Le Sel de la Terre

Un photographe est quelqu’un qui écrit avec la lumière, dessine le monde avec des lumières et des ombres.

Je suis allée voir hier « le Sel de la Terre », le film documentaire de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado qui rend hommage à la vie, à la carrière et à l’engagement social du photographe brésilien Sebastião Salgado.

Ce film m’a profondément bouleversée, dès les toutes premières secondes.

J’ai jusqu’alors narré dans ce blog mes récits de voyages en Asie et en Amérique Latine réalisés cette année pendant huit mois, avec une volonté initiale de partager mon regard sur ce monde si riche et si divers, essentiellement à travers la photographie. J’ai réalisé au fur et à mesure de mes pérégrinations que j’avais également envie d’éclairer mes clichés avec mon ressenti et avec des témoignages sur ce que je vivais, sur ce qui m’interpellait.

Mon périple s’est achevé il y a plus d’un mois et j’ai replongé depuis dans l’univers citadin parisien. C’est vraiment un plongeon. On passe d’un environnement à un autre, de façon quasi-immédiate, avec peu de répit pour reprendre son souffle mais aussi une troublante et finalement rassurante capacité de ré-adaptation, comme si notre corps et notre esprit nous aidaient constamment à naviguer dans les différents fleuves de la vie, parfois tranquilles, parfois déchaînés, parfois limpides, parfois embourbés, parfois exaltants, parfois pesants. C’est peut-être la définition du mot vitalité, cet incroyable pouvoir de « résilience », qui nous pousse à avancer où que l’on soit et quelques que soient les aléas de la vie, avec ses joies et ses désarrois.

Ce film est justement un hommage à la vie et à la photographie. Alors que je suis très sensible aux couleurs, aussi bien en peinture que lorsque je prends des photos, toute l’oeuvre de Salgano est en noir et blanc. Cela m’a beaucoup frappée. La lumière transcende et sublime tous ses clichés, c’est du grand art.

 Je crois qu’on peut mettre beaucoup de photographes différents dans le même endroit, ils verront toujours des photos différentes. Ils forment leur manière de voir. Chacun en fonction de son histoire.

Sebastião Salgado, par son œuvre extraordinaire et son engagement humaniste, superbement mis en « lumière » par Wim Wenders et le fils de Sebastião, nous offre une véritable odyssée au cœur de l’Homme et de la Nature, au cœur de la « Comédie Humaine », souvent tragique mais également pleine de beauté et d’espoir.

Je savais déjà une chose de ce Sebastião Salgado : il aimait vraiment les êtres humains. Après tout, les hommes sont le Sel de la Terre. –Wim Wenders

Sebastião Salgado est né au Brésil en 1944 dans l’Etat du Minas Gerais. En 1973, après des études d’économie, il décida, avec le soutien de son épouse Lélia Wanick Salgado qui l’a épaulé durant toute sa carrière, de changer radicalement de métier et de se consacrer à la photographie.

Il va parcourir la planète et témoigner durant de nombreuses années des souffrances et des périls humains, que ce soit les risques quotidiens encourus par des milliers de chercheurs d’or brésiliens dans la plus grande mine à ciel ouvert du monde (Serra Pelada), les ravages de la famine en Ethiopie, le courage des pompiers tentant d’éteindre les incendies des champs pétrolifères au Koweit, les horreurs de la guerre en ex-Yougoslavie ou les atrocités du génocide Rwandais.

On est un animal très féroce, on est un animal terrible, nous les humains. Notre histoire c’est l’histoire des guerres, c’est une histoire sans fin, une histoire folle. – Sebastião Salgado

Ce qui frappe dans chacun de ses témoignages poignants, c’est l’immense dignité qui se dégage dans l’approche du photo-reporter. Il cherche la pleine immersion, à s’adapter et comprendre les communautés qu’il rejoint, le tout avec un grand respect, une certaine pudeur, ce qui peut paraître complètement paradoxal lorsqu’on découvre les clichés qui immortalisent l’horreur et la cruauté, tels ces parterres de corps mutilés dans des églises ou des écoles.

Plus que jamais, je sens que la race humaine est une. Au-delà des différences de couleur, de langue, de culture et de possibilités, les sentiments et les réactions de chacun sont identiques. Les gens fuient les guerres pour échapper à la mort ; ils émigrent pour améliorer leur sort ; ils se forgent de nouvelles existences dans des pays étrangers : ils s’adaptent aux pires situations. – Sebastião Salgado

Et pourtant, c’est l’espoir qui ressort de ce film, de ce chemin.

