Barreirinhas – Lençois Maranhenses

Mirage brésilien… 

Dates du séjour : du 11 au 13 septembre 2014

Imaginez un immense désert de dunes parsemées de lagons turquoises… Un mirage me direz-vous !

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En mai 2014, lors d’une escale en France entre mon périple asiatique et celui de l’Amérique du Sud, je suis tombée sur le magazine National Geographic dont la couverture titrait « Spécial Brésil ». Plongeant dans les lagons qui se trouvaient sur la couverture du magazine, je me suis faite happer par une dizaine de pages présentant les incroyables « draps de Maranhenses », nom brésilien donné à cet écosystème unique au monde où un immense désert de dunes se voit chaque année arroser par des litres de pluie, offrant un paysage extraordinaire et unique au monde. J’ai refermé le magazine et souri : je venais de décider sur le champ que je m’y rendrai.  Cela n’avait pas l’air simple d’accès mais tudo é possível, surtout lorsqu’on a la chance d’avoir quatre mois devant soi.

Quatre mois plus tard, je me retrouvais donc à l’aéroport de São Luis, le plus proche du parc naturel de Lençois Maranhenses. Je n’ai fait qu’une courte escale dans cette ville coloniale, capitale de l’état du Maranhão… et des adeptes du reggae ! São Luis est par ailleurs la seule capitale d’État du Brésil qui n’a pas été fondée par les Portugais et dont le nom est d’origine française (« Saint-Louis de Maragnan »). Je garde le souvenir de beaux azulejos, de jolies ruelles pavées, de quartiers dans lesquels il ne fallait pas s’aventurer seule (comme dans pas mal de grandes villes brésiliennes), de restaurants en plein air animés par des groupes de musique tonitruants, et aussi de l’agence de voyage Terra Nordeste, créée par un français.

J’ai fait appel à cette agence pour organiser mon circuit dans les Lençois Maranhenses. Je m’y suis initialement rendue pour prendre des renseignements mais le professionnalisme, l’accueil et le tarif attractif proposé par l’un des agents m’ont convaincue de me laisser entièrement guider. J’avoue que j’appréhendais l’expérience : cela faisait désormais sept mois que je voyageais de manière totalement indépendante et je redoutais de me retrouver dans des groupes de touristes comme cela l’avait été dans le triangle d’or… L’agent m’a promis que je serai dans de petits groupes, des pousadas accueillantes et confortables et mon programme incluait même une sortie en tête à tête avec un guide en fin de journée au coucher de soleil. Je n’ai pas été déçue et ai même apprécié de ne pas avoir à réfléchir à l’endroit où j’allais dormir, aux horaires de navettes et bus, aux transferts entre les sites, aux options touristiques qui s’offraient à moi. Je me suis donc laisser porter et me suis glissée dans de bien beaux draps…

Barreirinhas est la principale porte d’entrée du parc national brésilien Lençois Maranhenses. Il faut compter environ 4 heures 30 de trajet en bus pour faire São Luis – Barreirinhas.

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Découverte de Barreirinhas… première dune !

J’ai découvert le parc et l’étendue de ses dunes somptueuses lors d’une première excursion en 4×4. Le trajet était assez chaotique avec parfois des traversées avec l’aide de « bacs » pour passer des cours d’eau.

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Les jeeps nous ont laissés au pied d’une pente particulièrement raide, avec une montée qui me rappelait celle de la dune du Pyla… Le chemin était cependant entouré d’arbustes et ce n’est qu’une fois arrivée en haut que j’ai pu me rendre compte du paysage somptueux qui nous surplombait.

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Pour le reste du récit, je vous laisse m’accompagner à travers ces photos et imaginer fouler un sable infiniment doux, tiède, aux reflets ivoires et mordorés, changeant selon l’humeur du soleil, puis vous prélasser dans des lagunes transparentes, n’entendant que le souffle du vent et les conversations de quelques touristes qui vous accompagnent… des draps qui vous transportent dans un rêve fabuleux et pourtant bien réel ! P1300618 P1300620 P1300626 P1300629 P1300633 P1300634 P1300650 P1300654 P1300656 P1300657 P1300662 P1300669 P1300670 P1300673 P1300675 P1300678 P1300679 P1300682 P1300683 P1300685 P1300689 P1300692 P1300694 P1300698 P1300699 P1300705 P1300706 P1300707 P1300709 P1300727 P1300729 P1300733 P1300737 P1300738 P1300742 P1300744 P1300746 P1300747 P1300748 P1300750b

Rentrée à Barreirinhas, j’ai fini cette incroyable journée dans un restaurant au bord de la rivière avec des enfants qui répétaient un spectacle et m’ont offert un mini carnaval de Rio !P1300756 P1300758

Le rêve ne s’est pourtant pas arrêté là… le lendemain je partais en bateau pour le village de pêcheurs d’Atins, beaucoup moins touristique, un lieu qui restera l’un de mes plus beaux moments de détente dans cette incroyable découverte du Brésil… Etes-vous prêts à replonger dans les draps de Maranhenses et à faire de beaux rêves éveillés ? A suivre dans le prochain article de Pics and Trips !

