Péninsule Valdès – Playa El Doradillo

Comment observer des baleines à 20 mètres de vous, les pieds dans le sable ?…

Date du séjour : 23 septembre 2014

J’en avais pris plein les yeux à Puerto Madryn et Puerto Pyramides, admirant pendant quelques heures des baleines par dizaines qui nous offraient pirouettes, jets d’eau et clins d’oeil à quelques centimètres du bateau. J’ai même eu droit à une maman très sociale qui nous présentait fièrement son rejeton albinos. Je n’étais cependant pas rassasiée et voulais profiter pleinement de mon temps dans la péninsule Valdès pour vivre ces moments exceptionnels à la rencontre de la faune patagonienne. J’avais donc réservé un autre tour avec mon auberge de jeunesse : une demi-journée en direction du sud vers Punta Tombo, à 175 km de Puerto Madryn, pour aller observer la plus grande colonie au monde de manchots de Magellan. L’excursion comprenait aussi l’observation des dauphins de Commerson et un tea time dans la ville galloise de Gaiman.

A ma grande joie, j’ai également réussi in extremis, après avoir contacté plusieurs agences, à caser une sortie très matinale (au soleil levant) dans la zone naturelle protégée de El Doradillo, à 15 km seulement de Puerto Madryn. C’est un très bel endroit avec des plages sauvages protégées et des baleines à quelques mètres seulement de vous alors que vous les observez depuis la plage. Vos yeux scintillent autant que la mer tant vous en prenez plein les mirettes ! C’est une sensation incroyable d’être au bord de l’eau et de pouvoir quasiment toucher les baleines. C’est un sentiment différent de la veille où j’ai pu observer des baleines également de très près depuis un bateau. Sur la plage d’El Doradillo, il y a peu de touristes si vous venez à l’aube. On a l’impression d’être encore plus proche de la nature et l’on se sent émerveillé et privilégié de pouvoir assister à un tel spectacle. Mon bridge Panasonic est malheureusement tombé en rade après la prise de vue de quelques vidéos. Du coup, je me suis rabattue sur mon appareil compact qui m’avait déjà dépannée au tout début de mon séjour en Amérique Latine mais qui avait malheureusement « gobé » un grain de sable à Huacachina au Pérou, faisant apparaître sur toutes mes photos un point noir intrusif.

Alors faîtes abstraction du « point noir » pour regarder ces quelques clichés :

Mais pour vraiment vous rendre compte de ces instants exceptionnels, le mieux est sûrement de découvrir ce qui a été capturé en vidéos :

Ces deux baleines rivalisent de facéties… saviez-vous que les baleines sont contorsionnistes et peuvent jouer du tam tam ? De vraies artistes !

Sourire radieux à l’occasion de ce moment exceptionnel… voyez comme les baleines sont près du bord de l’eau !

Vous n’avez pas bien vu ? Voici une autre vidéo avec deux créatures qui font de l’oeil à la caméra pendant que je leur tourne le dos…

Festival de jets d’eau à gogo sur fond urbain…

Et pour finir, des dorsales et nageoires de compétition… toujours à quelques mètres du bord de l’eau !

Péninsule Valdès – Puerto Madryn et Puerto Pyramides

Au coeur de la maternité des baleines franches australes

Dates du séjour : du 20 au 22 septembre 2014

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L’un de mes plus poignants souvenirs de voyages date de 2007 en Australie, lorsque j’ai assisté ébahie à un véritable ballet « grandeur nature » de baleines à bosses à Hervey Bay près de Fraser Island. C’était tellement extraordinaire qu’une équipe de recherche scientifique est venue rejoindre notre bateau pour faire des films et capturer ces instants magiques dont j’étais le témoin privilégié. Tirant les leçons d’une précédente expérience décevante quelques années auparavant, à Tadoussac au Québec, où je n’avais aperçu des baleines que de très loin depuis un énorme bateau de touristes, j’ai décidé lors de mon périple australien de partir avant même le lever du soleil, dans une petite embarcation, pour maximiser les chances de voir des baleines avant que les gros bateaux de touristes ne débarquent. Je n’oublierai jamais ce que j’ai ressenti lorsque j’ai découvert ces êtres incroyables qui frôlaient le bateau et se dressaient à la verticale tout autour de nous, semblant aussi curieux que nous l’étions.

Flashback août 2007 – Hervey Bay, Australie

Ballet magique des baleines à bosses :

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Alors que je préparais mon « tour du monde » et imaginais ce qui me ferait vibrer, l’un de mes rêves était donc de revoir des baleines. L’Argentine m’offrait cette chance : la péninsule Valdès, située à 1300 km au sud de Buenos Aires, sur la côte Est de l’Argentine, est l’endroit de la planète où l’on peut admirer la plus grande concentration de baleines franches australes, avec un pic de densité d’août à septembre. Ce sanctuaire de faune de plus de 4000 km2, déclaré patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1999, attire des touristes du monde entier. Ils viennent dans cette région de la Patagonie pour observer principalement les baleines, mais aussi des orques, éléphants de mer, lions de mer, dauphins et manchots de Magellan. Les baleines franches australes sont présentes de juin à fin décembre. Les meilleurs moments pour les observer en très grand nombre sont a priori les mois d’août, septembre et octobre.

Les baleines franches australes fuient les eaux glaciales de l’antarctique en juin et se dirigent vers cette presqu’île de la Patagonie argentine car le plancton y est abondant et les conditions climatiques idéales pour leur cycle reproduction. C’est là qu’elles s’accouplent, mettent bas et s’occupent des jeunes baleineaux lors des premiers mois de leur vie.

