Glacier Perito Moreno et Lago Argentino

50 nuances de bleu

Date du séjour : 26 septembre 2014

J’ai découvert le Perito Moreno dans un bureau du 8ème arrondissement de Paris sur l’écran de ma voisine de travail, Stéphanie, depuis devenue amie. Elle revenait d’un an passé en Amérique Latine et me montrait plusieurs photos de son périple, toutes plus dépaysantes et attrayantes les unes que les autres. Parmi ces clichés, plusieurs m’ont néanmoins tout particulièrement marquée pour leur incroyable beauté naturelle et sauvage, presque irréelle : le Salar d’Uyuni en Bolivie et le Perito Moreno, glacier situé en Patagonie argentine à 2000 km à vol d’oiseau de Buenos Aires et environ 70 km de la ville d’El Calafate.

J’ignorais à ce moment-là que j’aurai un jour la chance de découvrir ces endroits magiques mais une chose était sûre, au moment où Stéphanie a partagé avec moi ses récits et photos de voyages, des papillons m’ont traversé l’estomac. Ces papillons se sont réveillés quelques années après et ils étaient ensuite présents chaque jour de mon périple lors de mes 8 mois en Asie et en Amérique Latine. Si vous aussi vous les ressentez (que ce soit pour un rêve de voyage, de nouveau projet, de changement de vie), écoutez-les et suivez-les…

Afin de me « rafraîchir » la mémoire sur les données scientifiques de cet immense glacier, voici quelques informations issues du site www.peritomoreno.fr :

Situé au cœur du Parc National Los Glaciares, le Perito Moreno fait environ 30 km de long sur 5 km de large et termine sa vie dans le lac Argentino. Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, ce magnifique Parc National protège les majestueux sommets de la Cordillère des Andes, de nombreux lacs, ainsi que d’énormes glaciers dont le Perito Moreno. Le nom de « Perito Moreno » (« Perito » signifiant « Expert ») lui a été donné en l’honneur du naturaliste et explorateur argentin Francisco Pascacio Moreno qui a étudié cette région au 19e siècle.

C’est un glacier en constante mouvance puisqu’il avance d’environ 2 m par jour et perd quotidiennement autant de glace dans le lac. Il est apparemment l’un des rares glaciers à ne pas régresser en raison du réchauffement climatique. Il aurait 700 m d’épaisseur dans sa partie la plus profonde ! Les parois de glace sont impressionnantes, hautes de plus de 60 m, soit l’équivalence d’un immeuble de 17 étages, ce qui correspond seulement à la partie visible du glacier puisque ce dernier aurait en tout (partie visible + partie immergée) 200 m de hauteur. Régulièrement, le glacier craque, gronde… Lors de ma visite, j’ai entendu un très fort craquement mais n’ai pas pu repérer/voir le pan de glace qui s’est effondré. Cela me fait une bonne excuse pour y retourner !

Au-delà de la majesté du glacier lui-même, j’ai été surprise par le cadre magnifique qui entoure le glacier : la route qui nous mène au glacier depuis El Calafate est parsemée de lacs, montagnes et forêts absolument magnifiques. Je suis restée moins de 3 jours dans la région, essentiellement pour voir le Perito Moreno, mais recommande un séjour plus long si vous le pouvez car le parc naturel doit réserver d’innombrables sources de beauté.

Le glacier Perito Moreno se visite facilement, tant par la route que par bateau. L’excursion que j’avais réservée depuis El Calafate durait une journée. La matinée a permis l’observation du glacier depuis les imposantes passerelles et balcons qui permettent de se promener facilement. Nous avions 2 heures pour arpenter ces passerelles mais j’aurais pu rester facilement une heure de plus si le temps n’était pas compté. Après une pause-déjeuner, nous avons repris un bus pour embarquer un peu plus loin sur un bateau puis faire un « mini-trekking » sur le glacier avec un équipement spécial et un guide.

La première vision du glacier au détour d’un virage depuis la route est totalement spectaculaire :

Même les nuages paraissent irréels, contribuant à une ambiance quasiment mystique… qui s’achève dès que l’on observe la masse de touristes qui s’agglutine sur les parkings !

Mais la magie ne tarde pas à revenir et les deux heures passées sur les passerelles m’ont en fait paru bien courtes. Je vous invite à me suivre… avec vos lunettes de soleil bien positionnées tant vous allez être éblouis ! (Moi je le suis toujours plus de 3 ans après…)

Vol de condors des Andes ?

Avec un filtre, c’est carrément psychédélique !

