Lac Titicaca – côté Péruvien

Puno et les tombeaux de Sillustani

Dates du séjour : du 1er au 2 juillet 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

Mon séjour péruvien s’est terminé à Puno, sur le lac Titicaca, ville dans laquelle j’ai passé une nuit à Kusillo’s Posada, une chambre d’hôte avec un accueil très chaleureux de toute la famille et en particulier de Jenny, la propriétaire.

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Bien que Puno soit connu pour ses « îles flottantes », qui n’ont rien à voir avec le dessert à la crème anglaise, j’ai préféré, suivant les conseils d’autres voyageurs, visiter Isla del Sol du côté bolivien que je me réservais pour le sur-lendemain. Le matin, j’ai déambulé dans la ville de Puno en photographiant les « cholitas » qui ont beaucoup d’allure avec leurs longues nattes noires, leur borsalino et leurs amples jupes virevoltantes.

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L’après-midi j’avais réservé une excursion pour les tombeaux de Sillustani dont m’avait parlé une amie de Catherine rencontrée à Cusco. J’ai rencontré dans le bus Anna, une sympathique compatriote, avec qui je suis allée trinquer et dîner le même soir.

Nous avons eu une belle vue de Puno en sortant de la ville :

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Puis nous avons poursuivi le trajet jusqu’à Sillustani, un site archéologique funéraire pré-Inca, situé sur les rives du lac Umayo et constitué de tombes en forme de tour appelées « chullpas ». Ces dernières ont été bâties par le peuple Colla, des Aymaras qui seront conquis par les Incas au xve siècle. Elles sont toutes de forme cylindrique, atteignant parfois une hauteur de 12m, et conservent les restes de plusieurs individus, certainement regroupés en famille (jusqu’à dix individus) et accompagnés d’offrandes. La plupart d’entre elles ont été pillées alors que d’autres n’ont pas été achevées. Les chullpas sont construites pour souligner le lien entre vie et mort. Les corps momifiés étaient déposés en position fœtale. Leur unique ouverture donne à l’est, où le soleil est chaque jour recréé par la Terre Mère (source : Wikipedia).

La visite était agréable et les paysages très beaux. Le bleu dur scintillant du lac Titicaca contrastait avec l’herbe sèche et dorée de l’Altiplano.

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Au retour, nous nous sommes également arrêtés pour visiter une maison traditionnelle. Mais ce sont surtout les alpagas apprivoisés par les fermiers qui ont eu la vedette !

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Le lendemain matin, je suis repartie en direction de la frontière bolivienne via une magnifique route qui longe le tac Titicaca.

Le Pérou m’a beaucoup touchée, par ses somptueux paysages, l’accueil chaleureux de ses habitants et ses sites vertigineux… un pays qui fait prendre de la hauteur ? En tout cas, une très belle première impression de l’Amérique Latine !

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Le Pérou, un pays qui secoue !

Lima, Paracas, Huacachina, Arequipa, Colca Canyon, Cusco, Machu Picchu, Puno/Lac Titicaca

Dates du séjour : du 4 juin au 2 juillet 2014

Le Machu Picchu me semblait absolument incontournable dans ma découverte de l’Amérique Latine et une amie qui connaissait bien le continent m’avait concocté un itinéraire qui partait de Lima (merci Stéphanie M !). Le pays m’a secouée beaucoup plus que je ne l’imaginais et à plusieurs titres.

1. Première secousse, au sens propre : sismique !

Le matin de mon départ de Paris j’ai reçu un texto d’une de mes soeurs qui m’annonçait qu’il y avait eu un tremblement de terre à Lima : 5,5 sur l’échelle de Richter et pas de victimes mais je n’étais pas trop rassurée. J’ai appris depuis qu’il y a plus de 300 tremblements de terre par an au Pérou dont beaucoup ne sont pas « ressentis » par la population. Dans mon trajet de Lima à Cusco, avec la compagnie de bus Peru Hop que je recommande pour sa convivialité et sa flexibilité, je suis passée dans l’une des zones sismiques les plus importantes de la planète, la réserve naturelle de Paracas où se trouvent deux plaques tectoniques majeures qui se taquinent régulièrement. Le site était sublime, avec un côté quasi apocalyptique : étendue grandiose désertique, contraste des couleurs du sol aride et de l’océan resplendissant dans un ciel bleu lumineux, falaises aux allures de cathédrales, vent violent, tourbillons de sable qui fouette le visage et menacent les objectifs des appareils photos, ossements de lions de mer qui se fracassent régulièrement sur les rochers… Il paraît que le temps change constamment, parfois plusieurs fois dans la journée. Le mot « paracas » vient de la langue quechua et veut dire « pluie de sable ». Ce site qui se trouve dans la région de Pisco m’a pas mal fascinée même si nous n’y avons fait qu’un court arrêt.