 

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Chapada Diamentina, natureza lindissima !

Cascades, ruisseaux, roches multicolores, grottes et plateaux comme joyaux

Dates du séjour : du 4 au 6 septembre 2014

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A la poursuite du diamant vert…

Chapada Diamentina, encore un nom plein de rythmes, de mystères, de promesses…

« La Chapada Diamantina tire son nom de la forme des morros, ces montagnes aux contours circulaires qui forment comme des plaques (« chapa » en brésilien) en leurs sommets. Elle fait aussi référence aux diamants, principale ressource économique des garimpeiros, ces chercheurs – d’or à la base – qui ont jadis considérablement défiguré les montagnes à coups d’explosifs. Depuis 1996, cette méthode d’extraction du diamant est interdite (70 % des ressources en diamants sont encore sous la roche, inaccessibles) et les descendants des garimpeirosse sont reconvertis en guides touristiques. » (source : lemonde.fr – 23.10. 2013)

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Car le nouveau diamant de la région est bel et bien « vert » : bien qu’initialement connue pour ses mines de diamants, la région jouit en effet d’une nature exceptionnelle. Elle a pour joyaux ses 300 chutes d’eau, ses paysages préservés et variés, ses canyons parés de cascades d’eau pure, ses rivières cristallines où se reflètent des pierres multicolores, ses formations géologiques extraordinaires, ses grottes préhistoriques fascinantes parsemées de lagons turquoises…

Des rivières cristallines parées de roches multicolores

Des rivières cristallines parées de roches multicolores

A 400 km à l’ouest de Salvador de Bahia, l’ancienne région diamantifère attire aujourd’hui des milliers d’amateurs de randonnées et amoureux de la nature.

La région s’étend sur près de 38 000 km2, le parc national de la Chapada Diamantina couvrant 1 520 km2. L’Etat a déclaré la région parc national dans les années 1990, interdisant toute extraction de diamant et protégeant ainsi la nature. Cette oasis est nichée au coeur de la Dry Sertao, immense zone du Nordeste au climat semi-aride.

Trois bus partent quotidiennement de Salvador direction Lençois, une ville de 10 000 habitants qui constitue la porte d’entrée idéale de la Chapada Diamantina. J’ai pris le bus de nuit qui part à 23h00 et arrive vers 5h00 du matin pour optimiser le temps de trajet et le budget (= une nuit d’hébergement en moins, les baroudeurs utilisent souvent cette option…). Une personne de la pousada que j’avais réservée est venue me chercher sur le parking du bus, ce qui était rassurant à cette heure-là dans un village inconnu.

A mon arrivée dans l’auberge qui se trouvait en haut du village, on m’a offert un hamac pour me reposer et j’ai obtenu une chambre très tôt le matin sans avoir eu à payer un jour supplémentaire ce qui était très appréciable. La chambre était charmante et confortable, avec un balcon et une salle de bain privée. Je me suis allongée quelques heures le matin pour récupérer de ma courte nuit dans le bus frigorifié… heureusement on m’avait prévenue que la climatisation est très forte et je m’étais bien couverte ! Le petit déjeuner n’était pas mal du tout et servi sur des grandes tables en bois dans le jardin. Je recommande cette auberge accueillante qui offre par ailleurs des excursions: Pousada Dos Duendes.

Le village de Lençois :

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Serrano/Ribeirão do Meio : thalasso 100% nature !

Les excursions étant déjà complètes ce jour-là et n’ayant rien réservé au préalable, j’ai décidé de faire une balade facile l’après-midi, au Serrano, à la sortie du village, accompagnée d’un guide local. J’ai pu ainsi expérimenter une séance de « thalasso » en pleine nature sous les jets puissants des belles cascades du rio Lençois et dans les « jacuzzis » des merveilleuses pentes rocheuses du Ribeirão do Meio, l’une des rivières argileuses !

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Le guide m’a montré que l’argile est une fantastique peinture naturelle et j’ai ainsi arboré un nouveau maquillage pour empourprer mes joues… et profiter d’un super masque naturel plein d’oligo-éléments qui n’était pas sans me rappeler le Thanaka de Birmanie !

Découvrez la démo du guide dans cette video ainsi que l’écrin naturel de cette rivière qui se faufile entre de grands rochers roses (la couleur était beaucoup plus vive dans la réalité que sur cette video) :

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Grottes et plateaux

Le lendemain, cap au nord pour un circuit au départ de Lençois, accompagné d’un guide local et de deux vétérinaires brésiliennes originaires de São Paulo qui travaillent pour la santé publique et la prévention des maladies tropicales conjointement avec des médecins.