Après le déjeuner, nous prenons un bus qui nous emmène vers un côté latéral du glacier puis nous embarquons sur un bateau qui nous rapproche du glacier.

Nous marchons tout d’abord dans de très beaux paysages, observant de plus près le glacier et les randonneurs qui grimpent sur cette impressionnante mer de glace. Je me demande parfois comment il est possible de « marcher » sur ce qui me semble être des pics acérés !

Parée pour l’aventure !

Nous revêtons ensuite un équipement spécial (crampons + gants), accompagné d’instructions de sécurité pour la randonnée sur le glacier. 

A regarder mon franc sourire, il faut croire que cela me plaît d’avoir un homme (cramponné) à mes pieds !

Ceci dit, c’est une grande première et marcher sur de la glace avec des crampons n’est pas si simple…

Mais c’est comme tout, on se détend un peu après ses ‘premiers pas’ et on prend même beaucoup de plaisir à découvrir de très près cet univers glacé !

Et puis, après l’effort, le réconfort, avec un petit remontant « on the rocks » ! C’est encore mieux que dans le Ice Bar de la veille, les glaçons sont vraiment à portée de mains…

La balade se poursuit avec un beau soleil qui a pointé son nez au début de notre randonnée glaciaire, dégageant même une certaine chaleur, et faisant de cet après-midi un moment vraiment extraordinaire.

Nous reprenons le bateau et j’admire jusqu’aux derniers instants cet écrin aux milles nuances de bleu, jusqu’au drapeau argentin qui flotte au gré du vent…

 

Le barrage d’Itaipu

Merveille du Monde Moderne ou Monstre du Progrès ?

Date du séjour : 19 août 2014

Avant de me rendre dans le Pantanal via un bus de nuit direction Campo Grande, il me restait quasiment une journée entière à Foz de Iguaçu. Mes nouveaux compères Alice, Lulu et Hugo, rencontrés la veille lors de ma visite des chutes d’Iguazu côté argentin, m’ont proposé de venir avec eux découvrir le barrage d’Itaipu.

Etant considéré  comme une prouesse technologique mondiale (et la piscine de la pousada étant en travaux depuis le matin…), je me suis dit que cela valait effectivement le coup de m’y rendre. Nous avons réservé notre visite — car on ne peut y aller que sur réservation — et avons pris un bus local.

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Les trois drôles de dames : Marie, Lulu et Alice… (Charlie prend la photo).

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Au premier plan : Hugo, Alice et Lulu – mes sympathiques compagnons de visite à Iguaçu et Itaipu

J’étais d’humeur bougonne ce jour-là (peut-être dû au trop court sommeil matinal perturbé par le bruit des travaux ?) et frustrée que la visite soit en portugais durant deux heures où je ne captais que 5% des explications alors que cela semblait très intéressant. A ma demande de traduire quelques éléments en anglais comme cela m’avait été annoncé lors de la réservation, le guide a répliqué que comme je comprenais l’espagnol, je devais comprendre déjà l’essentiel en portugais (ce qui est faux étant donné le fossé important dans la prononciation de ces deux langues) et qu’il n’allait pas traduire ses explications seulement pour moi… De quoi me mettre d’encore meilleure humeur ! Heureusement qu’Alice m’a aidée à retrouver le sourire et surtout mon sens de l’humour en prenant des poses glamour devant les machines. Avec nos habits de chantier, l’effet était garanti !

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Comme je ne m’arrête pas à de bêtes obstacles de langue ou à des sauts d’humeur, je partage avec vous ce que j’ai appris via Wikipedia, car ce barrage est tout de même unique au monde !

La centrale hydroélectrique d’Itaipu est située sur le rio Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. Elle a été construite par les deux pays entre 1975 et 1982. La centrale est aujourd’hui la seconde au monde en puissance installée et reste la première en quantité cumulée d’énergie produite.

On se rend en effet compte de la prouesse technologique du site lorsqu’on le visite. Tout est démesuré et impressionnant.

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Itaipu signifie « la pierre qui chante » en guarani et fait référence à la petite île située sur le fleuve avant les travaux. La « pierre qui chante » est en fait un gigantesque bloc de béton assez hideux qui a engendré le déplacement de 10 000 familles, détruit une partie de la faune et de la flore et inondé la cascade des Sept Chutes, qui étaient alors les plus grandes chutes du monde par leur volume et l’une des plus fascinantes formations naturelles de la planète.