Le choc du génocide rwandais avait fait perdre le goût des photos à Sebastião Salgado.

Il est retourné en famille sur les terres de son enfance dans le Minas Gerais. Les terres de ses parents étaient passées en quelques décennies de paysage de forêt verdoyante à un désert sans âme. Sous l’impulsion de sa femme, les Salgado ont replanté des arbres pendant 10 ans. Deux millions et demi d’arbres plus tard, la forêt a retrouvé vie, un formidable message d’espoir, un hommage à la vie. Et elle a redonné le goût de la photographie à Sebastião.

Il va cesser de mettre en image les misères du monde pour en figurer les beautés et consacrer huit ans de sa vie et une trentaine de voyages pour nous révéler la nature de la planète dans toute sa splendeur. L’œuvre, intitulée « Genesis », fait l’objet d’une tournée mondiale depuis l’an dernier.

Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté.

On peut s’abreuver à la splendeur des régions polaires, des forêts tropicales, des savanes, des déserts torrides, des montagnes dominées par des glaciers et des îles solitaires. Si certains climats sont trop froids ou arides pour la plupart des formes de vie, on trouvera dans d’autres régions des animaux et des peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement. Ils forment ensemble une incroyable mosaïque où la nature peut s’exprimer dans toute sa grandeur.

Les photographies de Genesis aspirent à révéler cette beauté.

L’exposition constitue un hommage à la fragilité d’une planète que nous avons tous le devoir de protéger.

Lélia Wanick Salgado

Je n’ai pour ma part pas exploré des confins entièrement reculés ni rencontré la surprenante tribu isolée des Zoé au fin fond de la jungle amazonienne mais j’ai eu la chance de découvrir pléthore de splendeurs, y compris certaines qui figurent dans cette œuvre : les baleines que l’on peut toucher tellement elles sont près de nous, les tribus de manchots et les lions de mer, les oiseaux du Pantanal, les alligators, la forêt Atlantique du Brésil (mata atlântica en portugais), les icebergs, les déserts, la Cordillère des Andes, les si attachantes communautés péruviennes et boliviennes…

J’ai ressenti beaucoup d’émerveillement et d’humilité face à cette révélation de la Nature, qu’il s’agisse des espèces animales ou des paysages sublimes, naturels ou façonnés par la main de l’homme. Le titre même du film me renvoit aussi à des images inoubliables lors de mon périple : les Salines de Maras au Pérou et les majestueuses rizières de Sapa, du Yunnan et de la région de Guilin en Chine, façonnées à la main par les Hommes depuis des milliers d’années. « La Main de l’Homme » est d’ailleurs un autre projet monumental de Sebastião Salgado, réalisé entre 1986 et 1992, un livre et une exposition qui documentent le travail manuel dans le monde.

Salines de Maras - Pérou

Salines de Maras – Pérou

« Le Sel de la Terre » m’a bouleversée car il est au cœur de l’humain et nous rappelle ce qui est essentiel.

Si vous ne l’avez pas encore vu, courez voir ce documentaire magistral. C’est une véritable leçon d’humanité, un hommage à la Vie, la la Photographie, à la Nature et à l’Espoir.

Bande-annonce « Le sel de la Terre » – Sortie le 15 octobre 2014 – Un film de Wim Wenders, Juliano Ribeiro Salgado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sapa – Nord Vietnam et frontière chinoise

Bien sapés à Sapa (où le riz verdoie !) et premiers pas chinois

Dates du séjour : 14 au 16 avril 2014 

J’ai enfin réussi à prendre un train couchette, le premier de ma vie. Je n’avais pas pu le faire de Chiang Mai à Bangkok mais celui d’Hanoi-Sapa n’était pas mal du tout. J’ai pris des couchettes de catégorie supérieure avec la société E.T. Pumpkin. Ce qui m’a surprise au départ du train c’est qu’il n’y avait pas de hall de gares avec des quais. Il fallait aller directement sur la voie en vérifiant le numéro du train. Le compartiment comprenait 4 couchettes, étroites mais confortables, très propres et avec des petits crochets et étagère pour pouvoir poser quelques affaires. J’avais la couchette du bas, une Australienne celle du haut. En face de nous se trouvaient un père de famille français (expat) et le guide qui accompagnait sa famille, sa femme et ses enfants étant dans le compartiment voisin. Cela secouait beaucoup, c’était plutôt drôle. Nous sommes arrivés de bon matin à Lao Cai, le terminus du train, puis je suis montée dans un minivan pour environ une heure de route jusqu’à Sapa.

