Réconciliée avec le kayak

Don Det, 4000 îles /4000 Islands – Laos

22 – 25 mars 2014

Je suis arrivée à Don Det, l’île la plus « populaire » de 4000 Islands — c’est-à-dire avec la plus forte concentration de touristes — après 20 heures de trajet depuis Vientiane dans un nouveau bus « VIP ».  Je commence à connaître la blague du bus VIP et me suis donc retrouvée une fois de plus contorsionnée dans une Very Inconfortable Place tout au fond avec quatre autres personnes alors que les places étaient à l’origine pour 4 et non 5. Du coup je suis arrivée à Don Det pas franchement fraîche et reposée, voire même carrément ronchon et crevée. J’étais un peu perplexe quand j’ai découvert que j’avais 20 bonnes minutes de marche avec les sacs à dos (le gros et le petit) pour atteindre le coeur du village.  C’est en effet là qu’était censé se trouver la guesthouse réservée par les amis espagnols rencontrés à Vang Vieng et je me suis dit qu’il serait plaisant de les retrouver, comme nous nous en étions convenus par textos. Les bungalows, atteints après 25 minutes de marche et mes trop nombreux kilos sur le dos, étaient complets.  Je me suis pris la tête, objectivement sans véritable bonne raison, avec la patronne de la guesthouse qui me proposait un endroit encore plus excentré. De fatigue et énervement, j’ai tout laissé tomber et suis partie à la recherche d’un nouvel endroit pour dormir. J’en ai finalement trouvé un au centre du village au nord de l’île avec une vraie salle de bain et des toilettes avec chasse d’eau intégrée… pas le saut et réservoir d’eau que j’avais à Vang Vieng et qui semblait être également la norme dans ce village de Don Det, village qui n’avait pas d’électricité il y a 5 ans.

Après une bonne douche, une fin de journée glandouille où je continuais à ronchonner puis une longue nuit de sommeil, j’ai retrouvé un peu mon énergie et une humeur positive, à ne pas confondre avec l’humeur ‘happy’ de l’île connue pour ses ‘happy shakes’, ‘happy meals’, happy tout ce que l’on veut. Une belle faune planante arpentait le village et ce n’était pas du tout ma cup of tea. Je pensais même rester seulement deux nuits, d’autant plus que les espagnols que j’avais croisés plus tard étaient déjà en train de dîner (quelques loupés de rendez-vous et de connexion wifi) et qu’ils repartaient dès le lendemain matin. Et puis j’ai rencontré un Chilien simpatico, Carlos, avec qui j’arrivais à échanger en espagnol,  ¡ que bueno !, un couple d’Allemands sehr schön, Ines et Sebastian, avec qui j’ai fait du vélo à Don Khon, et un couple de Français avec qui je me suis également bien entendue, au point de prolonger mon séjour dans les 4000 îles pour partir avec eux à Siem Reap et visiter ensemble les temples d’Angkor (coming next… stay tuned pour la Saison 4 « Pics and Trips » ! ).

J’ai aussi passé à Don Det l’une des plus belles journées de mon voyage en pratiquant une activité que je fuyais jusqu’à présent : le kayak. Je vous épargne les détails mais je suis vraiment peu douée en kayak. On a beau m’avoir expliqué plusieurs fois la technique, je m’y prends mal et m’épuise rapidement. C’est comme cela que j’ai fait une insolation en Croatie lors d’une journée kayak sur la magnifique mer adriatique avec direction dispensaire de Korcula le lendemain pour me réhydrater. Or en arrivant à Don Det je voyais partout des panneaux pour des journées kayak. A chaque fois que je demandais s’ils proposaient des tours en bateau, je me heurtais à un prix élevé et au fait d’être seule à réserver l’excursion, ce dont je n’avais pas envie.  Carlos et deux autres voyageurs m’ont en outre conseillée de faire cette sortie avec un guide avec qui ils avaient passé une bonne journée : Stevie G. Je suis allée voir le guide et lui ai expliqué ma crainte et le fait que je m’épuisais vite et ne profitais pas de  ce type de balade. Il m’a convaincue en me disant que je monterais dans son kayak et que je pourrais me reposer. J’ai entretemps proposé à Inès et Sebastian de se joindre à moi et nous avons fait le même matin la connaissance des deux français que j’ai suivis deux jours après à Siem Reap.

Non seulement j’ai adoré naviguer entre les « 4000 îles » mais j’ai en plus dépassé ma peur des rochers pointus et glissants et des pentes escarpées grâce à l’aide du guide et à la bienveillance du petit groupe qui m’encourageait sans me bousculer, en particulier Séverine, l’autre Frenchie du groupe qui avait également le vertige et la crainte des rochers mais allait de l’avant et m’invitait à la suivre. J’étais ainsi la première à rejoindre le guide dans les cascades au pied d’impressionnantes chutes d’eau…Un beau sentiment d’excitation et d’accomplissement ! Même si cela peut sembler futile et loin d’être un exploit, pour moi c’était un grand pas. Grand pas qui tenait essentiellement en la confiance que m’inspirait le guide qui a trouvé le bon (et subtil) dosage pour me pousser et me rassurer.

