que j’avais réservée dans le Lonely : Jacky’s Guesthouse. Or il insistait pour que je descende sur un parking. Alors que je râlais, un couple de Français est passé devant nous en confirmant que le chauffeur ne pouvait pas descendre plus bas dans le village et qu’eux mêmes cherchaient Jacky’s guesthouse. Du coup, j’ai extrait mon sac du coffre et les ai rejoints.

Nous avons traversé le village en long, en large et en travers pendant 20 bonnes minutes avant de trouver la guesthouse. J’étais soulagée d’être tombée sur ces deux compatriotes d’autant plus qu’ils avaient l’air sympas et beaucoup plus détendus que moi… 9 heures de transport au lieu de 3, cela m’avait pas mal secoué ! Ma fatigue s’est presque envolée quand je suis arrivée sur la terrasse de la guesthouse, avec une vue époustouflante sur les rizières dans lequel le village était niché. Les deux morceaux de saucisson offerts par une famille de Français et le bon repas du soir ont fini de me revigorer.  Quelle récompense après cette laborieuse journée de transport ! Et ce n’était que le début. Le lendemain m’attendait l’une des plus belles surprises de mon périple : l’un des plus beaux levers de soleil de ma vie, un marché local extra-ordinnaire (quasiment aucun touriste, communautés ethniques revêtant leurs plus beaux habits et marchandant poulets, bidasse, légumes et tofu), et une rando fabuleuse à longer villages et vallées avec rizières en terrasses multicolores, le tout avec Anne et Foucault dont j’ai grandement apprécié la bonne humeur constante et leur sens de l’orientation bien plus développé que le mien ! L’une des plus belles journées de mon périple ainsi que la suivante où nous nous sommes cette fois aventurés SUR les rizières. Et j’ai quitté le village avec l’aide d’un autre français fort aimable, Benjamin, qui parlait chinois et a négocié pour moi un taxi jusqu’à  Xinjie, ville où j’allais prendre un bus de nuit « couchette » pour Kunming.

Lever de soleil depuis Jacky’s guesthouse :

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Le marché local dans un village voisin de Duoyishu :

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Randonnée 1er jour dans les villages autour des rizières :

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Une poule qui fait l’autruche…

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Randonnée 2ème jour SUR les rizières qui entourent Jacky’s Guesthouse (et nouveau lever de soleil mémorable !) :

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Punaise !

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Sapa – Nord Vietnam et frontière chinoise

Bien sapés à Sapa (où le riz verdoie !) et premiers pas chinois

Dates du séjour : 14 au 16 avril 2014 

J’ai enfin réussi à prendre un train couchette, le premier de ma vie. Je n’avais pas pu le faire de Chiang Mai à Bangkok mais celui d’Hanoi-Sapa n’était pas mal du tout. J’ai pris des couchettes de catégorie supérieure avec la société E.T. Pumpkin. Ce qui m’a surprise au départ du train c’est qu’il n’y avait pas de hall de gares avec des quais. Il fallait aller directement sur la voie en vérifiant le numéro du train. Le compartiment comprenait 4 couchettes, étroites mais confortables, très propres et avec des petits crochets et étagère pour pouvoir poser quelques affaires. J’avais la couchette du bas, une Australienne celle du haut. En face de nous se trouvaient un père de famille français (expat) et le guide qui accompagnait sa famille, sa femme et ses enfants étant dans le compartiment voisin. Cela secouait beaucoup, c’était plutôt drôle. Nous sommes arrivés de bon matin à Lao Cai, le terminus du train, puis je suis montée dans un minivan pour environ une heure de route jusqu’à Sapa.

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Nous sommes arrivés sous les nuages et la brume dans lesquels des tâches de couleur détonnaient : celles des magnifiques costumes des habitants des communautés ethniques, très nombreuses à Sapa. Les costumes sont portés quotidiennement et non pour parader devant les touristes, même si ceux-ci sont également très présents à Sapa.

