Wahou, me voilà au Machu Picchu !

Jungle trek vers la plus belle cité inca du Pérou

Dates du séjour : du 28 au 30 juin 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

Rien qu’en prononçant le nom « Machu Picchu », je me sens transportée vers un univers extraordinaire, avec la promesse d’une véritable aventure. Je trouve que ce son a quelque chose de magique, même si ce n’est pas le nom d’origine de ce site inca mythique mais celui que lui a donné l’historien américain Hiram Bingham qui a fait découvrir au monde entier cette cité perdue  en 1911.

Le véritable nom d’origine est Piqcho. Il s’agirait d’une ancienne retraite royale pour le roi inca Yupanqui-Pachacuti (1438-1471). Le premier « étranger » qui aurait visité ce site serait Diego Rodriguez en mai 1565. Hiram Bingham était le premier étranger de l’époque post coloniale à se rendre sur le site, conduit par un paysan de la région, le 24 juillet 1911.  Quoi qu’il en soit, c’est une sacrée découverte…

On n’aperçoit pas la cité depuis le bas de la vallée dans la ville d’Agua Calientes. Il faut une bonne heure de grimpe ardue par des escaliers bien raides pour atteindre le site, ou bien prendre le bus. J’ai opté pour la première option afin de limiter au maximum mes soucis de vertige. Et comme cet endroit est mythique, je me suis levée à 3h45 du matin pour retrouver le reste du groupe de mon trek dans une autre auberge un peu plus tard et atteindre le sommet à temps pour le lever du soleil. J’en ai franchement bavé car cela grimpait sérieusement et nous étions censés retrouver le guide sur le site à une heure précise, ce qui me laissait peu de temps de répit.

Avant cela, j’ai expérimenté avec pas mal d’effroi un « jungle trek », soit 3 jours de randos et activités sportives depuis Ollantaytambo jusqu’à Agua Calientes. J’avais bien précisé à l’agence de tourisme que j’avais une peur bleu des précipices et voulais éviter à tout prix les sensations de vertiges capables de me paralyser et de freiner le groupe avec qui je ferai le trek. L’agent m’a indiqué qu’il n’y aurait pas de problème, que la route était large et patati et patata (j’en profite pour faire un aparté et indiquer qu’il existe plus de 300 variétés de pommes de terres au Pérou…). Mais le résultat a plutôt été un trek pata-trac.

Cela a mal commencé dès le début du trek : j’ai poireauté quasiment deux heures sur la place du village avant que le bus ne vienne me chercher. Bienvenue en Amérique Latine ! J’ai commencé à avoir peur dès la montée en bus sur les routes de montagnes en épingles. Cela s’est corsé quand il a fallu enfourcher des VTT pour descendre ces mêmes routes de montagne, fréquentées qui plus est par des voitures, camions et bus. J’ai décliné cet épisode aventurier et me suis farcie deux heures de plus dans le bus avec un mal de tête grandissant, inhérent aux nombreux virages. Heureusement le bus suivait les VTTistes et allait lentement. Mais je n’étais pas au bout de mes peines…

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Après un déjeuner à 16h de l’après-midi dans le village de Santa Maria, le guide a demandé au groupe de le suivre pour rejoindre les auberges. Puis il s’est tourné vers moi en me disant que j’allais devoir prendre un « collectivo » (taxi partagé) pour me rendre à Santa Teresa, à une heure de route de Santa Maria. Je l’ai regardé en écarquillant les yeux car on ne m’avait évidemment pas précisé que je devais prendre un collectivo, tous mes transports étant censés être en bus et encore moins que j’allais changer de groupe en cours de route. Je n’avais pas le choix car le groupe allait faire le lendemain la randonnée la plus difficile du trek, celle que j’avais volontairement supprimée, sachant qu’il y avait des endroits vertigineux.

