Ice Ice Baby

El Calafate et le Glaciarium : prélude glacé avant le glacier

Date du séjour : 24 – 25 septembre 2014

Après une émouvante immersion auprès des baleines, manchots, dauphins, éléphants de mer de la péninsule Valdès, mon séjour en Patagonie se poursuit vers l’un des sites mythiques de l’Argentine : le glacier Perito Moreno situé près de la ville de El Calafate.

Me voilà repartie pour un trajet de bus qui allait battre mes records de distance et d’heures de voyages : depuis Puerto Madryn, j’embarque dans l’un des très confortables bus de la compagnie Andesmar pour parcourir 1230 km jusqu’à Rio Gallegos, soit 18 heures de bus ! Rio Gallegos est la dernière grande ville argentine avant d’arriver en terre de feu. Je n’irai cependant pas jusqu’à Ushuaïa (plein sud argentin) mais bifurque à l’ouest pour 4 heures de bus supplémentaires (300 km) après un arrêt de 2 heures à Rio Gallegos. Bien que très impressionnant en nombre d’heures de trajet, je recommande de voyager avec les bus argentins dont le confort a une réputation mondiale entièrement justifiée : siège couchette en cuir, repas servis à bord, wifi, TV, toilettes à bord. Pas mal de bus partent vers 13h de Puerto Madryn,  avec une arrivée à 7h du matin à Rio Gallegos après une bonne nuit de sommeil et une arrivée finale à El Calafate pour midi. Comme je l’ai écrit dans un précédent article, c’est l’équivalent d’une classe affaires en avion point de vue confort, à un prix défiant toute concurrence…

L’arrivée à El Calafate est assez éblouissante quand on voit surgir un lac bleu glacé au pied de montagnes enneigées !

La ville de El Calafate est charmante, avec de jolies maisons colorées. Je me suis installée dans une auberge de jeunesse qui surplombait la ville avec une superbe vue sur le lac et les montagnes et me suis renseignée sur les excursions au Perito Moreno en réservant un tour organisé pour le lendemain.

Après un peu de repos, je me suis rendue en fin de journée au Glaciarium, le musée de la glace et son fameux « Ice Bar », un bon prélude au Perito Merino tout en prenant un apéro « on the rocks »…

J’aime beaucoup cet outil de prévision météorologique plein de bon sens… et d’humour ! KISS (keep it simple, stupid):

Une fois bien emmitouflés, les visiteurs sont invités à découvrir le Ice Bar avec une durée limitée à 30 minutes : J’immortalise ces instants « givrés » avec quelques clichés :

Si le Ice Bar vous permet de vivre un instant un peu ‘frappé’, le musée de la glace vous permet de dégivrer vos neurones et d’apprendre plein de choses intéressantes sur les glaciers et la glace de manière générale.

Pourquoi chaque flocon est-il unique ?

…nature is full of genius, full of divinity, so that not a snowflake escapes its fashioning hand.

-Henry David Thoreau (1817-1862), American philosopher and naturalist

Les flocons de neige présentent une incroyable variété de formes (aiguilles, étoiles, colonnes, plaquettes, dendrites, boutons de manchette, cristaux irréguliers) et de tailles, dictées par les conditions météorologiques. Mais quel que soit leur aspect, les cristaux ont tous une symétrie hexagonale. Si vous voulez en savoir plus sur ces véritables oeuvres d’art de la nature, pleines de mystères, je vous invite à lire cet article.

Pourquoi un glacier est-il bleu ?

Pourquoi en effet un glacier apparaît-il de couleur bleue alors qu’il est constitué d’eau et que celle-ci est transparente ?

Et bien, alors que la lumière solaire peut paraître blanche, elle est constituée de toutes les couleurs du spectre chromatique. Or, la lumière bleue a plus d’énergie que le jaune et le rouge. Les photons bleus peuvent donc pénétrer davantage dans la glace que les autres couleurs…

Plus la lumière traverse profondément, plus le bleu s’intensifie, ce qui explique pourquoi nous pouvons découvrir autant de nuances de bleu, turquoise, indigo dans les crevasses, icebergs, etc.

C’est justement ce que je vous propose d’observer dans mon prochain billet, à la découverte des fabuleuses nuances du Perito Moreno, l’un des glaciers les plus célèbres du monde ! Accrochez vos crampons…

 

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Iguaçu & Parque das Aves – côté brésilien

Somptueuses chutes d’eau, parc aux oiseaux et BBQ à gogo !

Date du séjour : 17 août 2014

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Il m’a fallu environ 15 heures de bus pour arriver à Foz de Iguaçu depuis Florianópolis. Le bus était assez confortable mais le trajet beaucoup moins serein que dans les bus « cama » argentins : j’avais une dizaine d’arrêts avec à chaque fois les lumières qui s’allument, des passagers qui montent et descendent et la sensation de risque de vol accrue. Le résultat est que j’ai très peu dormi et commencé à réaliser que le bus n’était pas l’option de transport idéal au Brésil, d’autant plus que les distances sont immenses.

A toutes fins utiles pour les voyageurs « routards », le site http://www.buscaonibus.com.br/en permet de voir tous les horaires et de comparer les différentes compagnies. Sachez cependant que les billets sont en fait moins chers directement en gare routière ou directement sur les sites web des compagnies, le site récupérant une commission non négligeable via un paiement en ligne.