2. Secousse thermique

Avec des températures fort agréables en journée qui chutent d’environ 15 à 30 degrés le soir selon les régions, le mois de juin est l’un des plus froids de l’année. Or beaucoup d’hospedajes ne sont pas chauffées et il faut se contenter des couvertures du lit et de son pull pour se réchauffer durant la nuit. Je savais qu’il allait faire froid mais ignorais l’absence de chauffage… De nature frileuse, j’en ai parfois souffert ! C’était en revanche une bonne excuse pour m’acheter pull, bonnet, écharpe et gants en laine d’alpaga…

3. Secousses visuelles

Le Pérou offre pléthore de paysages extraordinaires et variés (et pourtant je n’ai visité que le Sud du pays !) :

  • La ville de Lima : franchement pas la plus belle capitale que j’ai pu voir mais on y mange très bien, notamment de délicieux ceviche

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  • Réserve naturelle de Paracas (cf section «  »sismique » ci-dessus)

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  • Observation d’oiseaux et loups de mer aux Islas Ballestas, le « petit Galapagos » du Pérou, et également du « chandelier », un signe gigantesque mystérieux creusé dans une colline dont on ignore toujours l’origine et la signification

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  • Désert incroyable à Huacachina avec secousses dans les dunes, en buggie «roller coster » et sensations garanties pour les aficionados du surf des sables (j’ai passé mon tour…) !

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  • La belle ville blanche d’Arequipa et ses impressionnantes montagnes qui semblent veiller sur la ville

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L’Amazone prend sa source dans les montagnes de cette région, à côté du majestueux volcan Misti qui surplombe la ville d’Arequipa. J’ai beaucoup aimé la visite du monastère de Santa Catalina, qui me faisait un peu penser aux îles grecques avec ses murs en chaux blanche, ocre rouge, bleu franc et ses pots de géraniums, portes et allées pittoresques.

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  • Le canyon de Colca, 4160 m de dénivelé, ce qui en fait le 3ème plus profond du monde après un canyon en Chine (4400 m) et au Népal (4300 m), dépassant le Grand Canyon en profondeur

Les 5 heures de route depuis Arequipa jusqu’au canyon m’ont permis d’apprécier les troupeaux de vigognes sauvages qui traversaient la route au galop ainsi que des paysages somptueux. Le clou du spectacle fut d’admirer les condors majestueux qui planaient parfois à seulement trois mètres au-dessus de nous. Les condors sont les oiseaux les plus lourds du monde (12 kg). Ils peuvent atteindre 3,2 m d’envergure et s’élever jusqu’à 7000 m… Un très beau souvenir d’autant plus qu’ils étaient nombreux et que l’on avait l’impression d’assister à un show naturel exceptionnel. Je ne disposais malheureusement pas à ce moment-là d’un bon équipement photographique, ayant bêtement oublié mon chargeur en France. J’ai heureusement pu le récupérer quelques jours après à Cusco où j’ai retrouvé des amis qui me l’ont gentiment rapporté (muchas gracias Catherine !).

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  • La magnifique ville coloniale de Cusco, pour laquelle j’ai eu un vrai coup de coeur, avec ses ruelles pavées que l’on monte essoufflé (3400 m d’altitude), la Plaza de Armas et son imposante cathédrale, le quartier bohème de San Blas avec sa vue imprenable, ses bons petits restos, ses bars caliente (super soirée avec musique live au « km 0 »), ses murs et sites incas aux pierres impressionnantes, et ses festivals gais et colorés qu’il s’agisse des processions religieuses chatoyantes pour le Corpus Christi ou de la célèbre fête inca du soleil, l’Inti Raymi