Je me suis donc retrouvée dans une vieille voiture sale et pleine de poussière qui ne m’inspirait pas du tout confiance, avec un chauffeur qui ne m’en inspirait pas davantage, et trois autres passagers : un monsieur et deux enfants péruviens. Je ne sais pas où était « Santa Maria » ce jour-là mais j’ai bien cru que c’était le dernier trajet de ma vie et qu’à chaque instant la voiture allait basculer des centaines de mètres plus bas dans le ravin. Le trajet a duré un peu moins d’une heure. Je suis arrivée dans un état second, pétrifiée, ruminant contre l’agent qui m’avait promis que je n’aurais pas le vertige. J’ai de nouveau râlé quand on m’a emmenée dans un dortoir rudimentaire alors que j’avais spécifiquement demandé des chambres individuelles en payant un peu plus que le prix standard. Voyant que mes nerfs commençaient à lâcher, mon nouveau guide a cédé et j’ai finalement eu gain de cause avec mon hébergement. Le soir j’ai retrouvé pour le dîner un nouveau groupe « jungle trek » d’une quinzaine de personnes. Et Sainte-Marie est revenue.

Ils étaient très accueillants et cela m’a fait du bien. Ils ont d’ailleurs été très patients et vraiment sympas tout le long des deux jours suivants et jusqu’au train retour vers Cusco. Ces rencontres chaleureuses et bienveillantes m’ont largement aidée à avaler la « pilule » du trek qui m’avait été vendu « garanti sans vertige » . Il y a eu d’autres couacs, et pas seulement à mon niveau. Plusieurs personnes du groupe avaient payé pour réserver le Zip Line qui était optionnel (option que j’avais pour ma part déclinée). Or une personne n’a pas pu le faire alors qu’elle était persuadée avoir réservé l’option au préalable. Idem pour la montée du Wayna Picchu qu’il faut réserver en avance et que plusieurs personnes n’ont pas pu faire malgré leur pré-réservation auprès d’agences peu sérieuses. Et pour finir en beauté, nous avons attendu plus d’une heure le guide qui devait nous faire la visite du Machu Picchu au lever du soleil sans savoir où il était…

Bon, maintenant que j’ai dressé le cahier des doléances, le Machu Picchu restera un souvenir inoubliable dans le bon sens du terme. Le lieu est tout simplement incroyable. L’architecture est vraiment impressionnante et l’écrin naturel dans lequel se trouve la cité à couper le souffle. Il est difficile d’imaginer comment ont été construits les temples, les maisons, les ruelles, comment ont été transportées les pierres, énormes. C’est l’un des endroits les plus abrupts que j’ai pu voir. Une fois les quelques nuages du matin dispersés, le soleil irradie le site. Le climat est quasiment tropical. Il fait d’ailleurs doux à Agua Calientes en bas de la vallée, même le soir, un changement radical et agréable par rapport à Cusco. Il y a beaucoup de végétation et c’est ce qui m’a permis de grimper le flanc abrupt de la montagne sans avoir peur, puis de de prendre le sentier qui mène au Sun Gate en 40 minutes environ (Intipuku). Il est relativement facile et suffisamment large pour les personnes souffrant comme moi de vertige. La vue depuis la porte du Soleil est magnifique. Ce sentier est par ailleurs gratuit et ne nécessite aucune réservation, ce qui n’est pas le cas du Wayna Picchu et de la Machu Picchu Mountain, eux bien difficiles à appréhender pour les poules mouillées de la hauteur. J’ai croisé sur ce sentier un Roumain bien sympa qui habite Toronto et cela a rendu la balade encore plus agréable.

J’ai redescendu le flanc de la montagne par le même sentier et j’avais les jambes qui flageolaient de fatigue à la fin de la journée, comme pour les 1200 et quelques marches du temple bouddhiste à Krabi en Thaïlande…

Je n’ai pas pu prendre de douche en rentrant car toutes les chambres de l’hôtel étaient soi-disant louées. Mon train était à 21h avec une arrivée à Cusco à 1h du matin… le retour a été éprouvant, je me sentais comme une clocharde, mais j’avais des étoiles pleins les yeux…

Quand je revois les photos, je suis encore impressionnée, j’ai presque des frissons. C’est un endroit qui me subjuguait et que je redoutais en raison de sa hauteur. Je suis heureuse et fière de l’avoir fait. Je confirme que ce site vaut le déplacement au Pérou et en Amérique Latine tout comme la Muraille de Chine ou la Baie d’Along en Asie. Une nouvelle merveille du monde à mon actif ! J’ai vraiment bien fait de déterminer mon itinéraire en fonction de ces merveilles que je voulais voir avant de ne plus avoir l’énergie de le faire. On n’a qu’une vie…

Le trek en images :

Le second jour du trek, j’ai fait une randonnée de 4 heures le matin, et 3 heures l’après-midi en partant depuis Santa Maria en passant par Hydroelectrica jusqu’à Agua Calientes. J’étais accompagnée de touristes espagnols, croates, néo-zélandais, suisses, anglais, hollandais et américains, un groupe très sympathique qui m’a aidée à franchir les voies ferrées élevées au dessus des rivières.