Elles peuvent atteindre 17 m de longueur et 50 tonnes.

La plupart des voyageurs passent par la ville de Puerto Madryn où ils peuvent se renseigner sur diverses excursions et visiter l’Ecocentro, tout au Sud de la ville. Puerto Madryn a été fondée par les gallois en 1865. Je précise qu’il m’a fallu plus de 18h de bus depuis Buenos Aires pour atteindre Puerto Madryn… mais peux vous confirmer que la qualité des bus argentins est exceptionnelle. Si vous prenez l’option la plus confortable où le siège s’incline entièrement pour se transformer en lit (digne d’une belle classe affaire d’avion !), le trajet se déroule bien malgré sa longueur. L’option appelée « cama » (versus les « semi cama » où le siège ne s’incline pas complètement) offre également des services très agréables tels que des repas et boissons servis à bord, un accès wifi, un choix de films avec écran individuel, des toilettes accessibles dans le bus. Enfin, les arrêts sont peu fréquents ce qui permet de dormir plusieurs heures d’affilée sans être dérangé. Cela n’était pas le cas du bus longue distance que j’ai pris au Brésil entre Florianapolis et Iguazu, celui-ci s’arrêtant toutes les heures avec des transferts incessants de voyageurs. Bref, les bus argentins ne sont pas un mythe (cf envie N°11 de ma Bucket list) : ils sont vraiment d’une grande qualité et ils permettent de faire de très longs trajets à des tarifs raisonnables.

Le dépaysement est total lorsqu’on arrive depuis Buenos Aires à Puerto Madryn, après avoir traversé durant des heures la « pampa » et roulé le long de routes rectilignes presque irréelles. On peut déjà observer quelques baleines depuis le front de mer de Puerto Madryn. La principale attraction lors de mon court séjour à Puerto Madryn était la visite de la frégate « Libertad ». Je suis allée la voir amarrée au ponton mais n’ai pas eu le courage de faire la queue pour la découvrir de plus près. Je préférais consacrer mon temps à la découverte de la faune locale.

Puerto Madryn :

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L’escale de la frégate « Libertad » à Puerto Madryn attirait la foule :

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L’option qui permet le contact le plus proche avec les cétacés est l’excursion en bateau à partir de Puerto Pyramides, village de 600 habitants situé à l’entrée de la Péninsule Valdès. Plusieurs sorties en bateau sont proposées depuis ce très beau site sauvage. Vous pouvez en réserver facilement grâce à plusieurs créneaux dans la journée mais mieux vaut ne pas tarder à bloquer un créneau car les réservations sont vite prises d’assaut. Il y a pas mal de touristes mais également une sensibilité à la protection de la nature avec des règles strictes de respect de l’envionnement et un quota de « visites » étalé sur plusieurs tranches horaires.

Je vous recommande vivement ces excursions qui vous offriront un véritable festival de rencontres avec les baleines si vous êtes dans la bonne saison pour les observer. On en aperçoit régulièrement plusieurs dizaines à la fois. Elles rivalisent de prouesses et de facéties : du saut olympique au fameux souffle et jet d’eau qui leur permettent de respirer, jusqu’aux gracieux mouvements dorsaux, voire même les « salutations » de cette incroyable maman et de son bébé albinos qui frôlent le bateau.

J’ai pris un nombre considérable de photos et de films, enthousiasmée par ces rencontres fascinantes qui se concrétisaient de nouveau, sept ans après mon expérience en Australie. J’en partage avec vous quelques-unes et vous invite à découvrir davantage de films sur ma chaîne YouTube si, comme moi,  vous êtes fasciné(e) par ces animaux.

Puerto Pyramides :

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J’ai tellement aimé revivre l’expérience de l’observation des baleines que j’ai fait deux sorties en bateau dans la même journée. Entre ces deux sorties, j’ai déjeuné dans un restaurant du port qui donnait sur la mer… La magie était omniprésente : imaginez-vous manger de délicieux calamars tout en observant des baleines faire des sauts magnifiques…Visualisez mon film pour voir à quoi cela ressemble :

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Deuxième sortie bateau, avec le soleil couchant qui se reflétait sur l’eau…

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L’un de mes moments les plus forts fut quand ce baleineau albinos passa gracieusement à quelques centimètres de moi :

Egalement des photos « up close and personal » où il est accompagné de sa maman :

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Dans mon prochain billet, vous découvrirez le site de Doradillo, où l’on peut observer des baleines depuis la plage et les voir onduler à quelques mètres de nous ; puis les sites de Punta Tombo où l’on peut observer des phoques, les dauphins de Commerson et les manchots de Magellan… sans oublier de savourer le tea time « à la galloise » dans la ville de Gaiman.

Hasta luego !

Atins – Lençois Maranhenses II

3 jours entourée de sable, lagons, singes malicieux, ibis rouges, libellules et guaravira

Dates du séjour : du 13 au 16 septembre 2014

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Après une première découverte des dunes de Maranhanses près de Barreininhas, une nouvelle escapade m’attendait dans une partie plus sauvage du parc naturel : direction plein Nord à Atins !