Après un bon petit déjeuner et une promenade dans le village le matin, craquant au passage pour quelques emplettes d’artisanat local, j’ai fait une balade de 3 heures environ l’après-midi avec une guide de 19 ans, Nan, issue de l’une des communautés ethniques. J’étais toute seule avec elle, ce qui était très agréable. Elle n’a jamais été à l’école et a appris l’anglais dans la rue en écoutant les touristes. Elle semblait très dégourdie pour son âge et avait un bon niveau d’anglais oral. J’ai beaucoup apprécié cette marche dans les villages alentours malgré le brouillard et le temps décevant. Nan m’a également emmenée au marché de Sapa à la fin du trek et m’a aidée – patiemment – à négocier quelques achats complémentaires. Impossible de résister aux tissus colorés de Sapa que je rêvais de voir en direct depuis fort longtemps (cf envie n°2 et envie n°13…) ! La présence d’un bureau de poste avec des tarifs attractifs pour un transport par bateau a fini de me convaincre que je pouvais me faire plaisir…

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Un nouveau pont suspendu (cf celui de Battambang au Cambodge)… et je n’ai même pas peur !

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Avec Nan, charmante guide de 19 ans – et mon nouveau ‘fichu’ local noué sur la tête à la manière des Hmong

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Le lendemain j’ai rejoint un groupe d’une dizaine de personnes pour un trek de 5 heures dans l’une des plus belles vallées de Sapa. Le soleil a pointé son nez et est devenu de plus en plus radieux tout au long de la journée. Nous n’étions pas le seul groupe de randonneurs, loin de là, ce qui me changeait de mon excursion presque intime de la veille, mais la beauté des rizières et le temps cette fois très agréable m’ont permis de passer une très belle journée. J’ai de nouveau fait de sympathiques rencontres dont un Allemand et un couple de français qui vit à Dubaï.

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Les porte-bébés sont magnifiques, comme tous les vêtements des communautés ethniques de Sapa…

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Le soir j’ai rejoint Lao Cai en taxi partagé. Lao Cai se trouve à 3km de la frontière chinoise. J’ai terminé le dernier km à pied, avec mes 2 sacs sur le dos et le ventre (soit près de 19kg…), à la recherche du poste frontière. J’étais un peu inquiète car non persuadée d’aller dans la bonne direction. J’ai finalement rejoint la douane sans me tromper. Le douanier vietnamien m’a fait changer de guichet plusieurs fois et a regardé mon passeport sous tous les angles pendant 15 longues minutes sans que je ne comprenne pourquoi. Je me suis sentie pleinement « backpackeuse » et vivre une sacrée aventure quand j’ai traversé à pied le pont qui m’emmenait à la frontière chinoise. Traverser une frontière ainsi, de surcroît seule, vers un pays totalement inconnu, engendre beaucoup plus d’émotions que lorsqu’on arrive en avion. C’est la seconde fois que je passe une frontière terrestre dans ce périple et la toute première fois toute seule. J’ai immédiatement constaté des différences vestimentaires entre les Chinois et les Asiatiques du Sud Est. Ces derniers ont presque toujours des vêtements sobres avec genoux et épaules recouverts. Or, d’un coup, je me trouvais face à des mini-shorts fluo et jupes en tulle, un autre univers. Je n’étais pas au bout de mes surprises, la Chine étant l’un des pays qui m’a le plus interpellée de tous mes voyages…

Le passage aux douanes chinoises s’est passé de manière plus fluide et plus cordiale qu’aux douanes du Vietnam, avec une sorte d’ordinateur qui a scanné mon passeport et m’a « parlé » en français, ainsi que des douaniers souriants contrairement à ce que je m’étais imaginé. C’est ensuite que cela s’est compliqué…