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Arrivée à Agua Calientes, au pied de la montagne du Machu Picchu :

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Levée à 3h45 du matin pour atteindre le Machu Picchu avant le lever du soleil…

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Et découvrir un site exceptionnel…

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Repérez la rivière au fond de la vallée.

Repérez la rivière au fond de la vallée.

Le pont de la voie ferrée que j'ai traversé la veille à pied.

Le pont de la voie ferrée que j’ai traversé la veille à pied.

C'est tout de même très très raide...

C’est tout de même très très raide…

P1210061 P1210067 P1210069 P1210070 P1210110 P1210115 P1210124 P1210076Séquence lamas avec un show « Lama-Sutra » qui a laissé les touristes pantois…

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Hola, qué tal?

Hola, qué tal?

T’as d’beaux yeux tu sais.

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Il faut croire qu'ils ont l'habitude de fixer l'objectif avec tous ces touristes !

Il faut croire qu’ils ont l’habitude de fixer l’objectif avec tous ces touristes !

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Et c'est parti pour le lama-sutra !

Et c’est parti pour le lama-sutra !

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Câlinou avec sa maman ! (ou son papa ?)

Bébé câlin…

Ah oui, le bisou de la précédente photo devait être avec son papa étant donné celle-là...

Lama-sutra suite

Lama-sutra suite

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Reprenons notre visite du site sans la distraction lama-ique :

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En route pour la porte du soleil...

En route pour la porte du soleil…

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Parfois je préfère raser les murs...

Parfois je préfère raser les murs…

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Vue depuis le Sun Gate

Vue depuis le Sun Gate

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Avec Andrei, un compagnon de route roumain

Avec Andrei, un compagnon de route roumain

Quelle lumière...

Quelle lumière…

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The Machu Picchu rocks!

The Machu Picchu rocks!

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C'est vraiment vraiment à pic...

C’est vraiment vraiment à pic…

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Bisous bisous avec maman cette fois

Bisous bisous avec maman

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Le Canyon de Colca

Condors, colibris, vigognes, alpagas, lamas et… amiba !

Dates du séjour : du 12 au 13 juin 2014

Pour mon « reportage » complet sur le Pérou, veuillez lire cet article

L’une des expéditions phares d’Arequipa est la visite du Colca Canyon, l’un des plus profonds du monde avec 4160 m de dénivelé.

Je comptais initialement faire un trekking de 2 ou 3 jours dans le canyon. Mais lorsque j’ai demandé à l’agence si j’allais souffrir de vertige, étant particulièrement sensible aux ravins et autres pentes à pic, et que l’on m’a confirmé que ce serait très difficile, je me suis rabattue sur un tour classique en bus avec une nuit dans un village de l’Altiplano. Bien m’en a pris étant donné les maux violents qui se sont manifestés dès le premier soir de l’excursion et que je pensais, à tort, être liés au mal des montagnes.

Avant que ces symptômes n’apparaissent, j’ai pu apprécier les troupeaux de vigognes sauvages qui traversaient la route au galop ainsi que des paysages somptueux durant les 5 heures de route depuis Arequipa. Les vigognes, qui étaient en voie de disparition, se sont aujourd’hui multipliées avec succès grâce à un système de protection très strict. Ce sont des animaux timides qui ne sont pas « domesticables » : ils ne se reproduisent pas en captivité. Leur poil est d’une douceur incomparable et les vêtements en vigogne peuvent valoir plusieurs milliers de dollars…Ces animaux sont en tout cas très graciles et les voir galoper dans la pampa de l’Altiplano fut un moment fort de ma découverte du Pérou. Les bébés alpagas sont également adorables comme vous pouvez le voir ci-dessous.