Pour arriver à Atins, j’ai fait une balade en « bateau volant » appelé vooadeiras sur le Rio Preguiças, « fleuve paresse »… Le circuit, qui débute de bon matin jusqu’en fin d’après-midi, nous fait traverser la zone protégée des Petits Lençois, bordée de mangrove et de bancs de sable. Nous avons fait un premier arrêt à Vassouras où des singes capucins rivalisent de facéties pour chaparder de quoi manger auprès des nombreux touristes :

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Nous avons poursuivi la navigation vers le Farol/phare de Preguiças qui offre un beau point de vue du haut de ses 160 marches :

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Puis nous nous sommes arrêtés déjeuner à Caburé, une langue de sable coincée entre le fleuve et l’océan Atlantique où les quads détonnent un peu au sein de ce magnifique paysage sauvage :

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En remontant sur le bateau qui nous a amenés à Atins, nous n’étions plus qu’une poignée de visiteurs, laissant derrière nous des centaines de touristes qui avaient fait la balade allez-retour sur le Rio Preguiças depuis Barreirinhas. Je n’étais pas mécontente de retrouver plus de calme et d’authenticité. Je ne m’attendais toutefois pas à ce que tout le village soit entièrement construit sur du sable.  Trois jours à marcher non stop dans du sable, rien de tel pour muscler les mollets ! J’ai été très agréablement surprise par la pousada que l’agence de voyage de Saõ Luis m’avait réservée ; la pousada Irmaõ était bien située, spacieuse et joliment décorée avec de grands bungalows individuels qui comprenaient une ravissante salle de bain en galets et coquillages, un hamac individuel, ainsi que de grand espaces communs pour les repas. J’ai donc savouré ce soir-là la quiétude du lieu en bouquinant et contemplant une jolie libellule rouge depuis mon hamac… Il semble que l’observation des libellules me détende beaucoup depuis ma découverte de cette activité au Vietnam ! 😉

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Le lendemain j’ai eu droit à un moment extrêmement privilégié : la visite privée du parc naturel avec un guide, en fin d’après-midi avec coucher de soleil à la clé puis dîner dans l’un des meilleurs restaurants de crevettes de la région. Je vous laisse « m’accompagner »… quel luxe de vivre un moment pareil entourée de lagons qui scintillent et de dunes qui semblent être vivantes tant le vent les façonne… Cette video vous donnera une meilleure idée de ce que j’ai pu ressentir…

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Le lendemain , outre une pause massage fort agréable dans le village, je suis partie avec un pêcheur à la rencontre des ibis rouges qui semblent aller tous se coucher à la même heure dans une mangrove caressée par les rayons du soleil couchant…

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Je m’étais bien habituée à ces moments privilégiés de quasi solitude mais un invité surprise a fait son entrée… alors que le pêcheur me ramenait tranquillement à Atins, j’ai senti soudain un truc bizarre dans mon dos… il s’agissait d’un grand et long poisson luisant, aux dents acérées, complètement paniqué, qui ressemblait à une anguille… et venait bêtement de sauter dans notre bateau ! Il paraît que ce poisson, le guaravira, n’est pas mauvais du tout… Le pêcheur a donc fait d’une pierre deux coups ce soir là : une balade en bateau avec une touriste et une pêche fortuite !

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Ce séjour à Atins marquait ma dernière visite au Brésil, pays qui m’a enchantée et dans lequel j’espère revenir. Je suis repartie ensuite via divers véhicules (bateau, mini bus, navette) direction Barreirinhas puis Saõ Luis où un vol nocturne m’attendait pour retrouver un pays dans lequel j’étais passée rapidement et que je comptais bien explorer au maximum durant mes trois dernières semaines du périple sud-américain : l’Argentine !

En dernière anecdocte, je vous confierai que le Brésil m’a ravie jusqu’à mes toutes dernières minutes avec une belle rencontre dans la navette m’emmenant à l’aéroport : celle d’un jeune pilote d’avion brésilien qui venait de finir sa saison dans les Lençois Marenhenses. Son job consistait à faire voler les touristes au-dessus des dunes… Nous avons passé quelques heures ensemble à l’aéroport à papoter et partager des photos. Les vues ariennes qu’il m’a montrées étaient sublimes. Ces « draps » de dunes et lagons sont encore plus beaux vus du ciel. Muito legal jusqu’à la fin !

 

 

Recife & Olinda

Pluie, hibernation, artistes et ouistitis

Dates du séjour : du 7 au 10 septembre 2014

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Après un très beau séjour « nature » dans la Chapada Diamentina, j’ai pris une navette de nuit pour arriver aux aurores à l’aéroport de Salvador et enchaîner avec un vol direction Recife. J’avais réservé trois nuits dans la très pittoresque et carnavalesque Pousada Alto Astral située dans la charmante ville d’Olinda, proche voisine de Recife.

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Je n’ai en fait quasiment rien vu de Recife à part les panneaux le long de la plage qui incitaient vivement les téméraires à éviter toute baignade :

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J’ai passé mes trois jours à Olinda… quasiment en hibernation ! J’ai en effet eu droit à quasiment trois jours de pluie non stop et en ai profité pour me consacrer à un projet de video que je voulais réaliser pour la fête d’anniversaire de deux amies à laquelle je ne pouvais pas assister, afin de leur dire que je pensais à elles malgré la distance.

J’ai tout de même pu me balader dans les ruelles colorées d’Olinda, tout en me faisant happer régulièrement par les averses :

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Ah, tiens, un petit rayon de soleil :

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Rayon furtif…

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En arrière plan, on aperçoit les gratte-ciels de Recife :

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Au bout de 48 heures, ne tenant plus en place, j’ai décidé de faire une sortie culturelle et d’aller voir le musée de Francisco Brennand. J’ignorais tout de cet artiste avant que les habitants locaux ne m’en parlent et ne me recommandent cette visite. Francisco Brennand est considéré comme le plus grand sculpteur et céramiste brésilien contemporain. Les oeuvres étaient exposées à la fois en plein air dans un beau parc et en intérieur dans une ancienne usine de céramique.