J’avais réservé une chambre individuelle à la Pousada Sonho Meu, un hôtel familial situé juste à côté de la gare routière de Foz Iguazu, ce qui était très pratique ensuite pour se rendre facilement aux chutes. Je me suis rendue compte en voyant les prix des chambres affichés à la réception que je bénéficiais de près de 70% de réduction par rapport au tarif standard car j’avais réservé ma chambre avec un deal de dernière minute. La chambre était agréable, confortable, spacieuse, claire et très propre, donnant sur une piscine et un petit jardin exotique. Cela fait du bien de trouver de temps en temps des endroits où l’on peut se ressourcer ! Le petit déjeuner était encore plus impressionnant. C’est l’un des buffets les plus copieux que j’ai pu apprécier durant tout mon périple, digne d’un grand hôtel avec pléthore de fruits, céréales, gâteaux, pains, viennoiseries, fromages, charcuterie, yaourts, jus de fruits frais (un délice dans tout le Brésil !), café, thé… La gourmande que je suis était aux anges !

Après m’être reposée de ma courte nuit de sommeil, je me suis renseignée à la réception sur les différentes options pour aller voir les chutes à la fois côté brésilien et argentin. J’ai appris que j’avais suffisamment de temps pour voir les chutes côté brésilien dans l’après-midi et même de visiter le parc aux oiseaux, une sorte de zoo qui mérite le détour juste à côté des chutes. Le lendemain j’allais opter pour une option en mini van ‘flexible’ qui m’emmènerait aux chutes côté argentin tout en me faisant passer à la frontière pour les formalités douanières.

Ce qui m’a frappée également en arrivant, c’était les températures. Elles étaient bien plus élevées qu’à Florianópolis et Porto Alegre et je pouvais désormais ranger au fond du sac ma polaire car j’étais bel et bien en climat tropical. Vive le débardeur et les sandales, un régal après plusieurs semaines « hivernales » !

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Dire que deux semaines avant, j’étais tout de même en train de faire une balade en raquettes dans la neige près de Santiago du Chili… Je n’allais pas tarder à découvrir que les températures tropicales s’accompagnent cependant d’un désagrément conséquent pour moi : la présence de moustiques. J’allais passer le prochain mois à me badigeonner de crème anti-moustique puis de crème anti-démangeaison car je me fais tout le temps attaquer malgré les précautions prises. Le pompon sera dans le Pantanal, épisode que je vous raconterai prochainement !

J’ai commencé par visiter le parc aux oiseaux me disant que je pourrais profiter davantage des chutes en fin de journée avec une belle lumière et moins de monde, ce qui a effectivement été le cas.

Le parc aux oiseaux était une belle surprise. Il y a vraiment des oiseaux incroyables et des « cages » assez grandes dans lesquelles on peut pénétrer et les côtoyer de près. C’est quelque chose de se retrouver entourée de douzaines de perroquets aux plumes dignes des plus belles palettes expressionnistes qui vous frôlent en volant et jacassent à tout va avec des cris stridents !

Je vous laisse admirer ci-après quelques spécimens ainsi que quelques-uns de leurs compagnons de « cage » (je trouve que c’est toujours un peu triste de les voir enfermés) : iguanes, serpents, tortues, singes et autres créatures.

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Je me suis ensuite rendue au parc national des chutes d’Iguaçu. Le parc est moderne et bien organisé avec un petit train qui nous emmène au cœur de la forêt. Il y a un petit côté Disneyland au départ qui m’inquiétait un peu mais ensuite on est happé par la beauté du site et on peut parcourir divers sentiers de manière relativement autonome. Ce qui frappe dès le départ c’est justement l’environnement luxuriant et magnifique : la végétation dense et exotique, les températures tropicales, les coatis que je découvrais pour la première fois effarée alors qu’ils fouillent les poubelles et rodent auprès des touristes à la recherche de nourriture (l’un des effets négatifs du tourisme à grande échelle) et les papillons multicolores qui virevoltent autour de vous. J’ai vraiment été subjuguée par tous ces papillons, aussi bien côté brésilien qu’argentin. Cela ajoute un côté encore plus onirique à ce lieu déjà extraordinaire qui surgit comment un rêve lorsqu’on se retrouve pour la première fois face à ces chutes.

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Les chutes sont en fait un ensemble de 275 cascades qui peuvent atteindre 90 mètres de haut et s’étalent sur 3 km. Elles sont situées au milieu d’une forêt tropicale à la frontière entre l’Argentine et le Brésil, les deux gouvernements ayant créé des parcs nationaux des deux côtés. Cela vaut vraiment le coup de voir les deux et l’on m’avait conseillé de commencer par le côté brésilien puis argentin, ce que j’ai fait et effectivement apprécié.

Ayant vécu à Cleveland durant 4 ans, j’étais allée de nombreuses fois visiter les chutes du Niagara qui se trouvaient à deux heures de route. Les chutes sont impressionnantes et magnifiques mais le cadre alentour est hideux, on dirait une sorte de Disneyland de seconde zone, avec du béton et des néons.

A Iguaçu, non seulement les chutes sont époustouflantes mais le cadre est également extraordinaire. On est dans la jungle même si le parc est emménagé. M’y rendant en deuxième partie de l’après-midi, j’ai bénéficié d’une belle lumière et d’une fréquentation modérée.

Il n’y a pas grand chose à ajouter devant une telle beauté de la nature, juste se laisser transporter par la magie du lieu et le brouhaha de ses flots impressionnants…

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Pour me remettre de toutes ces émotions, j’ai découvert le soir mon premier « churrascaria », un restaurant qui sert de la viande (tous types de viande) à volonté, pour un prix fixe intéressant et quasiment sans arrêt si on ne supplie pas les serveurs d’arrêter ! Les serveurs font en effet le tour des tables avec brochettes et couteaux pour remplir les assiettes de brochettes ou de lamelles de viande finement tranchées. L’accompagnement des viandes, fait de légumes et féculents variés (dont les délicieuses racines de yuca – le nom latino-américain du manioc), se sert au buffet. C’était délicieux mais j’ai eu les yeux beaucoup plus gros que le ventre et me suis effondrée en retournant à la pousada juste à côté !