Nous avons passé la journée à naviguer sur le Mékong, fait des balades terrestres dans les villages, visité la plus grande chute d’eau d’Asie du Sud Est et d’autres cascades magnifiques, pique-niqué sur la plage avec des brochettes au BBQ, nous sommes laissés transporter sur quelques mètres dans des rapides (sous la surveillance du guide) et scruté les eaux à la frontière du Cambodge pour entrapercevoir plusieurs dauphins de l’Irrawady, une espèce en voie de disparation.

Et terminé cette magnifique journée par un apéro coucher de soleil…

Les chutes de Khone Phapheng, que nous avons découvertes lors de notre journée en kayak sont surnommées les « Niagara Falls asiatiques ». Elles sont d’une longueur de près de 10 kilomètres et ont un débit moyen impressionnant 11,000 m 3/s, qui peut être multiplié par 4 durant la saison des pluies pour atteindre les 49 000 m 3

A Don Det même les buffalos sont « happy ». Pas étonnant, ils se dorent la pilule à la plage puis draguent les voisines de serviette :

P1090878

Buffalo bronzette

Buffalo Grill…

Vamos a la playa

Les porcs aussi sont « happy ». Ils se goinfrent et s’écroulent juste après leur repas. Exactement comme deux touristes très planants que j’ai vus s’écrouler de leur chaise (avec un grand boum qui m’a fait sursauter) dans un restaurant indien de Don Det. L’un d’eux était dans un tel état qu’il ne s’est réveillé, paraît-il, que le lendemain matin, malgré plusieurs tentatives du personnel du restaurant qui semblait habitué à voir ce type de situation. Malheureusement ces scénarios sont assez fréquents vu les substances qui circulent sur l’île. D’ailleurs, je me demande maintenant ce qu’il y avait dans la gamelle du porc. Je n’ai pas vu si le coq et les poule s se sont également écroulés après avoir grapillé les restes…

P1100139

P1100137

Outre les longues siestes éthyliques, le tubing est une activité presque aussi populaire qu’à Vang Vieng :

P1090831

P1100123 P1100128 P1100130

Don Khon, l’île voisine de Don Det, présente un caractère plus authentique et plus calme que Don Det. C’est là que se trouvent les magnifiques cascades de Somphamitplus communément appelées chutes de Li Phi. Elles ont un caractère sacré : la plupart des Laotiens et Thaïlandais croient que ces eaux sont une protection naturelle qui retient les mauvais esprits qui errent dans la région.

P1090865 P1090852 P1090849 P1090876 P1100057 P1100053 P1100063 P1100058 P1100072 P1100069 P1100065 P1100078 P1100084

P1100085

Mais où sont les Ewoks ?

Et puis, pour terminer ce séjour finalement bien agréable dans les 4000 îles, rien de tel que le vélo (mon mode de transport préféré jusqu’à présent), un régal pour traverser les villages, longer le Mékong, envier les buffles qui se rafraîchissent, découvrir des sentiers, admirer le coucher de soleil et les sourires des enfants qui vous crient « hello » :

P1090888 P1090901 P1100004 P1100010 P1100011 P1100016 P1100014 P1100018 P1100021 P1100039 P1100098 P1100099 P1100104 P1100105 P1100111 P1100112
P1100118 P1100121 P1100141 P1100145 P1100148

 

 

Publicités

Im-plaque-able

Et de deux. (Urticaire le retour)

Jeudi 20 mars 2014

Je reconnais maintenant ces petites plaques blanches qui manifestent immédiatement leur présence par une démangeaison qui crie « Coucou je suis là ! Je suis là pour te démanger ! Tralalalala !  » Calamity Mary s’enduit de Calamine, la lotion remise par le médecin en Birmanie, tout en en renversant sur son pantalon. Ce n’est pas grave, je comptais justement faire une grosse lessive demain… Je regarde au passage sur internet ce qu’est la Calamine mais la wifi s’est couchée et dort à poings fermés. A moins qu’elle n’ait fait le mur et s’éclate en boîte malgré le couvre-feu gouvernemental (minuit au Laos…). En tout cas, une chose est sûre, elle n’est pas dans la chambre 1 de la Syri Guesthouse 1 de Vientiane. A défaut de wifi et de moutons, il ne me reste plus qu’à compter les vaches et buffalos, nombreux, qui ont croisé mes routes ces derniers jours.