Absolument aucun signe en anglais et personne qui ne parlait un mot d’anglais non plus, même dans la petite agence de tourisme que j’ai repérée à quelques centaines de mètres du poste frontière. Après une vingtaine de minutes de marche, j’ai finalement trouvé un hôtel dans lequel une jeune femme, la guide touristique de l’hôtel, parlait anglais. Elle m’a gentiment aidée à réserver une nuit d’hôtel et m’a donné rendez-vous le lendemain matin à 8h pour m’emmener à la station de bus pour aller voir les rizières de Yuanyang à 3 heures de route. Enfin, c’est ce que je pensais ce soir là mais le transport du lendemain allait être quelque peu différent comme je vous le raconterai dans mon article consacré à la province du Yunnan.

Après toutes ces émotions, mon estomac commençait à crier famine. Là, nouvelle surprise : je ne voyais dans les restos et les gargotes que des pattes de poulet, des insectes, cochons d’Inde et autres mets qui ne m’inspiraient pas du tout. Mon désarroi était accru par le fait que tout le monde me dévisageait. Visiblement il y a peu de touristes occidentaux dans la ville d’Hekou… Après 45 minutes de déambulation vaine où mon estomac commençait à désespérer, j’ai aperçu un fast food… Pas vraiment la meilleure entrée en matière pour découvrir la cuisine chinoise mais je dois dire que j’étais bien soulagée !

J’ai ainsi réalisé dès mes premiers instants en Chine combien le choc culturel et la barrière de la langue étaient forts. Après quasiment 3 mois de communication aisée en Asie du Sud Est, la dernière étape de mon tour asiatique allait s’avérer bien plus déroutante… parfois stressante, parfois amusante.

Perdre tous ses codes et ses repères, n’est-ce pas là la véritable aventure ?

Angkor What?

Le jeu de mot est facile et connu mais je le trouve approprié pour ce billet.

Mon arrivée à Siem Reap (qui signifie « Siamois vaincus ») a été particulièrement éprouvante comme le décrit sur son blog Anthony, un de mes compagnons de route. Heureusement que le site d’Angkor puis la ville de Battambang m’ont laissé une meilleure impression du Cambodge par la suite !

Angkor Wat est la « tête d’affiche » du site d’Angkor, qui comprend des dizaines de temples fabuleux, un véritable casting de premier rang dans un décor naturel superbe avec, par ordre d’apparition… enfin plutôt par ordre de découverte, chacun(e) étant bien sûr libre d’aller à sa guise (avec une étoile = les super-stars à ne pas rater !) :

Premier jour (parcours du combattant !) :

  1. Phnom Bakheng (lever du soleil)
  2. Bayon temple *
  3. Baphuon temple
  4. Royal Palace
  5. Preah Palilay
  6. Elephant Terrasse
  7. Tep Pranam Pagoda
  8. Preah Ngok Pagoda
  9. Chau Say Tevoda
  10. Thommanon temple
  11. Ta Keo temple
  12. Ta Prohm*
  13. Banteay Kdei temple
  14. Sra Srang
  15. Prasat Kravan

Deuxième jour :

  1. Preah Khan
  2. Neak Pean
  3. Ta Som
  4. East Baray
  5. East Mebon
  6. Pre Rup
  7. Preah Ko (Roluos)
  8. Bakong (Roluos)
  9. Lolei (Roluos)
  10. Beng Mealea* (un véritable décor sauvage à la Indiana Jones mais plus éloigné que les autres et qui ne fait pas partie du site d’Angkor)

Troisième jour :

  1. Angkor Wat* (lever du soleil, incontournable malgré les nombreux touristes)
  2. Banteay Srei
  3. Banteay Samrey

Que dire des temples d’Angkor si ce n’est un des plus beaux sites historiques du monde, un paradis pour les archéologues ?

Je rêvais d’y aller depuis quelques années, voilà qui est fait, et je n’ai pas été déçue.

Les visites ont été réalisées en trois jours, à bâtons rompus, avec Séverine et Anthony, deux compagnons de route français.