 

 

 

Porto Alegre

Bem-vindos ao Brasil!

Dates du séjour : 12 au 14 août 2014

Après deux escales express en Uruguay à Colonia et Montevideo, j’ai pris un bus de nuit qui m’a emmenée sur le sol brésilien à Porto Alegre. Quel joli nom de ville ! Le port de l’allégresse… et peut-être aussi une belle promesse de félicité avec cette découverte du 5ème plus grand pays du monde, après la Russie, le Canada, la Chine et les États-Unis. Avec une population d’environ 200 millions d’habitants et une superficie de 8 514 876 km2 (dixit Wikipedia), il couvre la moitié du territoire de l’Amérique du Sud et est plus grand que l’Australie dont la taille m’avait déjà fortement impressionnée. J’avoue que je n’avais pas réalisé à quel point le pays était immense avant d’attaquer mes visites qui m’ont emmenée dans de nombreux territoires, du Sud à l’Est jusqu’au Nord, découvrant mille merveilles et mille constrastes.

J’étais en tout cas dès mon arrivée pleine d’entrain, avec des a priori positifs : une première découverte via un déplacement professionnel de trois jours à São Paulo qui m’avait déjà donné un avant-goût accueillant du pays, des échanges « virtuels » facebookiens touchants avec Ana, l’amie brésilienne d’une amie française, et puis la culture brésilienne véhiculée en France à travers les notes de Bossa Nova, Samba et Forro, rythmes qui me transportent souvent vers le bien-être et les ambiances gaies et chaleureuses (tout comme les bikinis, les tongs colorées et les bracelets brésiliens qui évoquent les grandes plages de sable blanc !).

C’est la mise en relation avec Ana qui m’a incitée à faire une étape à Porto Alegre, la ville n’étant pas considérée comme un site touristique incontournable du pays. Mais le contact initié avec cette jeune femme neuf mois auparavant via Facebook m’a touchée au point d’envisager rapidement de lui rendre visite et de faire sa connaissance en chair et en os. C’est aussi l’une des raisons qui m’a fait opter pour une arrivée en bus depuis l’Argentine et l’Uruguay car je serais peut-être aller directement en avion de Santiago du Chili à Rio si je n’avais pas décidé d’inclure Porto Alegre dans mes étapes brésiliennes.

Bien plus que la ville, c’était donc la rencontre d’une personne qui m’a menée à Porte Alegre. Et bien m’en a pris. Car c’est une femme extraordinaire que j’ai découverte (grâce à une autre amie du même calibre !).

Le passage aux frontières entre l’Uruguay et le Brésil a été l’un des plus faciles de tous les passages aux frontières des 13 pays que j’ai traversés en 8 mois de voyage. J’ai plutôt bien dormi dans le bus qui était direct et confortable et ne me souviens même plus que l’on m’ait demandé mon passeport à la frontière, seulement à l’enregistrement au terminal. En d’autres termes, je suis partie de la capitale uruguayenne et me suis réveillée au Brésil en toute quiétude après 12 heures de trajet.

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Le bus qui m’a emmenée de Montevideo à Porto Alegre

J’ai néanmoins eu droit à une petite complication à mon arrivée au terminal de bus de Porto Alegre : impossible de retirer de l’argent dans les deux distributeurs automatiques que j’ai testés (les seuls du terminal) ! Ma carte semblait ne pas fonctionner. Or je savais que je n’avais pas de souci d’approvisionnement sur mon compte et les Visa semblaient être acceptées par les deux distributeurs que j’ai essayés. En tout cas le label figurait sur la machine. Se retrouver dans un nouveau pays sans moyen de paiement n’est pas la meilleure manière d’aborder la suite… Je l’avais déjà expérimenté lors d’un voyage professionnel en Malaisie dans lequel ma banque avait bloqué mon compte car j’étais dans un pays « à risque » (vive les excès de zèle de certaines banques qui vous mettent en danger plus qu’elles ne vous protègent…) alors que je leur avais pourtant signalé que j’avais de nombreux voyages professionnels dans toutes les parties du globe. J’ai failli ce jour-là ne pas pouvoir aller à l’hôtel. Heureusement que j’avais un peu d’espèces sur moi en euros que j’ai pu changer. J’ai retenu la leçon pour mon tour du monde en ouvrant un compte dans une banque en ligne en plus de ma banque habituelle et en prenant une nouvelle carte de crédit en cas de problème. Cela m’a été utile deux–trois fois notamment au Brésil où j’ai eu plusieurs fois des problèmes de retrait comme ce tout premier jour à Porto Alegre. La Visa ne passe en fait pas partout et dans certains cas j’ai dû utiliser mon autre carte de paiement, une Mastercard (carte de « dépannage » durant mon périple car mes frais de retrait étaient beaucoup plus importants que sur celle obtenue via ma banque en ligne, Boursorama).

Bref, pour en revenir au premier couac de Porto Alegre, j’ai du coup changé les quelques billets argentins qui me restaient, soit très peu de sous, mais heureusement suffisamment pour prendre un taxi et me rendre à l’auberge de jeunesse que m’avait réservée Ana dans un des quartiers les plus chics et sécurisés de la ville. Il est vrai que la faune qui traînait au terminal de bus ne m’inspirait pas trop, même si nous étions en début de journée et non la nuit. La pauvreté semblait beaucoup plus apparente qu’à Montevideo ou à Buenos Aires. Les contrastes extrêmes entre la pauvreté et la richesse ne sont pas un mythe en Amérique Latine et c’est particulièrement flagrant au Brésil, le summum de mon expérience étant à Rio lorsque j’allais découvrir quelques jours plus tard combien les favelas côtoyaient de très près les quartiers les plus chics. Je me demande parfois comment peuvent perdurer sans explosion le côtoiement de populations avec de telles inégalités.