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Nous avons atteint un pic à 4900 m d’altitude. Je ne savais pas encore si j’allais en souffrir, le mal des montagnes affectant certaines personnes et pas d’autres sans que l’on ne puisse vraiment le prévoir. Je supportais jusqu’à présent plutôt bien le trajet. J’ai commencé néanmoins à avoir un léger mal de tête une fois arrivée à ce pic de 4900 m et j’ai ressenti un vertige alors que je montais une petite colline. J’ai réalisé qu’il fallait marcher très lentement et ménager ses efforts, l’oxygène étant limité à cette altitude.

On pouvait apercevoir parfois de la neige ou de la glace sur la route, la température chutant à moins 20 degrés la nuit. Il y avait pas mal de vent et il faisait frais mais le soleil rendait la température en journée tout à fait supportable. Pratiquement tous les volcans de la cordillère des Andes que l’on pouvait admirer depuis notre point de vue dépassaient les 5000 m voire les 6000 m d’altitude !

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Nous avons ensuite rejoint le village de Chivay, à 3640 m d’altitude, avec un stop panoramique avant l’arrivée. J’ai fait une belle balade de 2 heures environ, ce qui faisait du bien après toutes ces heures de bus sur des routes de montagne.

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P1090694Heureusement qu’il était assez court et que la guide m’a changé les idées en me parlant de la pluie et du beau temps pour m’aider à traverser alors que mes jambes tremblaient…

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Le lendemain matin, j’avais toujours des nausées et maux de tête mais c’était supportable. Nous avons visité le village, son église et ses danseurs qui virevoltent dans leur beaux costumes autour de la place, puis un nouveau village avant de rejoindre le point de vue des condors.

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Mes maux de tête et nausées se sont amplifiés au long de la journée et les 5 h de bus pour rentrer à Arequipa m’ont paru interminables. Arrivée à l’hôtel, je me suis écroulée sur le lit. Je pensais toujours que c’était le mal des montagnes mais grelottant sous deux énormes couvertures de laine, atteignant les 40 degrés de fièvre et étant si faible que je ne pouvais pas descendre à la réception, voire même décrocher le téléphone, j’ai compris qu’il était désormais urgent de faire appeler un médecin. Il m’a immédiatement envoyée à la clinique… Les analyses ont démontré qu’il ne s’agissait absolument du mal des montagnes mais d’une amibe. Tout est rentré dans l’ordre après 3 jours d’hospitalisation et 4 jours de repos… et j’ai pu enfin prendre un bus pour Cusco !

 

 

Le Pérou, un pays qui secoue !

Lima, Paracas, Huacachina, Arequipa, Colca Canyon, Cusco, Machu Picchu, Puno/Lac Titicaca

Dates du séjour : du 4 juin au 2 juillet 2014

Le Machu Picchu me semblait absolument incontournable dans ma découverte de l’Amérique Latine et une amie qui connaissait bien le continent m’avait concocté un itinéraire qui partait de Lima (merci Stéphanie M !). Le pays m’a secouée beaucoup plus que je ne l’imaginais et à plusieurs titres.

1. Première secousse, au sens propre : sismique !

Le matin de mon départ de Paris j’ai reçu un texto d’une de mes soeurs qui m’annonçait qu’il y avait eu un tremblement de terre à Lima : 5,5 sur l’échelle de Richter et pas de victimes mais je n’étais pas trop rassurée. J’ai appris depuis qu’il y a plus de 300 tremblements de terre par an au Pérou dont beaucoup ne sont pas « ressentis » par la population. Dans mon trajet de Lima à Cusco, avec la compagnie de bus Peru Hop que je recommande pour sa convivialité et sa flexibilité, je suis passée dans l’une des zones sismiques les plus importantes de la planète, la réserve naturelle de Paracas où se trouvent deux plaques tectoniques majeures qui se taquinent régulièrement. Le site était sublime, avec un côté quasi apocalyptique : étendue grandiose désertique, contraste des couleurs du sol aride et de l’océan resplendissant dans un ciel bleu lumineux, falaises aux allures de cathédrales, vent violent, tourbillons de sable qui fouette le visage et menacent les objectifs des appareils photos, ossements de lions de mer qui se fracassent régulièrement sur les rochers… Il paraît que le temps change constamment, parfois plusieurs fois dans la journée. Le mot « paracas » vient de la langue quechua et veut dire « pluie de sable ». Ce site qui se trouve dans la région de Pisco m’a pas mal fascinée même si nous n’y avons fait qu’un court arrêt.