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Nous sommes arrivés sous les nuages et la brume dans lesquels des tâches de couleur détonnaient : celles des magnifiques costumes des habitants des communautés ethniques, très nombreuses à Sapa. Les costumes sont portés quotidiennement et non pour parader devant les touristes, même si ceux-ci sont également très présents à Sapa.

Après un bon petit déjeuner et une promenade dans le village le matin, craquant au passage pour quelques emplettes d’artisanat local, j’ai fait une balade de 3 heures environ l’après-midi avec une guide de 19 ans, Nan, issue de l’une des communautés ethniques. J’étais toute seule avec elle, ce qui était très agréable. Elle n’a jamais été à l’école et a appris l’anglais dans la rue en écoutant les touristes. Elle semblait très dégourdie pour son âge et avait un bon niveau d’anglais oral. J’ai beaucoup apprécié cette marche dans les villages alentours malgré le brouillard et le temps décevant. Nan m’a également emmenée au marché de Sapa à la fin du trek et m’a aidée – patiemment – à négocier quelques achats complémentaires. Impossible de résister aux tissus colorés de Sapa que je rêvais de voir en direct depuis fort longtemps (cf envie n°2 et envie n°13…) ! La présence d’un bureau de poste avec des tarifs attractifs pour un transport par bateau a fini de me convaincre que je pouvais me faire plaisir…

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Un nouveau pont suspendu (cf celui de Battambang au Cambodge)… et je n’ai même pas peur !

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Avec Nan, charmante guide de 19 ans – et mon nouveau ‘fichu’ local noué sur la tête à la manière des Hmong

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Le lendemain j’ai rejoint un groupe d’une dizaine de personnes pour un trek de 5 heures dans l’une des plus belles vallées de Sapa. Le soleil a pointé son nez et est devenu de plus en plus radieux tout au long de la journée. Nous n’étions pas le seul groupe de randonneurs, loin de là, ce qui me changeait de mon excursion presque intime de la veille, mais la beauté des rizières et le temps cette fois très agréable m’ont permis de passer une très belle journée. J’ai de nouveau fait de sympathiques rencontres dont un Allemand et un couple de français qui vit à Dubaï.

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Les porte-bébés sont magnifiques, comme tous les vêtements des communautés ethniques de Sapa…

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Le soir j’ai rejoint Lao Cai en taxi partagé. Lao Cai se trouve à 3km de la frontière chinoise. J’ai terminé le dernier km à pied, avec mes 2 sacs sur le dos et le ventre (soit près de 19kg…), à la recherche du poste frontière. J’étais un peu inquiète car non persuadée d’aller dans la bonne direction. J’ai finalement rejoint la douane sans me tromper. Le douanier vietnamien m’a fait changer de guichet plusieurs fois et a regardé mon passeport sous tous les angles pendant 15 longues minutes sans que je ne comprenne pourquoi. Je me suis sentie pleinement « backpackeuse » et vivre une sacrée aventure quand j’ai traversé à pied le pont qui m’emmenait à la frontière chinoise. Traverser une frontière ainsi, de surcroît seule, vers un pays totalement inconnu, engendre beaucoup plus d’émotions que lorsqu’on arrive en avion. C’est la seconde fois que je passe une frontière terrestre dans ce périple et la toute première fois toute seule. J’ai immédiatement constaté des différences vestimentaires entre les Chinois et les Asiatiques du Sud Est. Ces derniers ont presque toujours des vêtements sobres avec genoux et épaules recouverts. Or, d’un coup, je me trouvais face à des mini-shorts fluo et jupes en tulle, un autre univers. Je n’étais pas au bout de mes surprises, la Chine étant l’un des pays qui m’a le plus interpellée de tous mes voyages…

Le passage aux douanes chinoises s’est passé de manière plus fluide et plus cordiale qu’aux douanes du Vietnam, avec une sorte d’ordinateur qui a scanné mon passeport et m’a « parlé » en français, ainsi que des douaniers souriants contrairement à ce que je m’étais imaginé. C’est ensuite que cela s’est compliqué…

Absolument aucun signe en anglais et personne qui ne parlait un mot d’anglais non plus, même dans la petite agence de tourisme que j’ai repérée à quelques centaines de mètres du poste frontière. Après une vingtaine de minutes de marche, j’ai finalement trouvé un hôtel dans lequel une jeune femme, la guide touristique de l’hôtel, parlait anglais. Elle m’a gentiment aidée à réserver une nuit d’hôtel et m’a donné rendez-vous le lendemain matin à 8h pour m’emmener à la station de bus pour aller voir les rizières de Yuanyang à 3 heures de route. Enfin, c’est ce que je pensais ce soir là mais le transport du lendemain allait être quelque peu différent comme je vous le raconterai dans mon article consacré à la province du Yunnan.