Après ce petit contretemps de retrait d’argent, j’ai eu la bonne surprise de pouvoir rencontrer Ana dès que je suis arrivée à l’auberge. Je ne savais pas qu’elle allait m’accueillir pour me faire une bise et vérifier que je sois bien installée. Dès les premiers instants de notre première accolade amicale, j’avais l’impression que je la connaissais depuis des années, comme une amie chère à qui l’on peut se confier et sur qui l’on peut compter. On ressent parfois ces choses-là immédiatement, même si c’est peu fréquent, et je me suis rarement trompée sur ce type de « pré » sentiment.

L’auberge (Obah Hostel) était charmante, à la déco très design et colorée.

IMG_7431C’était une toute nouvelle auberge ouverte deux mois auparavant à l’occasion des J.O., Porto Alegre étant une ville dans laquelle se jouaient certains matchs, dont d’ailleurs l’un des matchs français. En dehors de cette récente manne sportive, la ville n’était pas vraiment habituée à accueillir les touristes, j’allais d’ailleurs vite m’en apercevoir. Premier signe : sur deux nuits passées dans l’auberge dans une chambre de 4 personnes, j’ai passé une nuit seule et l’autre nuit avec une autre cliente, étudiante que j’ai à peine entraperçue car elle repartait dès son réveil. Nous étions très peu nombreux. Il m’est arrivé quelquefois fois durant mon périple d’être seule dans un dortoir et c’est assez agréable, avec la tranquillité habituellement procurée par une chambre individuelle bien plus onéreuse.

Après m’être reposée un peu et avant de retrouver Ana qui m’avait donné rendez-vous en milieu d’après-midi, j’ai voulu faire une lessive, tâche qui devenait urgente étant donné le rythme que j’avais eu ces derniers jours, sans possibilité de laver quoi que ce soit : mon stock de vêtements et de sous-vêtements propres s’amenuisait très fortement… Or nous étions encore en hiver et les températures n’étaient pas encore suffisamment clémentes  dans cette partie du Brésil où les saisons sont bien marquées, pour les laver à la main et les faire sécher rapidement.

J’ai donc demandé au manager de l’auberge où je pouvais faire une lessive ou au moins trouver un sèche-linge et j’ai eu là l’une de mes premières surprises culturelles : il m’a expliqué qu’ils n’étaient pas équipés dans l’auberge, que les lessives en général coûtaient très cher au Brésil et m’a proposé pour me dépanner de m’emmener à un pressing.

J’ai accepté mais quand j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un véritable pressing et qu’il faudrait payer le tout à la pièce pour un prix effectivement exorbitant, j’ai laissé tomber. Voulant sincèrement m’aider, le manager a alors appelé le service de lingerie de l’auberge, me proposant de passer par eux, et m’indiquant un prix plus raisonnable (bien que trois à quatre fois plus cher que tous les pays d’Amérique Latine où j’étais passée auparavant) et me garantissant que je récupérerai ma lessive le lendemain soir au plus tard. J’ai accepté en le remerciant vivement et ai bien précisé en donnant mon paquet de lessive que je voulais une lessive normale, pas de nettoyage à sec.

Quand j’ai récupéré la lessive le lendemain soir, la note était carabinée, trois fois plus élevée que le prix annoncé. J’ai alors vu qu’ils avaient fait un nettoyage à sec d’une robe en polyester que j’ai achetée il y a des lustres, trimballée et lavée dans tous mes voyages en machine sans aucun problème, ainsi que d’un pull en alpaga que j’avais effectivement demandé de laver si possible à part à l’eau froide. Cette lessive me revenait plus chère qu’une nuit à l’auberge… j’étais soufflée d’autant plus que ce n’est pas du tout ce qui m’avait été annoncé. Le manager était ennuyé mais se sentait coincé car le service de nettoyage ne voulait rien entendre. J’ai finalement réussi à obtenir une ristourne sur le prix de ma chambre qui compensait le prix du nettoyage à sec… Le manager était plein de bonne volonté et ennuyé par mon mécontentement mais visiblement dépassé par les événements. J’ai apprécié cependant son geste et toute la bonne volonté qu’il a mis à vouloir m’aider. J’ai vu qu’il avait par ailleurs plusieurs soucis d’organisation et de management, avec par exemple du personnel malade non remplacé. La salle de bain commune pourtant nickel le jour de mon arrivée laissait à désirer quand je suis partie deux jours et demi après car personne n’était passé entretemps la nettoyer et ce n’est qu’après avoir signalé cela au manager que j’ai appris que la femme de ménage n’avait pas pu venir ni être remplacée. J’’espère qu’il a réussi depuis à mettre les choses en place et à trouver des solutions adéquates car l’auberge mérite d’avoir du succès par son accueil et son cadre chaleureux.

Outre l’épisode de la lessive, j’ai  essayé à plusieurs reprises de retirer de l’argent dans des distributeurs mais n’y parvenais pas. Ce n’est qu’au bout d’un énième essai que j’y suis parvenue, en repérant le nom de la banque qui acceptait enfin ma visa ! On se rend vite compte avec ce type de détails de l’habitude ou non du pays d’avoir une clientèle de touristes internationaux. J’allais constater par la suite que je rencontrerai finalement très peu de  « backpackers » et essentiellement des personnes en vacances, pour minimum deux semaines et souvent trois ou quatre. Le Brésil est l’un des pays les plus beaux que j’ai visités mais aussi l’un des plus chers. Il faut un minimum de budget pour le parcourir et y loger, et je comprends qu’il ne soit pas toujours inclus dans les parcours des « tourdumondistes » même si c’est dommage tant ce pays est accueillant et recèle de trésors naturels.