Quelques « facts & figures » pour retracer ces trois superbes journées :

  • 3 jours
  • 28 temples et pagodes
  • 280 km de tuk tuk
  • 2 compagnons de route
  • 1 chauffeur de tuk tuk très patient
  • 12 litres d’eau engloutis
  • A peu près le même litrage de sueur (42 degrés à l’ombre, on est en nage dès 8h du matin)
  • 2 départs à l’aube (lever 4h30 du matin)
  • 1 coucher du soleil
  • 1226 photos
  • 236 visages énigmatiques qui resteront ancrés dans ma mémoire (des frissons d’émotions m’ont saisie quand j’ai gravi le sublime Bayon et que nous étions quasiment les seuls touristes)
  • Des centaines de vendeurs de rue dont beaucoup beaucoup d’enfants (« ladies, 10 postcards for one dollar », « cold drinks », « candy lady ? » etc)
  • Des centaines de touristes
  • 1 gardien chien pour chaque temple dont vanille caramel notre préféré au temple Baphuon
  • Des concerts gratuits de musique traditionnelle
  • Pas mal de marches gravies
  • Des amoncellements de pierres façon Indiana Jones, Lara Croft, en particulier au Beung Melea
  • 1 accident de tuk tuk évité (en m’assoupissant j’ai failli passer par-dessus bord)
  • 1 casquette envolée mais récupérée
  • 1 araignée grosse comme ma main
  • 1 serpent d’eau que je n’ai pas vu
  • 1 chien dreadlocks
  • Des libellules de toutes les couleurs et de toutes tailles
  • Des papillons de toutes les couleurs et de toutes tailles
  • 1 cheval
  • Des éléphants
  • Des fourmis
  • Des singes
  • Des coqs, des poules, des poussins
  • Des geckos
  • Mes premières gouttes de pluie depuis mon départ le 30 janvier (qui ont duré 4 minutes)
  • Des arbres sculptures spectaculaires qui engloutissent les temples

Assez de stats, je vous laisse plutôt admirer le spectacle.

Va, vis et apprends…

…A choisir un bus !

« Live and learn » me dit ma voisine de bus. C’est exactement ça. Et puis c’est mieux que « live and let die ». Elle-même, qui a pourtant apparemment l’habitude de prendre des bus de nuit en Thailande, est surprise et déçue. Elle regrette fortement d’être passée par une agence pour prendre son ticket. Elle m’avait dit avant qu’on ne rentre dans le bus que ce serait tout confort, « VIP » et avec possibilité d’acheter snacks et boissons.

Notre bus semble dater des années 60, va à peu près à la même allure que son année de naissance – ce qui semble plus prudent vu l’état des amortisseurs et les couinements que l’on entend. Et contrairement aux bus de nuits de confort « normal », la clim est capricieuse et ils ne vendent pas de nourriture et de boissons. Cela tombe mal car le sandwich thon avocat, que j’avais commandé cet fin d’après-midi près du marché de Chiang Mai en prévision de mon dîner dans le bus, est en fait un énorme avocat recouvert de mayo au thon qui s’est déversé dans mon sac plastique et embaume le bus. En compétition avec la citronnelle que vient de dégainer une autre passagère. Je pensais par ailleurs acheter de l’eau à la station et je n’ai pas eu le temps, le tuk tuk récupérant les passagers à leur hôtel ayant pris du retard. Nous avons été fortement invités à nous ruer vers le bus dès notre arrivée à la station.

Je sens que les 10 heures de bus vont être une sacrée expérience… Et c’est une estimation optimiste (les 10 heures et la sacrée expérience).
En tout cas, elles m’inspirent : j’écris ce billet sur la fonction Notes de mon smartphone. C’est une première.