Après toutes ces émotions, mon estomac commençait à crier famine. Là, nouvelle surprise : je ne voyais dans les restos et les gargotes que des pattes de poulet, des insectes, cochons d’Inde et autres mets qui ne m’inspiraient pas du tout. Mon désarroi était accru par le fait que tout le monde me dévisageait. Visiblement il y a peu de touristes occidentaux dans la ville d’Hekou… Après 45 minutes de déambulation vaine où mon estomac commençait à désespérer, j’ai aperçu un fast food… Pas vraiment la meilleure entrée en matière pour découvrir la cuisine chinoise mais je dois dire que j’étais bien soulagée !

J’ai ainsi réalisé dès mes premiers instants en Chine combien le choc culturel et la barrière de la langue étaient forts. Après quasiment 3 mois de communication aisée en Asie du Sud Est, la dernière étape de mon tour asiatique allait s’avérer bien plus déroutante… parfois stressante, parfois amusante.

Perdre tous ses codes et ses repères, n’est-ce pas là la véritable aventure ?

La liste de mes envies

Titre “clin d’oeil” en hommage à l’excellent livre de Grégoire Delacourt que je vous recommande (il se dévore en quelques heures)

  1. photo 3 (2)Créer un blog pour partager mon aventure et mes photos (c’est bien parti…)
  2. Succomber aux odeurs, couleurs et saveurs de tous les marchés possibles (andins, exotiques, flottants, en plein air, couverts, aux puces…) et étoffer mon album Flickr WorldFlavors
  3. Progresser en espagnol¡ Voy a hablar muy bien español despues mi viaje en Latina America, qué bueno !
  4. Vagabonder dans les ruines d’Angkor et admirer l’aube et/ou le coucher de soleil
  5. Apprendre à trinquer dans toutes les langues (j’ai déjà de bonnes bases…)
  6. Déambuler dans Bagan en vélo (Myanmar)
  7. Faire la fête lors de la Full Moon Party (Thailande) après au moins une semaine complète de farniente
  8. Voir si j’ai le vertige sur la muraille de Chine
  9. Méditer dans la baie d’Halong
  10. Affronter le climat patagonien pour le Perito Moreno et le Parc Torres del Paine (Argentine et Chili)
  11. Comparer les (paraît-il) excellents services offerts dans les trains-couchettes de Thailande et les bus argentins « cama« 
  12. Me faire happer par l’énergie de Shanghai
  13. Admirer les magnifiques vêtements des tribus Sapa (Vietnam)
  14. Découvrir la mystérieuse Ile de Pâques et ses fascinantes statues
  15. Faire des photos extraordinaires sur le mythique Salar de Uyuni (Bolivie)
  16. Revoir des baleines (l’un de mes plus beaux et plus émouvants souvenirs de voyage)
  17. Prendre des cours de Tango à Buenos Aires
  18. Me déhancher sur des airs de Samba au Brésil
  19. Admirer la vue plongeante sur Rio depuis le pic de Cordo Vado
  20. Comparer le Pisco Sour du Chili et celui du Pérou : il existe une grosse compétition entre les 2 pays qui revendiquent chacun la nationalité de ce délicieux cocktail – je me porte volontaire pour les départager…
  21. Comparer également les vins chiliens et argentins en traversant les vallées du vin (je sais, je me lance des défis vraiment difficiles…)
  22. Déguster au passage un bon steak argentin (voire même un grand nombre de steaks d’après les échos des voyageurs)
  23. Que les chutes d’Iguaçu me fassent presque oublier les chutes du Niagara que j’ai vues 5 fois
  24. Me laisser porter, prendre du recul, savourer ma liberté
  25. Le meilleur pour la fin ?… Faire plein de belles rencontres (j’en suis persuadée car elles ont déjà commencé en préparant ce voyage…)