Autre signe qui montre que le pays n’est pas encore tout à fait habitué aux touristes : impossible de trouver des shampooings en format de voyage. J’ai parcouru plusieurs magasins, supérettes, pharmacies dans plusieurs villes du pays et n’ai trouvé que des formats standards ou de très grande taille. Enfin, j’ai aussi découvert rapidement qu’il était très compliqué d’acheter une carte SIM locale ou un billet d’avion par internet si l’on ne disposait pas d’une carte nationale d’identité brésilienne, exactement comme cela m’était arrivé en Chine !

Je suis restée au total 6 semaines au Brésil en parcourant une grande partie du pays et j’ai vite réalisé que les bus n’étaient pas le moyen idéal de se déplacer étant donné les distances, leurs fréquents arrêts et les risques de vol élevés. J’ai pris pour ma part le bus entre Porto Alegre et Florianopolis puis entre Florianopolis et Iguaçu mais ensuite j’ai renoncé à faire plus de 20 heures de bus d’affilée et poursuivi tous mes trajets en avion par des vols intérieurs. Je ne vous cache pas que mon budget a complétement explosé (en vol…) mais c’était le prix à payer pour voir toutes les merveilles que je voulais découvrir du Sud au Nord en passant par l’Est, le tout dans un temps limité et tout en préservant au minimum mon sommeil mis à mal dans les bus brésiliens. Car avec 10 arrêts dans un bus de nuit d’au moins 15 heures de route, je ne parvenais pas à dormir et il me fallait souvent une bonne demi-journée de récupération pour pouvoir profiter de l’endroit où j’étais. L’idéal pour mieux gérer son budget est d’acheter un pass aérien brésilien avant de pénétrer dans le pays. Il faut cependant alors planifié les villes où l’on veut aller, les dates et durées des séjours. J’avais considéré cette option alors que j’étais encore à Santiago mais avais finalement opté pour la liberté maximale. Et la liberté a un prix…

Une autre anecdote a marqué mon arrivée brésilienne. Après avoir passé une très belle soirée et dîné avec Ana en faisant plus amplement connaissance, elle m’a dit qu’elle était libre le lendemain pour me faire visiter la ville et qu’elle viendrait me chercher le lendemain matin en voiture.

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Premier apéro et dîner avec Ana

15 minutes à peine après notre départ, nous nous sommes faîtes arrêter par la police pour un contrôle de routine, ce qui est apparemment très fréquent. Je ne parle pas portugais mais j’ai vite compris qu’il y avait un souci. Souci qui s’est confirmé quand on nous a fait descendre du véhicule et qu’on a embarqué devant nous la voiture pour qu’elle soit mise en fourrière.

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Mise en fourrière de la voiture d’Ana devant nos yeux ahuris !

Ana était contrariée et il y avait de quoi : elle devait comme tous les automobilistes renouveler une sorte de vignette/taxe annuelle, vignette qu’elle n’avait pas encore reçue par courrier mais elle disposait d’un reçu prouvant qu’elle avait bien fait le paiement auprès de sa banque et que le document était en voie d’acheminement. Or il manquait apparemment un très faible montant que sa banque avait omis de lui signaler et le gendarme n’a rien voulu entendre. J’ai compris alors que comme en France, il semble y avoir une très forte bureaucratie au Brésil à laquelle on peut difficilement échapper. Cela me fait penser à cette scène incroyable au début du film Frantic avec Harrison Ford qui joue un américain éberlué et excédé devant l’entêtement sévère de policiers français, parfois à la limite du ridicule.

Ana et moi nous sommes donc retrouvées en plein boulevard un peu désemparées. J’ai cependant beaucoup admiré la constance et l’attitude positive d’Anita qui relativisait en disant que ce n’était pas grave même si elle était contrariée vis-à-vis de moi et du programme de visites qu’elle avait prévu. Je lui ai dit que l’essentiel pour moi était vraiment de la voir et de la rencontrer et qu’il n’y avait effectivement rien de dramatique. Ne parvenant pas à trouver à taxi, nous avons finalement marché et pris le bus, ce qui m’a bien plu car j’ai découvert le centre-ville et les moyens de transport locaux, ce que je trouve toujours agréable pour mieux découvrir un endroit, surtout si l’on sait que l’on est en sécurité et accompagné d’un ami local qui vous guide.

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Ana ne pouvait récupérer sa voiture que le lendemain car il lui fallait passer dans trois sites administratifs différents et obtenir différents papiers et preuves de paiement d’amende, avant de pouvoir récupérer son véhicule qui se trouvait dans une fourrière à l’autre bout de la ville.

Nous avons pu faire ensemble la première des trois étapes et récupérer un premier reçu avant d’aller déjeuner. Elle m’a emmenée dans l’une de ses adresses préférées, un restaurant français nommé Suzanne Marie du nom de la grand-mère française qui avait ouvert ce restaurant il y a déjà pas mal d’années. J’ai pu rencontrer les nouvelles propriétaires et « chefs », les deux sœurs petites filles de Suzanne Marie, qui m’ont fait un accueil formidable. Je me suis de plus vraiment régalée. Je ne cherchais pas particulièrement à aller dans des restos français lors de mon voyage et plutôt à tester la cuisine locale mais quand on vous emmène dans un endroit aussi délicieux où vous retrouvez la cuisine de votre pays, c’est un véritable plaisir.

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On se régale chez « Suzanne Marie », un délicieux restaurant français.