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  • La vallée sacrée avec les salines de Maras qui tapisse la montagne du plus beau des mantas et le site inca d’expérimentation agricole de Moray

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  • Les églises incroyablement pittoresques en particulier celle d’Andayhuahyllas aux superbes fresques peintes et autel baroque somptueux (photos interdites à l’intérieur pour préserver les fresques)
  • La ville inca d‘Ollantaytambo avec son imposante forteresse et sa charmante place centrale

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  • Le lac Titicaca avec ses eaux azur, ses montagnes arides, la Cordillère des Andes en toile de fond, ses îles flottantes (sans les oeufs en neige) mais aussi les très beaux tombeaux de Sillustani

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  • Last but not the least, le Machu Picchu : on a beau l’avoir vu sous tous les angles en photo, le site est à couper le souffle, aussi bien pour la prouesse de ces constructions mystérieuses au sommet d’une montagne à pic, que pour l’écrin dans lequel il se trouve

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J’illustrerai cette section avec de nombreuses autres photos dans de prochains articles.

4. Secousses gastriques

Elles accompagnent régulièrement mes voyages mais celles-ci ont été particulièrement musclées, m’envoyant à la clinique seulement une semaine après être arrivée au Pérou… Je précise cependant que j’ai globalement très bien mangé au Pérou : ceviche, viande d’alpaga, guacamole à gogo (ça tombe bien, j’en raffole !), truite grillée, soupes de quinoa, etc. Il faut cependant faire attention, la plupart des rivières étant contaminées et les laitues et crudités souvent insuffisamment purifiées (il faut en principe les laver à l’eau de javel…). Maux de tête, nausées et grelottements se sont manifestés lors de mon excursion au canyon de Colca. Je n’imaginais pas que ma découverte de la faune locale inclurait également une amibe qui m’a clouée au lit une bonne semaine. Comme je l’ai dit à un ami, j’aurais préféré rencontrer un nabab qu’une amibe ! Nous avons passé un col à 4900 m, le plus haut endroit de mi vida et j’ai commencé à avoir des maux de tête et des vertiges. J’étais persuadée que c’était dû au mal des montagnes et savais qu’il fallait se reposer, redescendre en altitude, manger des fibres, boire de l’eau et éventuellement soulager ces symptômes avec des feuilles de coca ou du Diamox, un médicament que j’avais emporté avec moi. Arrivée au village de Colchay le soir, mes maux de tête ont empiré et j’étais frigorifiée. J’ai loué un radiateur électrique dans ma chambre et me suis couchée à 20h sans manger en avalant un Diamox.

Le lendemain les maux de tête et nausées se sont amplifiés au long de la journée et les 5 h de bus pour rentrer à Arequipa m’ont paru interminables. Arrivée à l’hôtel, je me suis écroulée sur le lit. Je pensais toujours que c’était le mal des montagnes mais grelottant sous deux énormes couvertures de laine, atteignant les 40 degrés de fièvre et étant si faible que je ne pouvais pas descendre à la réception voire même décrocher le téléphone, j’ai compris qu’il était désormais urgent de faire appeler un médecin. Le personnel de l’hôtel (Los Andes – Arequipa) a été adorable et m’a beaucoup aidée, y compris lors de mes trois jours de convalescence post clinique. Le médecin m’a en effet immédiatement envoyée à la clinique avec pour priorité de faire descendre la fièvre et me réhydrater, d’autres symptômes « touristiques » étant apparus depuis que j’étais arrivée à l’hôtel. J’étais si affaiblie que je pouvais à peine marcher jusqu’à la voiture du médecin. Je n’ai été vraiment rassurée que quand j’ai su que mon assurance prendrait bien en charge les frais. Je recommande d’ailleurs de nouveau la MAIF qui m’a toujours épaulée efficacement dans les moments difficiles. Si cela n’avait pas été le cas, j’aurais dû débourser plus de 2000 dollars américains pour mes 3 jours passés en clinique…