On m’avait dit que je pourrais m’y rendre en une heure de trajet en transports en commun. Il m’a en fait fallu 2h30 pour me rendre dans ce site isolé situé dans les alentours de Recife, en souffrant de la chaleur, des bouchons et de la pollution, dans des bus bondés qui avançaient à vitesse d’escargot. Je suis arrivée 30 minutes avant la fermeture du musée, me faisant arnaquer en clou final sur les derniers kilomètres du trajet par un chauffeur de taxi, qui m’a fait faire un détour évident pour rallonger la course et le tarif.

A mon humeur froissée par ce trajet stressant, s’est ajoutée ma déception : je n’ai pas vraiment été emballée par le site et les oeuvres dont on m’avait tant parlé… Je n’y étais pas indifférente et certaines me faisaient penser à Gaudi ou Botero que j’apprécie beaucoup, mais j’estimais que cela ne valait pas 2h30 de trajet ! J’ai négocié mon retour avec un autre chauffeur, recommandé cette fois par le personnel du musée qui était sympathique. C’était une sage décision car la nuit tombait et le trafic était toujours dense mais j’ai pu rentrer à la pousada en une heure.

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Malgré cette sortie décevante, je garde deux beaux souvenirs de mon séjour pluvieux à Olinda.

Le premier, ce sont ces singes minuscules et ébouriffés qui se joignaient aux hôtes de la pousada lors du petit déjeuner et venaient déguster des bouts de banane offertes par la maîtresse de maison. Je vous invite à regarder la fin de la video pour vous rendre compte de leur toute petite taille.

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Le second souvenir est un moment à la fois simple et marquant de mon périple en Amérique Latine. Je déambulais un soir dans le village en quête d’un dîner et mon regard est tombé sur un atelier d’artiste dans lequel une pancarte indiquait que des plats du jour pouvaient être servis sur demande. Je suis rentrée et j’ai été accueillie par un petit Monsieur moustachu au regard espiègle qui m’a invitée à m’asseoir sur une grande table, la seule table présente dans la galerie. Il était discret et souriant. J’ai choisi mon plat parmi les 2-3 choix proposés sans que nous échangions beaucoup de paroles mais je me sentais bien, j’aimais l’atmosphère qui se dégageait de cette galerie et avais l’impression d’être dans une maison d’hôte davantage que dans un restaurant. J’étais la seule cliente, entourée de tableaux.

Un de ses amis est arrivé. Il avait une face joviale et une moustache digne d’Astérix. Il m’a demandé s’il pouvait également s’asseoir, vu qu’il n’y avait qu’une seule table, et j’ai bien entendu accepté. Il a commandé une bière. Il était plus volubile que son comparse, que j’ai découvert plus tard être son associé. Le fait que je voyage seule avec un accent étranger déclenchait souvent des questions de la part des personnes que j’ai pu croiser sur ma route. Et c’est ainsi tout naturellement que nous avons commencé la conversation.

Nous avons parlé cependant plus d’une heure je crois, en espagnol. « Astérix » était un ancien ingénieur chimique uruguayien venu s’installer à Olinda au Brésil pour rejoindre son ami qui tenait une galerie de peinture et changer complètement de vie. Certaines rencontres restent ancrées en nous. On peut oublier le fond de la conversation mais retenir toute l’humanité et la bienveillance de l’échange. J’ai senti que c’était un moment unique et leur ai demandé si je pouvais les prendre en photo pour « fixer » ce moment, comme j’aime souvent le faire. J’aime beaucoup cette photo car j’y entraperçois la complicité furtive qui s’était établie entre nous trois, malgré nos âges, nos vies, nos cultures, nos aspirations différentes.

Je n’ai finalement pas vu grand chose de la région de Recife mais n’oublierai pas cette belle rencontre. C’est sûrement cela la magie du voyage. Ce que l’on trouve sur notre chemin, en accueillant ce que nous offre le destin, des moments parfois simples et profonds. Celui-ci a en tout cas fait scintiller Olinda malgré la grisaille.

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Bonito… un lieu qui porte bien son nom !

Un véritable lagon au centre du Brésil

Dates du séjour : du 23 au 25 août 2014

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Je n’avais jamais entendu parler de Bonito avant que mon amie brésilienne Ana, de Porto Alegre, ne me recommande de faire un crochet si j’en avais la possibilité, pour découvrir cet endroit prisé par les touristes brésiliens mais encore très préservé et peu connu de la clientèle internationale… Bref, une aubaine que je ne pouvais pas rater ! Ce lieu fait désormais partie des plus belles surprises de mon « tour du monde »…

Qu’y a-t-il donc de magique à Bonito ?

Imaginez un lagon tropical en pleines « terres » (à 1000 km de l’océan !) au sud du Pantanal, des grottes magnifiques dans un décor de jungle et des rivières d’une transparence exceptionnelle remplies de poissons multicolores…

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Bonito est à 4 heures de route environ de Campo Grande, l’une des principales villes d’accès pour la partie sud du Pantanal. J’avais réservé trois nuits au Bonito Ecological Hostel qui fait partie de la chaîne Hostelling International (HI). Lors de mon arrivée dans la pousada de Santa Clara au coeur du Pantanal, j’avais sympathisé avec un brésilien prénommé Sidney (le champion de la pêche aux piranhas) et avais découvert après quelques minutes de conversation que c’était en fait lui qui avait fait ma réservation au HI de Bonito dans lequel je me rendrais quelques jours après ! Il travaillait là-bas et avait pris un long week-end pour profiter du Pantanal. Il a terminé son séjour à la ferme de Santa Clara un jour avant moi. Je l’ai retrouvé le lendemain soir à l’accueil de l’auberge de Bonito avec la même bonne humeur et gentillesse que durant ses quelques jours de congés.