Le coût était par ailleurs fort raisonnable avec un système que j’allais découvrir fréquemment au Brésil : un paiement au poids à partir de mets que l’on choisit dans un buffet. On prend ce que l’on veut, à volonté. A chaque passage on fait peser son assiette, et on paye à la fin la note finale en fonction du poids additionné de ses différents passages. C’est assez surprenant pour nous Français mais c’est un système que j’ai finalement souvent apprécié et qui permettait de bien manger pour une somme souvent plus abordable qu’un restaurant classique.

J’ai passé toute la journée avec Ana, y compris le soir chez elle où j’ai eu également le plaisir de faire la connaissance de sa fille de 16 ans et de son mari, tout aussi charmants et accueillants qu’elle. Sa fille était pourtant à la veille d’épreuves équivalentes à notre baccalauréat, en pleine pression ! Cela m’a fait penser à mon petit frère qui a brillamment eu son bac, avec mention, cette année. Le soir Ana m’a de nouveau emmenée dîner, cette fois dans un très bon restaurant italien.

P1260723Il y a pas mal d’immigrés italiens et allemands à Porto Alegre et j’allais découvrir dans quasiment toutes les villes que j’ai visitées que la population brésilienne est l’une de plus « mixée » que j’ai pu voir dans tous les pays que j’ai traversés : tous types de faciès, couleurs de peaux et de cheveux, yeux clairs ou foncés. Un vrai melting pot, ce qui n’était pas pour me déplaire, étant sensible à l’interculturalité !

J’ai beaucoup parlé avec Ana durant ces deux jours passés ensemble, des conversations touchantes, sur nos vies, nos parcours, nos envies et nos espoirs, nos visions du monde et de son pays. Je dois dire que j’ai eu peu de conversations aussi profondes et intimes durant mes 8 mois de voyage car il n’est pas toujours évident de se lier « profondément » avec des personnes que l’on ne croise que quelques jours, quelques heures parfois. Il faut sentir une véritable connexion, une confiance et une envie réciproque d’écoute et / ou de partage. Cela m’est arrivé mais peu souvent et je peux compter ces personnes là sur les doigts d’une main. Ana fait partie de ces personnes qui rayonnent dès qu’on les voit : généreuse, ouverte, aussi belle physiquement que spirituellement. Je le sentais déjà dans nos premiers échanges sur Facebook. J’espère sincèrement pouvoir croiser de nouveau son chemin un jour, au Brésil, en France ou dans un autre pays. Elle m’a par ailleurs donné plein de contacts et de conseils pour la suite de mon séjour au Brésil et m’a orienté pour choisir une auberge à Florianópolis en me conseillant l’un des quartiers les plus agréables, surtout en basse-saison : la lagoa da Conceição.

Anita a fortement marqué mes tous premiers jours au Brésil et je n’ai cessé par la suite d’aimer ce pays, son pays, m’offrant un accueil généreux et chaleureux. J’y suis même restée plus longtemps que prévu tellement cela m’a plu. Et je vous inviterai bientôt à découvrir ma seconde étape brésilienne : Florianópolis surnommée « Floripa ».

 

 

 

 

 

 

Buenos Aires – premiers pas

Premiers pas… Palermo, Retiro, Recoleta

Dates du séjour : du 9 au 10 août 2014

Ayant décidé quelques jours plus tôt que je rejoindrai le Brésil par voie terrestre via l’Argentine, j’ai quitté Mendoza après trois journées agréables et festives entre retrouvailles amicales et dégustations de Malbec, en prenant un bus de nuit direction Buenos Aires. J’ai pu très vite me rendre compte que les bus argentins sont vraiment parmi les meilleurs du monde en terme de confort et de service (cf Liste de mes envies N°11) : bus direct avec quasiment pas d’arrêt (ce qui permet de dormir plus tranquillement et d’arriver plus vite à destination), fauteuil en cuir inclinable à 180 degrés (service « cama »), oreiller et couverture fournis, steward à bord qui sert repas et boissons (y compris apéritif et digestif pour les plus aventureux qui n’auraient pas eu suffisamment leur dose dans les vignobles de Mendoza !), films, rideau individuel permettant de créer une séparation avec son voisin… bref, un service et confort dignes d’une classe business en avion !

J’ai réservé une auberge à Palermo, quartier sûr et agréable qui m’a été recommandé par plusieurs amis qui connaissent bien la capitale argentine. J’ai tout de suite aimé ce quartier à l’ambiance bohème et branchée, qui n’était pas sans me rappeler le quartier bobo des Batignolles à Paris que j’affectionne particulièrement.

Ayant décidé de tracer rapidement vers le Brésil, je ne suis restée que 24h à Buenos Aires mais je savais que j’allais revenir plus longtemps, d’autant que mon billet retour pour la France partait de Buenos Aires le 9 octobre.

J’avais cependant envie de découvrir la ville malgré mon escale vraiment express. J’ai donc englouti un petit déjeuner à l’auberge (j’avais en effet besoin d’un grand café après ma nuit dans le bus certes tout confort mais avec une arrivée à l’aube dans la capitale…), laissé mon gros sac à dos dans une salle réservée à cet effet — la chambre n’étant disponible qu’à partir de 14h — puis je me suis rendue au point de rendez-vous d’un « free walking tour« . Je suis en effet devenue adepte de ce concept découvert à La Paz. Le point de départ était près du Teatro Colón avec ensuite une visite du quartier Retiro jusqu’au cimetière de Ricoleta, pour une balade totale de 2h30 environ. J’ai de nouveau apprécié le concept qui m’a permis de rencontrer des gens de tous pays bien sympathiques, une guide locale pleine d’énergie, des lieux phares de la ville ainsi que des informations historiques sur le pays et sur les porteños, les fiers habitants de Buenos Aires.