Les analyses du lendemain ont dévoilé que c’était une amibe qui était la cause de mes symptômes, contractée vraisemblablement à cause d’une salade mangée 48h avant. Les 2 premiers jours à la clinique se sont plutôt bien passés avec la fièvre qui est redescendue, une réhydratation et un traitement antibios par intraveineuses. Le docteur et l’infirmière de nuit étaient gentils et rassurants. La dernière nuit  a été beaucoup plus difficile. Une nouvelle infirmière, jeune et zélée, m’a triturée les intraveineuses de 23h à 3h du matin, essayant en vain de faire passer les medocs qui ne s’écoulaient plus, l’aiguille s’étant déplacée et mon sang ayant coagulé. Je l’ai suppliée de me laisser dormir tellement j’étais éreintée par ses manipulations. L’infirmière du matin m’a changée d’intraveineuse en un tour de main et tout est rentrée dans l’ordre. J’ai obtenu le feu vert pour sortir de la clinique au moment où le match de foot de la Coupe du Monde France-Honduras commençait. J’ai même pu regarder une bonne partie du match, le taxi tardant à arriver. Il m’a fallu trois jours de plus pour retrouver un peu d’énergie et pouvoir sortir quelques heures en dehors de l’hôtel puis pouvoir prendre un bus jusqu’à Cusco (10 heures de trajet que je redoutais étant donné qu’il s’agissait de routes de montagne, bien sinueuses). Heureusement que la compagnie Cruz del Sur offrait un confort digne d’une première classe, rien à voir avec les faux bus VIP de l’Asie !

5. Secousses humaines

Au-delà des paysages, ce sont également les gens qui vous secoue : gentillesse et amabilité des péruviens ; personnel des auberges et restos très souvent aux petits soins, vêtements et tissus qui éclatent de couleurs entre ponchos, chapeaux ethniques, bonnets, couvertures ; ambiance survoltée dans les bars avec pisco sour (l’un de mes cocktails préférés) et musiciens déchaînés ; costumes colorés pour les festivités du mois de juin ; et encore plus peut-être qu’en Asie une facilité à rencontrer d’autres voyageurs, les circuits étant plus souvent similaires… Beaucoup de belles rencontres : Gonzalo, Katelijne, Thomas, Rogier, Hanne, Kim, Amber, Jordi, Sarah, Heather, Amy, Andrei, Anna et bien d’autres…

6. Secousses vertigineuses

Je suis restée au final un mois dans ce pays, beaucoup plus longtemps que je ne l’avais prévu. Certes j’ai prolongé mon séjour à cause de mes soucis de santé et de la possibilité de pouvoir passer 5 jours avec mes amis, Catherine et Luis, qui se rendaient au Pérou une semaine après moi, et leur ami péruvien Gonzalo, mais je me suis aussi peu à peu et de plus en plus attachée au pays. Et ce, malgré mes sensations de vertige qui m’ont parfois totalement saisie de peur… A ce propos, je conseille aux voyageurs qui souffrent comme moi de vertige, d’éviter le « jungle trek » pour le Machu Picchu et de prendre directement un train jusqu’à Agua Calientes ou Hydroelectrica. Je recommande également les bus de nuit pour éviter de voir les vertigineuses routes de montagne, en choisissant évidemment les compagnies les plus recommandables pour assurer le maximum de sécurité. Le Machu Picchu en lui-même peut être grimpé à pied par un sentier de marches ardu et très raide (comptez une bonne heure pour l’ascension) mais celui-ci étant entouré de végétation, je n’ai pas eu la sensation de vertige. Il faut cependant éviter l’ascension du Wayna Picchu et de la montagne Machu Picchu qui sont très difficiles pour les personnes souffrant de la hauteur. On peut toutefois prendre le sentier qui mène au Sun Gate en 40 minutes environ (Intipuku) qui est relativement facile et suffisamment large pour les poules mouillées de la hauteur ! La vue depuis la porte du Soleil est magnifique. Ce sentier est par ailleurs gratuit et ne nécessite aucune réservation, ce qui n’est pas le cas du Wayna Picchu et de la Machu Picchu Mountain.

Bref, même si le Pérou n’est pas facile pour les personnes souffrant de vertige, cela vaut vraiment le coup de combattre ses angoisses pour découvrir ce fantastique pays… Pas étonnant que l’on utilise l’expression « C’est le Pérou ! » quand on s’extasie. Bon, en fait, il paraît que c’est une référence directe aux mines d’argent de Potosi, le gisement le plus fabuleux de tous les temps, qui, à l’époque, appartenait à la vice-royauté du Pérou (source : Guide du Routard).