Le lendemain soir de mon arrivée, j’ai moi-même retrouvé mes autres compères de Santa Clara qui avaient décidé de me rejoindre à Bonito : Francesca et Ursula, les deux amies suisses, et un peu plus tard Tom, le Néerlandais et Toshiyuki, le Japonais.

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Nous trinquons au bar le « Taboa » avec Sidney, Ursula et Francesca pour fêter nos retrouvailles ! Beaucoup de locaux se lèvent pour danser le forro (danse nationale brésilienne) autour des tables. Décidément, j’aime beaucoup l’ambiance et l’atmosphère toujours très chaleureuse et musicale de ce pays. Le village de Bonito est agréable, traversé par une grande rue bordé de restaurants, bars et magasins.

Rio Da Prata

Parmi la trentaine d’excursions « éco-touristiques » disponibles autour de Bonito, je décide de réserver l’une des plus belles d’après les échos des voyageurs : Rio Da Prata. Il s’agit de descendre une rivière sur 4 km en masque et tuba, en petits groupes avec un accompagnateur, afin de préserver cet endroit remarquable. Il est interdit de poser les pieds au sol durant la majorité du parcours ou de mettre une crème solaire, afin de protéger au maximum la qualité de l’eau, de la faune et de la flore. Il est agréable de voir que le site n’est pas soumis au tourisme de masse et que tout est fait pour respecter la nature. Les eaux sont cristallines en raison d’une réaction chimique naturelle liée au calcaire qui dissout le dépôt de particules au fond de la rivière. On peut donc se laisser porter par le courant (globalement doux sauf à un moment avec quelques rapides), avec un masque et un tuba, comme on le ferait dans un lagon tropical.

Les photos ci-dessous, de qualité médiocre (appareil waterproof loué à Bonito), sont peu représentatives de la magie du lieu et des sensations de bien-être et de « flottement » que j’ai pu ressentir durant ces deux heures de parcours nautique. Cette expérience de lâcher-prise fait partie d’un des plus beaux souvenirs de mon voyage. J’étais honnêtement peu rassurée quand j’ai enfilé la combinaison, le masque et le tuba car je ne suis pas très à l’aise sous l’eau et parce que l’on m’avait dit qu’il était possible de croiser, toutefois de manière exceptionnelle, des caïmans ou des anacondas… Mais la bienveillance et l’humour de notre guide et du groupe qui m’accompagnaient et le fait que cela soit très peu profond m’ont permis de me laisser « transp-eau-rtée » par la magie de cet aquarium naturel.

C’est peu profond et cela me va bien !

Les eaux sont d’une transparence exceptionnelle ! Sur la photo ce n’est pas moi mais Ana, une brésilienne rencontrée à l’auberge de Bonito qui m’a gentiment conduit dans ce lieu magique alors que tous les transports des agences étaient complets.

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La fine équipe !

Cette fois-ci, c’est bien moi…

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En plus de cette expérience que je ne suis pas prête d’oublier, le site est magnifique et nous avons pu observer un fourmilier, beaucoup plus gros que je ne l’imaginais, un pivert décoiffé par le vent et un coucher de soleil que je vous laisse admirer…

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Gruta Do Lago Azul

Les deux jours suivants, Tom m’a accompagnée pour visiter la « Gruta Do Lago Azul », une grotte située dans une faille de 80 m de profondeur au fond de laquelle on découvre un petit lac qui prend, par réfraction des rayons solaires venus de la surface, une eau bleu azur…

Le casque de chantier m’a rappelé mon « expédition » au barrage d’Itaipu

Gruta do lago azul – un dénivelé de 80 m pour accéder au lagon !

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Balneario Municipal

Nous avons également loué un vélo pour nous rendre au Rio Formoso, à 7 km de Bonito, dans lequel se trouve le « Balneario Municipal », une piscine naturelle où l’on peut également nager au milieu des poissons.

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Si vous comptez visiter le Pantanal, n’hésitez pas à inclure Bonito dans votre parcours… J’espère vous avoir convaincus avec ce nouvel épisode des aventures Pics and Trips !

Ma prochaine destination sera l’une des villes les plus mythiques de notre planète : Rio de Janeiro !
Et pourtant mes premières impressions n’ont pas été les meilleures, je vous expliquerai pourquoi…

Pantanal

Un sanctuaire naturel incroyable

Dates du séjour : du 20 au 23 août 2014

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Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2000, le Pantanal est la plus grande surface d’eau douce du monde : elle couvre près de 200 000 km2, ce qui est comparable en taille au Royaume-Uni. C’est un lieu unique où l’équilibre fragile n’a été que peu menacé, jusqu’à présent, par la présence de l’homme, contraint par les conditions naturelles à ne pratiquer là qu’un élevage nomade, pratiquement inchangé depuis des siècles. Les fermiers accueillent cependant aujourd’hui de plus en plus les touristes venus se déconnecter et s’engouffrer dans ce sanctuaire où la nature a conservé ses droits.

Cette immense plaine inondable se répartit pour les deux tiers au Brésil, le reste s’étendant au Paraguay et en Bolivie. Le Rio Paraguay inonde toute la région durant la saison des pluies, de novembre à avril. Ce « trop-plein » d‘eau progresse du nord au sud, déposant sur son passage des sédiments qui fertilisent le sol, favorisant le développement d’une végétation nécessaire à la survie de la faune. 95% des terres du Pantanal sont inondables et le niveau de l’eau peut varier de 3 mètres. On passe donc d’un immense marais en fin de saison humide (avril-mai) à une véritable savane à la saison sèche (septembre-octobre).