Au programme de cette journée :

  • Poço do Diabo
  • Morre do Pai Inácio
  • Gruta da Pratinha
  • Gruta Azul
  • Gruta Lapa Doce

Le temps étant capricieux et pluvieux, le guide décide d’inverser l’ordre des visites et de commencer par la grotte de Lapa Doce. Après avoir fait quelques pas dans un chemin digne d’un conte fantastique, au sol ocre rouge parsemé d’arbustes squelettiques, nous entr’apercevons les excavations extravagantes de la grotte qui ressemblent à un château ou une cathédrale encore plus irréelle que le chemin. Avec 35 m de haut et 90 de large, elle se traverse en 20 minutes de marche environ… à la lampe torche !

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Etant parfois claustrophobe, j’avoue avoir hésité à tenter l’expérience. Mais une nouvelle fois, la bienveillance des personnes qui m’accompagnaient et la prise de conscience de vivre une expérience unique que je ne revivrais sûrement jamais, m’ont décidée à franchir le pas.

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Outre les incroyables sculptures naturelles façonnées durant des millions d’années et le plaisir de découvrir une grotte de cette envergure non « emménagée » pour des centaines de touristes (aucun éclairage à part nos lampes torches qui passaient furtivement sur des concrétions aux formes étonnantes), je n’oublierai pas l’expérience proposée par le guide : tout éteindre pendant une minute et « savourer le silence ». C’est peut-être la seule fois de ma vie où je me suis retrouvée dans un noir total et silence intégral. C’était une sensation très forte, apaisante, presque primitive…

Des stalactites et des stalagmites aux formes étonnantes :

Rasta-lagmites !

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Dingo :

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« Médusée » par les stalagmites…

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La grotte Pratinha, que nous rejoignons un peu plus tard, abrite un lac aux eaux en principe turquoises mais malheureusement non lumineuses en ce jour gris. Nous laissons tomber l’option baignade et nous rendons directement à la Gruta Azul qui se trouve tout près. L’eau est limpide, d’un bleu « piscine » et nous pouvons apercevoir de nombreux petits poissons à l’œil nu.

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Nous poursuivons nos découvertes par l’ascension du plateau Morre do Pai Inácio. Le paysage superbe avec des plateaux parsemés de verdure, telles les marches d’un escalier pour géants, me fait encore plus comprendre pourquoi cette région est prisée des amateurs de treks. Il paraît qu’il existe des randonnées fantastiques de 3 à 4 jours au cœur de ce parc naturel.

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Nous terminons enfin la journée par une nouvelle balade qui nous emmène au Poço do Diabo, la piscine du diable… Sur le site planent de nombreuses légendes de sacrifices ou accidents humains. Cette fois, nous nous laissons tentés par une baignade rafraîchissante au pied des chutes, même si l’eau est cette fois beaucoup plus sombre en raison des oligo-éléments qui la colorent ainsi.

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Cachoeira do Sossego

Pour mon dernier jour au pays des diamants, je rejoins une excursion proposée par ma pousada pour découvrir les chutes de Sossego. Le soleil est de la partie aujourd’hui. Après une heure de rando dans la forêt, c’est une nouvelle heure de marche et escalade sur des rochers qui nous attend. Je ne m’attendais pas à cela… Je n’aime pas marcher sur les rochers, ce n’est pas du tout ma tasse de thé ! Mais encore une fois, la magie du voyage opère et je me laisse entraîner par mes nouveaux compagnons de route qui m’encouragent. La découverte de la belle cascade de Sossego mais peut-être plus encore, celle des incroyables formations géologiques tout au long du chemin m’ont beaucoup marquée et resteront un beau souvenir, empreint de nature à l’état brut mais aussi de dépassement de soi, un sentiment qui s’ancre de plus en plus positivement et fortement au cours de mon long périple. Toutes ces petites victoires face à mes phobies sont finalement ma rivière de diamants…

Je n’oublierai pas non plus la grande décontraction d’une de mes compagnes de rando ce jour-là, brésilienne de Rio qui a décidé de ne pas remette son short lors du trajet retour et s’est baladée en string les fesses en l’air de rocher en rocher ! Ah les mythes brésiliens…

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Un magnifique petit oiseau bleu, le Saira Azul... très vif et très difficile à photographier !

Un magnifique petit oiseau bleu, le Saira Azul… très vif et très difficile à photographier !

Après cette belle journée et avant de reprendre le bus de nuit, je me laisse bercer à mon retour par le charme du village de Lençois avec ses maisons colorées, ses enfants rieurs, ses ruelles pavées et ses nombreux restaurants en plein air.

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