2. Secousse thermique

Avec des températures fort agréables en journée qui chutent d’environ 15 à 30 degrés le soir selon les régions, le mois de juin est l’un des plus froids de l’année. Or beaucoup d’hospedajes ne sont pas chauffées et il faut se contenter des couvertures du lit et de son pull pour se réchauffer durant la nuit. Je savais qu’il allait faire froid mais ignorais l’absence de chauffage… De nature frileuse, j’en ai parfois souffert ! C’était en revanche une bonne excuse pour m’acheter pull, bonnet, écharpe et gants en laine d’alpaga…

3. Secousses visuelles

Le Pérou offre pléthore de paysages extraordinaires et variés (et pourtant je n’ai visité que le Sud du pays !) :

  • La ville de Lima : franchement pas la plus belle capitale que j’ai pu voir mais on y mange très bien, notamment de délicieux ceviche

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  • Réserve naturelle de Paracas (cf section «  »sismique » ci-dessus)

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  • Observation d’oiseaux et loups de mer aux Islas Ballestas, le « petit Galapagos » du Pérou, et également du « chandelier », un signe gigantesque mystérieux creusé dans une colline dont on ignore toujours l’origine et la signification

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  • Désert incroyable à Huacachina avec secousses dans les dunes, en buggie «roller coster » et sensations garanties pour les aficionados du surf des sables (j’ai passé mon tour…) !

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  • La belle ville blanche d’Arequipa et ses impressionnantes montagnes qui semblent veiller sur la ville

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L’Amazone prend sa source dans les montagnes de cette région, à côté du majestueux volcan Misti qui surplombe la ville d’Arequipa. J’ai beaucoup aimé la visite du monastère de Santa Catalina, qui me faisait un peu penser aux îles grecques avec ses murs en chaux blanche, ocre rouge, bleu franc et ses pots de géraniums, portes et allées pittoresques.

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  • Le canyon de Colca, 4160 m de dénivelé, ce qui en fait le 3ème plus profond du monde après un canyon en Chine (4400 m) et au Népal (4300 m), dépassant le Grand Canyon en profondeur

Les 5 heures de route depuis Arequipa jusqu’au canyon m’ont permis d’apprécier les troupeaux de vigognes sauvages qui traversaient la route au galop ainsi que des paysages somptueux. Le clou du spectacle fut d’admirer les condors majestueux qui planaient parfois à seulement trois mètres au-dessus de nous. Les condors sont les oiseaux les plus lourds du monde (12 kg). Ils peuvent atteindre 3,2 m d’envergure et s’élever jusqu’à 7000 m… Un très beau souvenir d’autant plus qu’ils étaient nombreux et que l’on avait l’impression d’assister à un show naturel exceptionnel. Je ne disposais malheureusement pas à ce moment-là d’un bon équipement photographique, ayant bêtement oublié mon chargeur en France. J’ai heureusement pu le récupérer quelques jours après à Cusco où j’ai retrouvé des amis qui me l’ont gentiment rapporté (muchas gracias Catherine !).

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  • La magnifique ville coloniale de Cusco, pour laquelle j’ai eu un vrai coup de coeur, avec ses ruelles pavées que l’on monte essoufflé (3400 m d’altitude), la Plaza de Armas et son imposante cathédrale, le quartier bohème de San Blas avec sa vue imprenable, ses bons petits restos, ses bars caliente (super soirée avec musique live au « km 0 »), ses murs et sites incas aux pierres impressionnantes, et ses festivals gais et colorés qu’il s’agisse des processions religieuses chatoyantes pour le Corpus Christi ou de la célèbre fête inca du soleil, l’Inti Raymi

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  • La vallée sacrée avec les salines de Maras qui tapisse la montagne du plus beau des mantas et le site inca d’expérimentation agricole de Moray