C’est durant cette dernière période que l’on peut le mieux observer des animaux qui se regroupent près des points d’eau, en particulier le capybara (plus gros rongeur du monde), le tapir, le caïman, la loutre géante, et avec de la chance, le jaguar. Toutefois c’est aux yeux des ornithologues que le Pantanal est un eden : 650 espèces d’oiseaux ont été recensées. On peut admirer entre autres, des aras, des émus et des jabirus. (Source de ces premiers paragraphes: Guide Vert Michelin prêté par des amis voyageurs)

Désirant profiter au maximum de mon séjour au Brésil, j’ai pris la décision de visiter le Pantanal plutôt que l’Amazonie car je voulais découvrir ce qui est considérée comme l’une des dernières régions naturelles de la planète tout en limitant les risques liés à la malaria, présente a priori en Amazonie et non dans le Pantanal, mais aussi parce que c’était plus facile géographiquement, le sud du Pantanal étant accessible en bus depuis Igaçu. J’ai aussi appris qu’il y a souvent plus de chances d’observer les animaux dans le Pantanal qu’en Amazonie, la végétation étant moins dense. J’ai réservé un séjour de 3 nuits-4 jours dans la Pousada Santa Clara, situé au sud du Pantanal près de Campo Grande.

Ma première rencontre avec la faune locale a été de voir, depuis l’arrière du pick-up qui m’emmenait à la pousada avec deux nouvelles comparses suisses, des caïmans qui pointaient leurs narines à la surface des marécages. La route était baignée par la poussière et les rayons du soleil de fin de journée. Dès les premiers instants, j’ai senti que l’on était dans un endroit où la nature a conservé ses droits.

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Ma seconde rencontre de la faune locale fut de découvrir les oiseaux extraordinaires qui volaient juste devant les bungalows de la ferme. Des aras bleus, des perroquets de toutes sortes et de toutes couleurs, et même des toucans que je pouvais apercevoir de bon matin dans le magnifique grand arbre à l’entrée de la ferme. J’avais vu des oiseaux similaires au Parque das Aves à Iguaçu mais ils étaient dans des cages. Ici, ils virevoltaient à quelque mètres de moi en toute liberté.

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Ma troisième rencontre de la faune brésilienne fut quasi-invisible et beaucoup moins féérique. J’avais découvert en partant d’Iguaçu un petit point brun dans l’un de mes orteils. Je pensais que c’était une écharde et ne m’inquiétais pas trop car elle ne me faisait pas mal contrairement à celle qui s’était malencontreusement insérée sous mon pied dans un temple de Bagan en Birmanie… Alors que j’arrivais à Santa Clara, j’ai remarqué que le petit point gonflait et cela me démangeait fortement et de plus en plus. J’ai demandé à un guide local s’il pouvait me confirmer que c’était une écharde et me l’ôter. Il m’a alors expliqué que c’était en fait la larve d’un ver que j’avais dû attraper à Iguaçu et qu’il fallait la retirer avec beaucoup de soin pour l’enlever entièrement afin que le parasite ne se propage pas dans mon pied car sinon il y aurait de plus en plus d’oeufs… Bref, un scénario peu réjouissant et alien-ant ! La nuit tombant et la lumière étant faible, il a fallu attendre le lendemain matin pour retirer l’alien… Entre les gros insectes qui pullulaient lors du dîner et ce nouveau parasite dans mon corps (sachant que j’avais été hospitalisée en urgence au Pérou trois mois plus tôt à cause d’une amibe), je n’ai pas passé la meilleure nuit de mon séjour ! Heureusement qu’il y avait deux anglaises sympas dans le dortoir où je logeais et qui étaient aussi paranos que moi avec les moustiques et bestioles nocturnes. Elles ont pris le plus grand soin pour barricader le dortoir et éviter toute aération qui aurait permis à des « intrus » de nous tenir compagnie durant la nuit. Elles ont même posé la poubelle de la salle de bain sur le trou d’évacuation de la douche pour éviter que le crapaud qui leur avait apparemment rendu visite la veille ne s’invite de nouveau à la fête !

Dès le lendemain matin, Pedro, le guide local qui marchait tout le temps pieds nus (y compris dans la jungle et les marécages), a réussi à retirer l’œuf du parasite sans trop de problème et la première activité proposée par la pousada m’a changé les idées : direction la pêche aux piranhas !

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Nous nous sommes dirigés à 15 minutes à pied de la pousada vers un cours d’eau devant lequel était situé un camping avec quelques tentes, un bâtiment principal dans lequel étaient tendus des hamacs et un petit bar. C’était le camping de la pousada. A ce moment-là je me suis dit que j’avais bien fait d’opter pour l’option du dortoir de la ferme et non pour les tentes qui se trouvaient à 3 mètres de la berge : elle grouillait de caïmans…

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Pedro nous a fait une démonstration en mettant des petits bouts de viande autour des hameçons et en nous montrant comment insérer la canne à pêche et la retirer d’un petit coup sec lorsque cela mordait. En deux heures de pêche j’ai dû utiliser des dizaines d’appâts… en fait cela mordait tout le temps et du coup c’était drôle et divertissant. Je n’ai réussi à retirer de l’eau qu’un seul piranha mais je pense que des dizaines se sont délectés de mes appâts ! En plus d’être voraces, ces poissons à la dentition légendaire semblent être très habiles car peu d’entre nous ont réussi à les sortir de l’eau. Pedro et un autre compère brésilien, Sidney, étaient bien plus doués que nous et en ont pêché bien davantage ! Du coup nous avons même pu les déguster lors du repas de midi. Il y avait très peu de chair mais c’était très bon.