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Après la fermeture des écluses du barrage, une surface de presque 1 500 km2 de forêts et terres agricoles fut engloutie. Les promoteurs du projet mettent toutefois en avant l’opération Mymba Kuera qui permit à des volontaires de sauver 4 500 animaux (singes, porcs-épics, lézards, araignées, tortues…) amenés dans une région voisine à l’abri de l’eau.

Pourtant le barrage d’Itaipu est selon l’American Society of Civil Engineers (Association américaine des ingénieurs en génie civil) l’une des sept merveilles du monde moderne.

Lorsqu’on découvre la rétrospective en images de la construction de cet immense barrage, il y a de quoi en effet être impressionné :

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Avant : Et au milieu coule une rivière…

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1975 : Début des travaux

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1978: Démolition des arches en béton dans le canal de diversion

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1979 : Dérivation de la rivière et batardeaux dans le lit original de la rivière

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1982 : Fosse pour la première unité de production

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« I got the blues at Itaipu » (variante : Itaipu by night)

Et si vous n’êtes toujours pas impressionné, voici quelques chiffres clés :

  • Le cours du septième plus grand fleuve du monde a été déplacé, ainsi que l’ont été 50 millions de tonnes de terre et de roche.
  • Le béton utilisé pour la construction du barrage aurait permis de réaliser 210 stades Maracanã.
  • Le fer et l’acier utilisés dans cette construction auraient permis de réaliser 380 Tours Eiffel.
  • Le volume de terre et de roche extrait pour la construction du barrage est 8,5 fois plus important que celui extrait lors de la construction du tunnel sous la Manche ; 15 fois plus de béton a également été utilisé.
  • Environ 40 000 personnes ont travaillé à la construction.
  • 148 ouvriers travaillant sur le chantier sont morts durant les travaux : 144 directement sur le chantier et quatre en se rendant à leur lieu de travail
  • La longueur totale du barrage est de 7 235 m. Son point le plus haut culmine à 225 m.
  • Le lac de retenue a une superficie de 1 350 km2, allant de Foz de Iguaçu au Brésil à Ciudad del Este au Paraguay, jusqu’à Guaíra et Salto del Guairá 150 km au nord.
  • Le débit maximum des 14 canaux de décharge est de 62 200 mètres cubes par seconde, ce qui correspond à 40 fois le débit des Chutes d’Iguazú.
  • Le débit nécessaire à deux unités génératrices (700 m3/s chacune) correspond au débit moyen de ces chutes.
  • Le barrage fait économiser au Brésil 434 000 barils (69 000 m3) de pétrole par jour.
  • Le réservoir du barrage est le septième plus grand en taille du Brésil, mais il est celui qui a le meilleur ratio entre la quantité d’électricité produiteet la surface inondée. Pour une puissance de 14 000 MW, 1 350 km2 ont été inondés. Le second plus puissant barrage du Brésil, « Tucurui », a requis l’inondation de 2 430 km2 pour produire 8 000 MW.
  • Le premier turbo-alternateur est entré en service en mai 1984 ; le dix-huitième, le 9 avril 1991. Deux nouveaux groupes ont été mis en service en 2006 portant la puissance totale installée à 14 000 MW.
  • Les vingt groupes de 700 MW sous une hauteur de chute nominale de 118 m, produisent annuellement plus de 90 térawatt-heures (TWh). 90% de la production dela centrale est consommée au Brésil.
  • En 2008, la centrale a établi un record de production de 94,68 TWh, subvenant alors à 90 % de la demande d’électricité paraguayenne et à 19 % de la consommation brésilienne…

Source: Wikipedia

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Alors, merveille ou monstre du progrès ?

Comme souvent, je pense que la réponse n’est pas binaire et qu’il y a du vrai dans les deux points de vue mais qu’il est tout de même triste et questionnable de devoir détruire des sites naturels aussi extraordinaires pour subvenir aux besoins énergétiques de la population humaine.

Une chose est sûre, j’ai préféré les papillons au béton et la visite des chutes d’Iguaçu à celle du barrage d’Itaipu…

D’ailleurs ma prochaine étape va m’emmener dans l’un des plus beaux sites sauvages de la planète. La nature, la faune et la flore y sont remarquablement préservés.

Embarquez prochainement avec PicsandTrips pour découvrir le Pantanal !

 

 

 

Iguazu – côté argentin

Sous les flots… en compagnie des oiseaux, Alice, Lulu et Hugo

Date du séjour : 18 août 2014

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Il est très fortement conseillé de visiter les chutes d’Iguaçu (orthographe brésilienne) à la fois côté brésilien et argentin lorsqu’on en a la possibilité car les deux parcs nationaux sont magnifiques et offrent chacun une perspective et une atmosphère différente, complémentaire.