Ce que je reconnais moins au réveil, ce sont mes yeux. J’entraperçois depuis leur fente de 2 mm que mes paupières ont quintuplé de volume. Je me sens à ce moment là proche parente d’Elephant Man. Et ceci n’a bien sûr rien à voir avec mon trek sur le sympathique pachiderme de Luang Prabang. N’insistez pas, je ne partagerai pas cette fois-ci de photo. Bon, au moins cette fois je ne suis pas au fin fond de nulle part, sur un matelas dans une cabane en bambou dans un village sans eau courante ni électricité. Le seul hic c’est que je n’ai pas d’antihistaminique. Bien que ma trousse à pharmacie représente un bon cinquième du poids de mon sac à dos, j’ai « zappé » ces medocs dans ma liste longue comme le bras. J’appelle mon assurance santé (la MAIF que je recommande pour la qualité de leur suivi) et leur demande les meilleures endroits pour consulter un médecin à Vientiane : centre médical de Ambassade de France ou hôpital international de Mahosot en alternative. Bonne nouvelle, les deux sont accessibles à pied depuis mon hostel. J’appelle le centre médical qui me dit de venir à 13h30, heure d’ouverture, sans rendez-vous, et je me rends au Banneton, le café/boulangerie français que j’avais déjà testé à Luang Prabang car mon estomac commence à crier famine avec toutes ces émotions. J’ai testé la veille au soir un plat typiquement laotien, l’áw lám, une soupe de boeuf et d’herbes, mais je me demande si mon allergie ne vient pas d’un ingrédient asiatique et avoue avoir plaisir à retrouver une quiche saumon épinards après 50 jours de nouilles et de riz (bon ok, à part les boulangeries de Luang Prabang et le Burger King de l’aéroport de Bangkok). Il y a plusieurs speci-men séduisants dans ce café (je ne parle pas des croissants) et au moment où je me dis ça, je réalise que j’ai ôté mes lunettes de soleil. Donc non seulement j’ai les yeux complètement bouffis, mais en plus un petit souvenir de ma quiche, comme je le constate quelques minutes après en me souriant bêtement devant le miroir des toilettes. La Juliette en herbe (vous noterez mon jeu de mot) s’éclipse alors le plus discrètement possible devant ces Romeos qui n’ont cure (dent) de ma présence…

Le médecin ne peut se prononcer sur la cause des crises urticaires tant ce type de diagnostic est compliqué et mériterait une batterie de tests. Cela peut être une allergie alimentaire ou déclenché par les acariens ou l’air ou la chaleur ou un ver que j’aurais pu récupérer dans les aliments. Et la Malarone peut aussi m’avoir fragilisée. Je vais d’ailleurs l’arrêter et la conserver uniquement en mode curatif sur les conseils du médecin. Je repars avec une belle facture ainsi que des antihistaminiques, de la cortisone en cas de crise sévère durant mon voyage, une pommade pour soulager les démangeaisons (a priori plus efficace que la Calamine que l’on donne apparemment aux bébés) et autre un médoc pour éliminer tout ver potentiel. Je précise que je n’ai jamais eu d’allergie auparavant, il fallait que cela se déclenche pendant mon tour du monde… La bonne nouvelle, c’est que la balance du docteur affiche moins deux kilos au compteur. Je pense que l’élimination fromages, pain, vin doit y être pour quelque chose. Pour fêter cela, et parce que j’ai marché 7 heures d’affilée dans l’après-midi, je m’offre un nouveau met bien européen : une pizza « charcutière » saucisse, salami, coppa, chorizo, mozzarella, tomates confites. Succulente, au feu de bois, pâte et garniture parfaites et relevées juste comme il faut avec de l’origan et du basilic. J’ai longuement lorgné sur la crème caramel mais je n’avais vraiment plus faim. Peut-être vais-je revenir demain…

Quand l’appétit va, tout va, allergie ou pas.

A défaut des photos d’Elephant Woman, en voici quelques unes de Vang Vieng et de Vientiane.

Vang Vieng

J’ai passé une belle journée de balade à vélo (malgré les chemins rocailleux qui secouaient mon vélo de ville et le fait que je sois partie en plein cagnard…), en croisant au passage un groupe de sympathiques étudiants en médecine espagnols. Nous sommes allés ensemble au Lagon Bleu nous rafraîchir dans cette belle piscine naturelle puis j’ai dîné avec eux et leurs autres compagnons de route, car ils étaient 11 au total, dont 7 à être restés à l’hostel pour cause de gastro. Le lendemain matin, je les ai rejoints pour l’incontournable sortie de « tubing », légendaire à Vang Vieng. On descend la rivière dans des chambres à air. C’était drôle et bien agréable avec la chaleur qu’il faisait. Des bars longent la rivière et la plupart des « tubers » font en fait la tournée des bars, d’où certains accidents malheureux, notamment à la saison sèche lorsque la rivière est très basse et les rochers bien pointus. J’ai dû à regrets abandonner la clique pour attraper le bus de Vientiane du début d’après-midi. Tant pis pour la tournée des bars… En parlant de bars, j’ai évité autant que possible ceux où l’on apercevait divers zombies qui « fixaient » la série Friends, en train de planer avec je ne sais trop quelle substance. Quel dommage de rester plantés comme des légumes dans un endroit aussi idyllique…

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos - Lagon Bleu

Vang Vieng – Laos – Lagon Bleu

P1090687

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos - Car wash !

Vang Vieng – Laos – Car wash !

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

P1090732

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

Vang Vieng - Laos

Vang Vieng – Laos

P1090830

Le Tubing – l’activité phare de Vang Vieng

Vientiane 

Je n’ai pas vraiment visité Vientiane, seulement marché dans la ville et profité d’être dans la capitale pour aller voir le médecin, poster un colis, recharger les batteries et me goinfrer (cf ci-dessus).

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos

Vientiane - Laos

Vientiane – Laos