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Durant les autres jours, j’ai pu profiter des autres activités organisées par la pousada :

  • des balades dans la jungle pour observer les animaux, parfois avec de l’eau jusqu’aux cuisses, pieds nus dans la vase… nous avons vu notamment des singes, des tapirs, des coatis, des émus, des veaux et buffles, des faucons, des piverts (identifiables au bruit de leurs becs qui tapaient frénétiquement sur les troncs), et d’autres oiseaux incroyables dont le fameux tuiuiù au col rouge et aux 2,8 m d’envergure, symbole du PantanalP1270884 P1270886 P1270888

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  • un safari de nuit avec un beau coucher de soleil et honnêtement peu d’animaux observés étant donné le bruit du moteur, à part une famille de capybaras (le plus gros rongeur du monde) qui a surgi dans les phares de la jeep et deux migales repérées en pleine nuit par le guide juste avec l’aide d’une grosse lampe torche (c’était assez impressionnant)
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  • une balade en bateau dans une grande barque où l’on navigue un bon moment sans moteur et l’on peut savourer le calme, la beauté du paysage et observer encore plus d ‘animaux que dans la jungle (cette balade en bateau a été de très loin mon activité préférée !) : toujours de nombreux caïmans, iguanes, singes, oiseaux à gogo (martins-pêcheurs, jibairu, tuiuiu, aras…), loutres et les empreintes fraîches (de quelques heures) d’une maman puma et de son petit que nous n’avons pas eu la chance de voir, il faut dire que c’est tout de même rare !

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Outre ces rencontres animales extraordinaires, des paysages bruts et sauvages émouvants, et une déconnexion totale à internet qui permettait de savourer complètement cet espace naturel unique, c’est aussi la rencontre avec de nouveaux compagnons qui me laissera un très beau souvenir : Pedro, le guide très attaché à sa région, qui marchait pieds nus sans craindre ni les fourmis vénéneuses ni les anacondas ; Sidney, un brésilien qui était en vacances et travaille dans une auberge de jeunesse de Bonito que j’avais pré-réservée juste après le Pantanal (le plus drôle étant que c’est justement Sidney qui avait enregistré ma réservation et que l’on a donc fait connaissance totalement par hasard quelques jours avant ma visite à Bonito !) ; Ursula et Francesca, deux Suisses rigolotes ; Tom, un ancien manager marketing néerlandais qui s’est reconverti et a monté une entreprise de fitness et bien-être ; et Toshiyuki, un japonais auteur-rédacteur qui vit de façon nomade et édite des textes aux quatre coins du monde. J’ai même eu droit à mes premiers pas de sambas à quelques mètres des caïmans, dans le petit bar du camping où nous étions aller prendre une capirinha ! Je pense que les caïmans doivent se souvenir du spectacle !

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Les compagnons dont je me serais bien passer en revanche étaient les moustiques qui m’ont dévorée malgré la tonne de répulsif que j’avais mis, le pantalon long, les chaussettes et chaussures fermées, le chèche, la chemise à manche longue boutonnée jusqu’au cou… Pendant les 2 balades que j’ai faites dans la jungle je voyais fréquemment plusieurs moustiques sur mes mains… il est vrai que je n’avais pas prévu de prendre des gants ! Nous ne sommes pas tous égaux : plusieurs compagnons de route se sont baladés en débardeurs et shorts sans se faire piquer… Le Brésil restera de manière générale le pays où je me  suis faite le plus attaquer par les moustiques, plus qu’en Asie en fait. Mais cela n’empêche pas le véritable coup de cœur que j’ai eu pour ce pays. Je vous le ferai découvrir encore davantage dans de prochains articles car j’ai encore plusieurs semaines de voyages à vous raconter…

Une autre région naturelle magnifique m’attendait après le Pantanal : Bonito et ses rivières d’une très grande pureté qui permet de nager au milieu de multiples poissons dans une eau transparente comme si l’on était en plein Caraïbes… Cette nouvelle aventure allait se révéler d’autant plus sympathique que j’allais retrouver à Bonito tous les nouveaux compagnons mentionnés ci-dessus (y compris les moustiques !).

Le barrage d’Itaipu

Merveille du Monde Moderne ou Monstre du Progrès ?

Date du séjour : 19 août 2014

Avant de me rendre dans le Pantanal via un bus de nuit direction Campo Grande, il me restait quasiment une journée entière à Foz de Iguaçu. Mes nouveaux compères Alice, Lulu et Hugo, rencontrés la veille lors de ma visite des chutes d’Iguazu côté argentin, m’ont proposé de venir avec eux découvrir le barrage d’Itaipu.

Etant considéré  comme une prouesse technologique mondiale (et la piscine de la pousada étant en travaux depuis le matin…), je me suis dit que cela valait effectivement le coup de m’y rendre. Nous avons réservé notre visite — car on ne peut y aller que sur réservation — et avons pris un bus local.

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Les trois drôles de dames : Marie, Lulu et Alice… (Charlie prend la photo).

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Au premier plan : Hugo, Alice et Lulu – mes sympathiques compagnons de visite à Iguaçu et Itaipu

J’étais d’humeur bougonne ce jour-là (peut-être dû au trop court sommeil matinal perturbé par le bruit des travaux ?) et frustrée que la visite soit en portugais durant deux heures où je ne captais que 5% des explications alors que cela semblait très intéressant. A ma demande de traduire quelques éléments en anglais comme cela m’avait été annoncé lors de la réservation, le guide a répliqué que comme je comprenais l’espagnol, je devais comprendre déjà l’essentiel en portugais (ce qui est faux étant donné le fossé important dans la prononciation de ces deux langues) et qu’il n’allait pas traduire ses explications seulement pour moi… De quoi me mettre d’encore meilleure humeur ! Heureusement qu’Alice m’a aidée à retrouver le sourire et surtout mon sens de l’humour en prenant des poses glamour devant les machines. Avec nos habits de chantier, l’effet était garanti !