En effet, la tablette PC, que j’ai mis deux mois à choisir après moult comparatifs, a de gros bugs. L’un d’eux est qu’elle ne se recharge plus. L’Asus T100 semblait pourtant correspondre idéalement à mes critères de poids, de prix, d’autonomie, port USB et environnement Windows pour gérer mes photos. En fait je n’ai eu que des soucis et ce, peu de temps après les premières semaines d’utilisation mais j’étais déjà en vadrouille. J’ai lu depuis sur des forums que d’autres clients ont les mêmes ennuis que moi. Il doit y avoir des défauts de fabrication. Amazon m’a promis que je pourrais la retourner et serai remboursée en faisant jouer la garantie. Je n’y manquerai pas dès mon retour en France… Bravo d’ailleurs au service client d’Amazon qui a été remarquable en support et réactivité. Ce niveau de service est suffisamment rare en France pour le souligner.

Mais pour en revenir au principal sujet de ce billet :

Leçon nº 1 : 
Ne pas passer par une agence et acheter son billet directement à la station de bus.

Leçon nº 2 : 
Prendre beaucoup de marge si l’on veut acheter des billets de train couchette Chiang Mai-Bangkok. Je m’y suis prise 4 jours à l’avance et c’était déjà complet. D’où le plan B avec le bus. C’est le cas de le dire.

Leçon nº 3 :
Bus thailandeNe pas regarder la route si vous voulez dormir. D’ailleurs, je vais immédiatement fermer le rideau (d’un bleu franc brillant qui ressort superbement sur les fleurs rouges et vertes psychédéliques des sièges).

En fait, je viens de les rouvrir étant donné le bruit que vient de faire l’embrayage. Je voudrais pouvoir enregistrer le son pour vous le faire écouter : un peu comme un disque scratché par un (mauvais) DJ pendant plusieurs secondes. Quant aux sensations, imaginez une balade à dos d’éléphant, ou de dromadaire. Ou encore une balade en bateau par houle moyenne (sans avoir pris de Mercalm).

Est-il normal que nous fassions du 30 à l’heure sur la Nationale et que toutes les autres voitures, les bus et même les scooters nous doublent à grande vitesse ?

Leçon nº4 :
Ne pas trop se poser de questions. Par exemple, ne pas se dire  » la montée était en fait plus apaisante que les descentes où l’on prend certes de la vitesse mais quant est-il de l’état des freins ? Datent-ils eux aussi des années 60 ? »

Leçon nº5 :
Relativiser. Ne pas perdre son sens de l’humour. Se concentrer sur le petit ° des « n° » et se mettre à méditer tout comme ces nombreux moines bouddhistes que j’ai croisés à Chiang Mai.
Je pense, je sais, que je vais en voir d’autres durant mes quelques mois de pérégrinations… Les autres passagers ne semblent pas aussi inquiets que moi, enfin pas tous. Surtout ceux qui ont 19 ans. Mais la jeune femme à ma gauche semble prête à déchirer le rideau bleu flamboyant tellement son poing s’est serré autour de lui. Peut-être devrais-je lui conseiller d’écrire un article pour se détendre ?

Allez, plus que 9 heures de route. Rendez-vous demain matin si vous le voulez bien (Inch Allah).

*   *   *   INTERMEDE SUSPENSE   *   *   *

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5h30 du matin, soit effectivement 9 heures plus tard, nous sommes réveillés par les néons qui se rallument et le cri du chauffeur pour l’arrêt « Bangkok ».

Des chauffeurs de taxis nous alpaguent à la sortie. Aucun ne veut fonctionner avec le compteur (« Meter ») et cela sent l’arnaque à plein nez. Je marche 5 minutes et trouve un « Taxi Meter » un peu plus loin qui me conduit vers Silom où j’ai réservé ma chambre d’hôtel. Petite frayeur en arrivant : la réception semble fermée. Il y a une sonnette et le gardien vient m’ouvrir. Très bonne surprise : ma chambre est prête, et en plus propre et tout à fait correcte pour le tarif. Je vais pouvoir prendre une bonne douche et terminer ma nuit…