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  • Les églises incroyablement pittoresques en particulier celle d’Andayhuahyllas aux superbes fresques peintes et autel baroque somptueux (photos interdites à l’intérieur pour préserver les fresques)
  • La ville inca d‘Ollantaytambo avec son imposante forteresse et sa charmante place centrale

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  • Le lac Titicaca avec ses eaux azur, ses montagnes arides, la Cordillère des Andes en toile de fond, ses îles flottantes (sans les oeufs en neige) mais aussi les très beaux tombeaux de Sillustani

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  • Last but not the least, le Machu Picchu : on a beau l’avoir vu sous tous les angles en photo, le site est à couper le souffle, aussi bien pour la prouesse de ces constructions mystérieuses au sommet d’une montagne à pic, que pour l’écrin dans lequel il se trouve

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J’illustrerai cette section avec de nombreuses autres photos dans de prochains articles.

4. Secousses gastriques

Elles accompagnent régulièrement mes voyages mais celles-ci ont été particulièrement musclées, m’envoyant à la clinique seulement une semaine après être arrivée au Pérou… Je précise cependant que j’ai globalement très bien mangé au Pérou : ceviche, viande d’alpaga, guacamole à gogo (ça tombe bien, j’en raffole !), truite grillée, soupes de quinoa, etc. Il faut cependant faire attention, la plupart des rivières étant contaminées et les laitues et crudités souvent insuffisamment purifiées (il faut en principe les laver à l’eau de javel…). Maux de tête, nausées et grelottements se sont manifestés lors de mon excursion au canyon de Colca. Je n’imaginais pas que ma découverte de la faune locale inclurait également une amibe qui m’a clouée au lit une bonne semaine. Comme je l’ai dit à un ami, j’aurais préféré rencontrer un nabab qu’une amibe ! Nous avons passé un col à 4900 m, le plus haut endroit de mi vida et j’ai commencé à avoir des maux de tête et des vertiges. J’étais persuadée que c’était dû au mal des montagnes et savais qu’il fallait se reposer, redescendre en altitude, manger des fibres, boire de l’eau et éventuellement soulager ces symptômes avec des feuilles de coca ou du Diamox, un médicament que j’avais emporté avec moi. Arrivée au village de Colchay le soir, mes maux de tête ont empiré et j’étais frigorifiée. J’ai loué un radiateur électrique dans ma chambre et me suis couchée à 20h sans manger en avalant un Diamox.

Le lendemain les maux de tête et nausées se sont amplifiés au long de la journée et les 5 h de bus pour rentrer à Arequipa m’ont paru interminables. Arrivée à l’hôtel, je me suis écroulée sur le lit. Je pensais toujours que c’était le mal des montagnes mais grelottant sous deux énormes couvertures de laine, atteignant les 40 degrés de fièvre et étant si faible que je ne pouvais pas descendre à la réception voire même décrocher le téléphone, j’ai compris qu’il était désormais urgent de faire appeler un médecin. Le personnel de l’hôtel (Los Andes – Arequipa) a été adorable et m’a beaucoup aidée, y compris lors de mes trois jours de convalescence post clinique. Le médecin m’a en effet immédiatement envoyée à la clinique avec pour priorité de faire descendre la fièvre et me réhydrater, d’autres symptômes « touristiques » étant apparus depuis que j’étais arrivée à l’hôtel. J’étais si affaiblie que je pouvais à peine marcher jusqu’à la voiture du médecin. Je n’ai été vraiment rassurée que quand j’ai su que mon assurance prendrait bien en charge les frais. Je recommande d’ailleurs de nouveau la MAIF qui m’a toujours épaulée efficacement dans les moments difficiles. Si cela n’avait pas été le cas, j’aurais dû débourser plus de 2000 dollars américains pour mes 3 jours passés en clinique…