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Comme je ne m’arrête pas à de bêtes obstacles de langue ou à des sauts d’humeur, je partage avec vous ce que j’ai appris via Wikipedia, car ce barrage est tout de même unique au monde !

La centrale hydroélectrique d’Itaipu est située sur le rio Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. Elle a été construite par les deux pays entre 1975 et 1982. La centrale est aujourd’hui la seconde au monde en puissance installée et reste la première en quantité cumulée d’énergie produite.

On se rend en effet compte de la prouesse technologique du site lorsqu’on le visite. Tout est démesuré et impressionnant.

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Itaipu signifie « la pierre qui chante » en guarani et fait référence à la petite île située sur le fleuve avant les travaux. La « pierre qui chante » est en fait un gigantesque bloc de béton assez hideux qui a engendré le déplacement de 10 000 familles, détruit une partie de la faune et de la flore et inondé la cascade des Sept Chutes, qui étaient alors les plus grandes chutes du monde par leur volume et l’une des plus fascinantes formations naturelles de la planète.

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Après la fermeture des écluses du barrage, une surface de presque 1 500 km2 de forêts et terres agricoles fut engloutie. Les promoteurs du projet mettent toutefois en avant l’opération Mymba Kuera qui permit à des volontaires de sauver 4 500 animaux (singes, porcs-épics, lézards, araignées, tortues…) amenés dans une région voisine à l’abri de l’eau.

Pourtant le barrage d’Itaipu est selon l’American Society of Civil Engineers (Association américaine des ingénieurs en génie civil) l’une des sept merveilles du monde moderne.

Lorsqu’on découvre la rétrospective en images de la construction de cet immense barrage, il y a de quoi en effet être impressionné :

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Avant : Et au milieu coule une rivière…

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1975 : Début des travaux

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1978: Démolition des arches en béton dans le canal de diversion

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1979 : Dérivation de la rivière et batardeaux dans le lit original de la rivière

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1982 : Fosse pour la première unité de production

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« I got the blues at Itaipu » (variante : Itaipu by night)

Et si vous n’êtes toujours pas impressionné, voici quelques chiffres clés :

  • Le cours du septième plus grand fleuve du monde a été déplacé, ainsi que l’ont été 50 millions de tonnes de terre et de roche.
  • Le béton utilisé pour la construction du barrage aurait permis de réaliser 210 stades Maracanã.
  • Le fer et l’acier utilisés dans cette construction auraient permis de réaliser 380 Tours Eiffel.
  • Le volume de terre et de roche extrait pour la construction du barrage est 8,5 fois plus important que celui extrait lors de la construction du tunnel sous la Manche ; 15 fois plus de béton a également été utilisé.
  • Environ 40 000 personnes ont travaillé à la construction.
  • 148 ouvriers travaillant sur le chantier sont morts durant les travaux : 144 directement sur le chantier et quatre en se rendant à leur lieu de travail
  • La longueur totale du barrage est de 7 235 m. Son point le plus haut culmine à 225 m.
  • Le lac de retenue a une superficie de 1 350 km2, allant de Foz de Iguaçu au Brésil à Ciudad del Este au Paraguay, jusqu’à Guaíra et Salto del Guairá 150 km au nord.
  • Le débit maximum des 14 canaux de décharge est de 62 200 mètres cubes par seconde, ce qui correspond à 40 fois le débit des Chutes d’Iguazú.
  • Le débit nécessaire à deux unités génératrices (700 m3/s chacune) correspond au débit moyen de ces chutes.
  • Le barrage fait économiser au Brésil 434 000 barils (69 000 m3) de pétrole par jour.
  • Le réservoir du barrage est le septième plus grand en taille du Brésil, mais il est celui qui a le meilleur ratio entre la quantité d’électricité produiteet la surface inondée. Pour une puissance de 14 000 MW, 1 350 km2 ont été inondés. Le second plus puissant barrage du Brésil, « Tucurui », a requis l’inondation de 2 430 km2 pour produire 8 000 MW.
  • Le premier turbo-alternateur est entré en service en mai 1984 ; le dix-huitième, le 9 avril 1991. Deux nouveaux groupes ont été mis en service en 2006 portant la puissance totale installée à 14 000 MW.
  • Les vingt groupes de 700 MW sous une hauteur de chute nominale de 118 m, produisent annuellement plus de 90 térawatt-heures (TWh). 90% de la production dela centrale est consommée au Brésil.
  • En 2008, la centrale a établi un record de production de 94,68 TWh, subvenant alors à 90 % de la demande d’électricité paraguayenne et à 19 % de la consommation brésilienne…

Source: Wikipedia

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Alors, merveille ou monstre du progrès ?

Comme souvent, je pense que la réponse n’est pas binaire et qu’il y a du vrai dans les deux points de vue mais qu’il est tout de même triste et questionnable de devoir détruire des sites naturels aussi extraordinaires pour subvenir aux besoins énergétiques de la population humaine.

Une chose est sûre, j’ai préféré les papillons au béton et la visite des chutes d’Iguaçu à celle du barrage d’Itaipu…

D’ailleurs ma prochaine étape va m’emmener dans l’un des plus beaux sites sauvages de la planète. La nature, la faune et la flore y sont remarquablement préservés.

Embarquez prochainement avec PicsandTrips pour découvrir le Pantanal !