Je me suis organisée avec ma pousada (hôtel familial) pour réserver un mini-van qui m’emmènerait avec quelques autres clients jusqu’au côté argentin, tout en nous faisant passer à la frontière pour les formalités douanières, puis viendrait nous chercher à l’heure dont nous conviendrions ensemble pour le retour à l’hôtel. Après un petit déjeuner délicieux et copieux, je me suis rendue à la réception à l’heure du rendez-vous et ai fait la connaissance de trois clients qui allaient partager le mini-van avec moi. Il s’agissait d’une jeune femme française nommée Alice, accompagnée de son ancienne nounou brésilienne, Lulu, et du compagnon de celle-ci, Hugo, d’origine asiatique. Au départ j’avais du mal à savoir de quelles nationalités ils étaient car ils mélangeaient le français et le portugais et étaient tous les trois typés différemment ! J’ai mieux compris pourquoi quand Alice m’a expliqué qu’elle voyageait donc avec son ancienne nounou dont elle était restée très proche des années après, les trois vivant dans le même quartier en région parisienne. Je les ai trouvés immédiatement sympathiques et ouverts. Un autre couple s’est joint à nous pour partager le mini-van. Les formalités aux douanes se sont bien passées, c’était simple et rapide, avec un formulaire à remplir et le passeport à tamponner.

Alice, Hugo et Lulu m’ont proposés de visiter les chutes avec eux en me précisant qu’ils comptaient prendre leur temps, marcher, observer les oiseaux et prendre beaucoup de photos. J’ai accepté avec plaisir. C’était tout à fait mon état d’esprit également et j’étais contente de pouvoir partager cette nouvelle visite en bonne compagnie, sachant que j’avais découvert le côté brésilien en solo la veille et que je suis bien souvent heureuse de pouvoir socialiser.

Tout comme le côté brésilien, j’étais subjuguée par le site environnant, en pleine jungle, habité par des oiseaux malicieux et des papillons bariolés peu farouches qui parfois se posaient même sur les touristes. J’ai vite découvert que Hugo et Lulu étaient passionnés de nature et d’oiseaux et ils repéraient systématiquement les oiseaux cachés dans les feuillages. C’était très agréable d’être avec des personnes respectueuses du calme, de la nature et qui m’aidaient à repérer les habitants discrets de ces lieux devenus pourtant touristiques.

Ils aimaient également prendre des photos et du coup je ne me suis pas faite prier pour prendre mon temps et dégainer régulièrement l’appareil photo à l’affût de ces top modèles de la jungle « iguaçuienne ». Outre les oiseaux et les papillons, nous avons aperçu lézards, coatis, araignées et fourmis géantes. On ne s’en rend pas compte en photo mais elles faisaient environ 4 cm de long… Voici un aperçu de la faune locale :

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P1270242 P1270251 P1270297 P1270285 P1270144Alice qui était pleine d’énergie m’a convaincue de m’inscrire avec elle au « tour en bateau » qui nous emmène au pied des chutes dans une sorte de gros zodiac. Je n’aurais franchement jamais fait cela si j’avais été seule et c’est poussé par son entrain que je me suis justement laissée « entraîner »…

On m’avait prévenue qu’on allait être trempée et qu’il fallait mieux être en maillot de bain et avoir des affaires de rechange. J’étais honnêtement morte de trouille quand le bateau a commencé à démarrer et à foncer vers les chutes. Mais j’ai trouvé cela finalement totalement grisant et excitant (d’ailleurs je n’arrêtais pas de crier à la fois de peur et de joie !). J’étais consciente que c’était un moment unique et ne regrette pas du tout de l’avoir fait. C’était vraiment impressionnant. Le débit des chutes est phénoménal.

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L’autre challenge pour moi est celui que j’ai affronté régulièrement durant mon périple en Asie et Amérique Latine: le vertige… Les passerelles sont rassurantes et bien construites mais surplombent parfois des à-pics impressionnants juste au-dessus des chutes. Sourire figé sur ces deux photos : pour masquer mon inquiétude… ou pour montrer que je suis fière d’arriver à vaincre ma peur ?…

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Malgré ces petits moments d’inquiétude, j’ai énormément apprécié ma journée, non seulement parce que le site est une merveille, mais aussi parce que la compagnie d’Alice, Hugo et Lulu était vraiment agréable. Le clou du spectacle : lorsque l’arc-en-ciel surgit et fait rayonner cet endroit exceptionnel de toute sa splendeur !!

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