Les analyses du lendemain ont dévoilé que c’était une amibe qui était la cause de mes symptômes, contractée vraisemblablement à cause d’une salade mangée 48h avant. Les 2 premiers jours à la clinique se sont plutôt bien passés avec la fièvre qui est redescendue, une réhydratation et un traitement antibios par intraveineuses. Le docteur et l’infirmière de nuit étaient gentils et rassurants. La dernière nuit  a été beaucoup plus difficile. Une nouvelle infirmière, jeune et zélée, m’a triturée les intraveineuses de 23h à 3h du matin, essayant en vain de faire passer les medocs qui ne s’écoulaient plus, l’aiguille s’étant déplacée et mon sang ayant coagulé. Je l’ai suppliée de me laisser dormir tellement j’étais éreintée par ses manipulations. L’infirmière du matin m’a changée d’intraveineuse en un tour de main et tout est rentrée dans l’ordre. J’ai obtenu le feu vert pour sortir de la clinique au moment où le match de foot de la Coupe du Monde France-Honduras commençait. J’ai même pu regarder une bonne partie du match, le taxi tardant à arriver. Il m’a fallu trois jours de plus pour retrouver un peu d’énergie et pouvoir sortir quelques heures en dehors de l’hôtel puis pouvoir prendre un bus jusqu’à Cusco (10 heures de trajet que je redoutais étant donné qu’il s’agissait de routes de montagne, bien sinueuses). Heureusement que la compagnie Cruz del Sur offrait un confort digne d’une première classe, rien à voir avec les faux bus VIP de l’Asie !

5. Secousses humaines

Au-delà des paysages, ce sont également les gens qui vous secoue : gentillesse et amabilité des péruviens ; personnel des auberges et restos très souvent aux petits soins, vêtements et tissus qui éclatent de couleurs entre ponchos, chapeaux ethniques, bonnets, couvertures ; ambiance survoltée dans les bars avec pisco sour (l’un de mes cocktails préférés) et musiciens déchaînés ; costumes colorés pour les festivités du mois de juin ; et encore plus peut-être qu’en Asie une facilité à rencontrer d’autres voyageurs, les circuits étant plus souvent similaires… Beaucoup de belles rencontres : Gonzalo, Katelijne, Thomas, Rogier, Hanne, Kim, Amber, Jordi, Sarah, Heather, Amy, Andrei, Anna et bien d’autres…

6. Secousses vertigineuses

Je suis restée au final un mois dans ce pays, beaucoup plus longtemps que je ne l’avais prévu. Certes j’ai prolongé mon séjour à cause de mes soucis de santé et de la possibilité de pouvoir passer 5 jours avec mes amis, Catherine et Luis, qui se rendaient au Pérou une semaine après moi, et leur ami péruvien Gonzalo, mais je me suis aussi peu à peu et de plus en plus attachée au pays. Et ce, malgré mes sensations de vertige qui m’ont parfois totalement saisie de peur… A ce propos, je conseille aux voyageurs qui souffrent comme moi de vertige, d’éviter le « jungle trek » pour le Machu Picchu et de prendre directement un train jusqu’à Agua Calientes ou Hydroelectrica. Je recommande également les bus de nuit pour éviter de voir les vertigineuses routes de montagne, en choisissant évidemment les compagnies les plus recommandables pour assurer le maximum de sécurité. Le Machu Picchu en lui-même peut être grimpé à pied par un sentier de marches ardu et très raide (comptez une bonne heure pour l’ascension) mais celui-ci étant entouré de végétation, je n’ai pas eu la sensation de vertige. Il faut cependant éviter l’ascension du Wayna Picchu et de la montagne Machu Picchu qui sont très difficiles pour les personnes souffrant de la hauteur. On peut toutefois prendre le sentier qui mène au Sun Gate en 40 minutes environ (Intipuku) qui est relativement facile et suffisamment large pour les poules mouillées de la hauteur ! La vue depuis la porte du Soleil est magnifique. Ce sentier est par ailleurs gratuit et ne nécessite aucune réservation, ce qui n’est pas le cas du Wayna Picchu et de la Machu Picchu Mountain.

Bref, même si le Pérou n’est pas facile pour les personnes souffrant de vertige, cela vaut vraiment le coup de combattre ses angoisses pour découvrir ce fantastique pays… Pas étonnant que l’on utilise l’expression « C’est le Pérou ! » quand on s’extasie. Bon, en fait, il paraît que c’est une référence directe aux mines d’argent de Potosi, le gisement le plus fabuleux de tous les temps, qui, à l’époque, appartenait à la vice-royauté du Pérou (source : Guide du Routard).