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Parmi les sites intéressants se trouve l’immeuble Kavanagh, le premier gratte-ciel du pays. Il a été commandé par Corina Kavanagh, une héritière de 39 ans qui a eu le rêve de construire une tour luxueuse de 120 mètres de haut. La construction est contemporaine du Rockefeller Center à New York. C’était à l’époque une véritable audace architecturale à la fois par sa taille et sa structure en béton armé. La légende raconte qu’il y avait une rivalité entre Corina Kavanagh et Mercedes Castellanos Anchorena, propriétaire de Anchorena Palace (Palacio San Martín actuellement), également situé en face de la Plaza San Martin. Mercedes se serait farouchement opposée au mariage de son fils avec Corina. Par vengeance, Corina aurait dressé le gratte-ciel pour empêcher Mercedes de voir la Basilique qu’elle pouvait auparavant admirer depuis son majestueux palais. J’ai cependant lu sur internet que cette version serait fausse parce que Mercedes est morte en 1920, 14 ans avant le début des travaux…

L'immeuble Kavanagh, premier gratte-ciel en Amérique Latine

L’immeuble Kavanagh, premier gratte-ciel en Amérique Latine

La Basilique juste derrière l'immeuble Kavanagh

La Basilique juste derrière l’immeuble Kavanagh

Quelques découvertes lors de la balade du « free walking tour » :

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Avez-vous remarqué quelque chose de spécial?.... les fenêtres sont en fait un trompe l'oeil !

Avez-vous remarqué quelque chose de spécial?…. les fenêtres sont en fait un trompe l’oeil !

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Ce lieu est un mémorial pour l’ancienne ambassade d’Israël en Argentine : le 17 mars 1992, une bombe a explosé à l’ambassade, faisant 29 morts et 242 blessés.

La visite s’est achevée devant le cimetière de Recoleta, l’un des sites incontournables de la ville, dans le quartier du même nom. Ce cimetière a été inauguré en 1822 et accueille plusieurs personnages emblématiques de l’Histoire Argentine, en particulier Eva Perón, seconde épouse du président Juan Pero, adulée par une grande partie du peuple argentin pour son engagement aux côtés des plus déshérités.

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Tout comme le cimetière général de Santiago qui vaut le détour bien que beaucoup moins célèbre que le Père Lachaise parisien, il se dégage une atmosphère particulière de ces visites, bien plus fascinantes que morbides, et l’on peut difficilement rester insensible à la beauté et à la particularité des mausolées qui forment un véritable labyrinthe. Les caveaux sont parfois magnifiquement sculptés et « chargés » d’histoire. Certains sont laissés à l’abandon et accueillent poussière et toiles d’araignée, une ambiance qui ne déplairait pas à Tim Burton.

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Le caveau qui m’a le plus marqué est celui de Rufina Cambaceres, une jeune femme née en 1883 qui a été enterrée avant ses 19 printemps. Un gardien a découvert quelques jours après la cérémonie que le cercueil était abîmé par de nombreuses marques. La jeune fille souffrait en fait de catalepsie et avait été enterrée vivante, grattant son cercueil de toutes ses forces et mourant ensuite d’asphyxie. La sculpture de cette jeune femme « sortant » du caveau est d’une remarquable beauté, nous laissant pantois et songeurs lorsque l’on apprend cette histoire tragique.

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Après avoir déjeuné et déambulé dans le centre, j’ai rejoint mon auberge, fait mon « check-in » puis j’ai rencontré Alexandra, une charmante colombienne qui vit à Buenos Aires. Alex m’a été présentée via Facebook quelques mois auparavant par mon amie Marion, qui avait sympathisé avec plusieurs étudiants lors de son séjour ERASMUS en Argentine il y a quelques années. J’ai exploré avec Alexandra le quartier animé de Palermo, découvert grâce à elle une place et un bar sympa, puis nous sommes allées dîner dans un restaurant italien délicieux fréquenté par des locaux… aucun touriste à la ronde, tout à fait le genre d’adresse que j’affectionne ! Ensuite nous nous sommes rendues dans un bar alternatif-lieu culturel appelé La Boussole qui avait été ouvert quelques mois auparavant par Dan, l’ancien prof « innovation » d’Alexandra et de Marion. L’endroit et l’accueil étaient fort sympathiques mais la fatigue a eu raison de moi et je me suis rapidement éclipsée pour rejoindre Morphée.

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Le lendemain matin j’ai de nouveau englouti un petit déjeuner, fait mon « check-out », repris toutes mes affaires puis me suis dirigée vers le port à l’autre bout de la ville pour embarquer sur un ferry Buquebus. Après un contrôle d’immigration comparable à un enregistrement d’avion, le ferry m’a emmenée à Colonia de Sacramento en Uruguay après une traversée agréable de 2h15.

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Malgré le peu de temps passé à Buenos Aires, mes premiers pas ont été vraiment concluants : j’ai eu un véritable coup de coeur pour cette ville à l’ambiance très européenne, voire parisienne dans certains quartiers, le tout avec la décontraction et la chaleur latines propres aux habitants d’Amérique du Sud. J’étais au fond de moi très contente d’avoir pris mon billet retour depuis Buenos Aires et savais que j’allais faire de nouvelles découvertes au sein de la capitale argentine d’ici quelques semaines. On ne peut tout de même pas venir à Buenos Aires sans faire quelques pas… de tango et découvrir une Milonga ! C’était mon pacte semi-secret avec la capitale argentine pour ma future visite. En attendant, c’est un nouveau pays qui m’attendait, avec une nouvelle escale express en Uruguay, avant un grand saut au pays de la samba et du forro !

Va, vis et apprends…

…A choisir un bus !

« Live and learn » me dit ma voisine de bus. C’est exactement ça. Et puis c’est mieux que « live and let die ». Elle-même, qui a pourtant apparemment l’habitude de prendre des bus de nuit en Thailande, est surprise et déçue. Elle regrette fortement d’être passée par une agence pour prendre son ticket. Elle m’avait dit avant qu’on ne rentre dans le bus que ce serait tout confort, « VIP » et avec possibilité d’acheter snacks et boissons.

Notre bus semble dater des années 60, va à peu près à la même allure que son année de naissance – ce qui semble plus prudent vu l’état des amortisseurs et les couinements que l’on entend. Et contrairement aux bus de nuits de confort « normal », la clim est capricieuse et ils ne vendent pas de nourriture et de boissons. Cela tombe mal car le sandwich thon avocat, que j’avais commandé cet fin d’après-midi près du marché de Chiang Mai en prévision de mon dîner dans le bus, est en fait un énorme avocat recouvert de mayo au thon qui s’est déversé dans mon sac plastique et embaume le bus. En compétition avec la citronnelle que vient de dégainer une autre passagère. Je pensais par ailleurs acheter de l’eau à la station et je n’ai pas eu le temps, le tuk tuk récupérant les passagers à leur hôtel ayant pris du retard. Nous avons été fortement invités à nous ruer vers le bus dès notre arrivée à la station.

Je sens que les 10 heures de bus vont être une sacrée expérience… Et c’est une estimation optimiste (les 10 heures et la sacrée expérience).
En tout cas, elles m’inspirent : j’écris ce billet sur la fonction Notes de mon smartphone. C’est une première.

En effet, la tablette PC, que j’ai mis deux mois à choisir après moult comparatifs, a de gros bugs. L’un d’eux est qu’elle ne se recharge plus. L’Asus T100 semblait pourtant correspondre idéalement à mes critères de poids, de prix, d’autonomie, port USB et environnement Windows pour gérer mes photos. En fait je n’ai eu que des soucis et ce, peu de temps après les premières semaines d’utilisation mais j’étais déjà en vadrouille. J’ai lu depuis sur des forums que d’autres clients ont les mêmes ennuis que moi. Il doit y avoir des défauts de fabrication. Amazon m’a promis que je pourrais la retourner et serai remboursée en faisant jouer la garantie. Je n’y manquerai pas dès mon retour en France… Bravo d’ailleurs au service client d’Amazon qui a été remarquable en support et réactivité. Ce niveau de service est suffisamment rare en France pour le souligner.

Mais pour en revenir au principal sujet de ce billet :

Leçon nº 1 : 
Ne pas passer par une agence et acheter son billet directement à la station de bus.

Leçon nº 2 : 
Prendre beaucoup de marge si l’on veut acheter des billets de train couchette Chiang Mai-Bangkok. Je m’y suis prise 4 jours à l’avance et c’était déjà complet. D’où le plan B avec le bus. C’est le cas de le dire.

Leçon nº 3 :
Bus thailandeNe pas regarder la route si vous voulez dormir. D’ailleurs, je vais immédiatement fermer le rideau (d’un bleu franc brillant qui ressort superbement sur les fleurs rouges et vertes psychédéliques des sièges).

En fait, je viens de les rouvrir étant donné le bruit que vient de faire l’embrayage. Je voudrais pouvoir enregistrer le son pour vous le faire écouter : un peu comme un disque scratché par un (mauvais) DJ pendant plusieurs secondes. Quant aux sensations, imaginez une balade à dos d’éléphant, ou de dromadaire. Ou encore une balade en bateau par houle moyenne (sans avoir pris de Mercalm).

Est-il normal que nous fassions du 30 à l’heure sur la Nationale et que toutes les autres voitures, les bus et même les scooters nous doublent à grande vitesse ?

Leçon nº4 :
Ne pas trop se poser de questions. Par exemple, ne pas se dire  » la montée était en fait plus apaisante que les descentes où l’on prend certes de la vitesse mais quant est-il de l’état des freins ? Datent-ils eux aussi des années 60 ? »

Leçon nº5 :
Relativiser. Ne pas perdre son sens de l’humour. Se concentrer sur le petit ° des « n° » et se mettre à méditer tout comme ces nombreux moines bouddhistes que j’ai croisés à Chiang Mai.
Je pense, je sais, que je vais en voir d’autres durant mes quelques mois de pérégrinations… Les autres passagers ne semblent pas aussi inquiets que moi, enfin pas tous. Surtout ceux qui ont 19 ans. Mais la jeune femme à ma gauche semble prête à déchirer le rideau bleu flamboyant tellement son poing s’est serré autour de lui. Peut-être devrais-je lui conseiller d’écrire un article pour se détendre ?

Allez, plus que 9 heures de route. Rendez-vous demain matin si vous le voulez bien (Inch Allah).

*   *   *   INTERMEDE SUSPENSE   *   *   *

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5h30 du matin, soit effectivement 9 heures plus tard, nous sommes réveillés par les néons qui se rallument et le cri du chauffeur pour l’arrêt « Bangkok ».

Des chauffeurs de taxis nous alpaguent à la sortie. Aucun ne veut fonctionner avec le compteur (« Meter ») et cela sent l’arnaque à plein nez. Je marche 5 minutes et trouve un « Taxi Meter » un peu plus loin qui me conduit vers Silom où j’ai réservé ma chambre d’hôtel. Petite frayeur en arrivant : la réception semble fermée. Il y a une sonnette et le gardien vient m’ouvrir. Très bonne surprise : ma chambre est prête, et en plus propre et tout à fait correcte pour le tarif. Je vais pouvoir prendre une bonne douche et terminer ma nuit…