Buenos Aires – premiers pas

Premiers pas… Palermo, Retiro, Recoleta

Dates du séjour : du 9 au 10 août 2014

Ayant décidé quelques jours plus tôt que je rejoindrai le Brésil par voie terrestre via l’Argentine, j’ai quitté Mendoza après trois journées agréables et festives entre retrouvailles amicales et dégustations de Malbec, en prenant un bus de nuit direction Buenos Aires. J’ai pu très vite me rendre compte que les bus argentins sont vraiment parmi les meilleurs du monde en terme de confort et de service (cf Liste de mes envies N°11) : bus direct avec quasiment pas d’arrêt (ce qui permet de dormir plus tranquillement et d’arriver plus vite à destination), fauteuil en cuir inclinable à 180 degrés (service « cama »), oreiller et couverture fournis, steward à bord qui sert repas et boissons (y compris apéritif et digestif pour les plus aventureux qui n’auraient pas eu suffisamment leur dose dans les vignobles de Mendoza !), films, rideau individuel permettant de créer une séparation avec son voisin… bref, un service et confort dignes d’une classe business en avion !

J’ai réservé une auberge à Palermo, quartier sûr et agréable qui m’a été recommandé par plusieurs amis qui connaissent bien la capitale argentine. J’ai tout de suite aimé ce quartier à l’ambiance bohème et branchée, qui n’était pas sans me rappeler le quartier bobo des Batignolles à Paris que j’affectionne particulièrement.

Ayant décidé de tracer rapidement vers le Brésil, je ne suis restée que 24h à Buenos Aires mais je savais que j’allais revenir plus longtemps, d’autant que mon billet retour pour la France partait de Buenos Aires le 9 octobre.

J’avais cependant envie de découvrir la ville malgré mon escale vraiment express. J’ai donc englouti un petit déjeuner à l’auberge (j’avais en effet besoin d’un grand café après ma nuit dans le bus certes tout confort mais avec une arrivée à l’aube dans la capitale…), laissé mon gros sac à dos dans une salle réservée à cet effet — la chambre n’étant disponible qu’à partir de 14h — puis je me suis rendue au point de rendez-vous d’un « free walking tour« . Je suis en effet devenue adepte de ce concept découvert à La Paz. Le point de départ était près du Teatro Colón avec ensuite une visite du quartier Retiro jusqu’au cimetière de Ricoleta, pour une balade totale de 2h30 environ. J’ai de nouveau apprécié le concept qui m’a permis de rencontrer des gens de tous pays bien sympathiques, une guide locale pleine d’énergie, des lieux phares de la ville ainsi que des informations historiques sur le pays et sur les porteños, les fiers habitants de Buenos Aires.

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Parmi les sites intéressants se trouve l’immeuble Kavanagh, le premier gratte-ciel du pays. Il a été commandé par Corina Kavanagh, une héritière de 39 ans qui a eu le rêve de construire une tour luxueuse de 120 mètres de haut. La construction est contemporaine du Rockefeller Center à New York. C’était à l’époque une véritable audace architecturale à la fois par sa taille et sa structure en béton armé. La légende raconte qu’il y avait une rivalité entre Corina Kavanagh et Mercedes Castellanos Anchorena, propriétaire de Anchorena Palace (Palacio San Martín actuellement), également situé en face de la Plaza San Martin. Mercedes se serait farouchement opposée au mariage de son fils avec Corina. Par vengeance, Corina aurait dressé le gratte-ciel pour empêcher Mercedes de voir la Basilique qu’elle pouvait auparavant admirer depuis son majestueux palais. J’ai cependant lu sur internet que cette version serait fausse parce que Mercedes est morte en 1920, 14 ans avant le début des travaux…

L'immeuble Kavanagh, premier gratte-ciel en Amérique Latine

L’immeuble Kavanagh, premier gratte-ciel en Amérique Latine

La Basilique juste derrière l'immeuble Kavanagh

La Basilique juste derrière l’immeuble Kavanagh

Quelques découvertes lors de la balade du « free walking tour » :

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Avez-vous remarqué quelque chose de spécial?.... les fenêtres sont en fait un trompe l'oeil !

Avez-vous remarqué quelque chose de spécial?…. les fenêtres sont en fait un trompe l’oeil !

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Ce lieu est un mémorial pour l’ancienne ambassade d’Israël en Argentine : le 17 mars 1992, une bombe a explosé à l’ambassade, faisant 29 morts et 242 blessés.

La visite s’est achevée devant le cimetière de Recoleta, l’un des sites incontournables de la ville, dans le quartier du même nom. Ce cimetière a été inauguré en 1822 et accueille plusieurs personnages emblématiques de l’Histoire Argentine, en particulier Eva Perón, seconde épouse du président Juan Pero, adulée par une grande partie du peuple argentin pour son engagement aux côtés des plus déshérités.

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Tout comme le cimetière général de Santiago qui vaut le détour bien que beaucoup moins célèbre que le Père Lachaise parisien, il se dégage une atmosphère particulière de ces visites, bien plus fascinantes que morbides, et l’on peut difficilement rester insensible à la beauté et à la particularité des mausolées qui forment un véritable labyrinthe. Les caveaux sont parfois magnifiquement sculptés et « chargés » d’histoire. Certains sont laissés à l’abandon et accueillent poussière et toiles d’araignée, une ambiance qui ne déplairait pas à Tim Burton.

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Le caveau qui m’a le plus marqué est celui de Rufina Cambaceres, une jeune femme née en 1883 qui a été enterrée avant ses 19 printemps. Un gardien a découvert quelques jours après la cérémonie que le cercueil était abîmé par de nombreuses marques. La jeune fille souffrait en fait de catalepsie et avait été enterrée vivante, grattant son cercueil de toutes ses forces et mourant ensuite d’asphyxie. La sculpture de cette jeune femme « sortant » du caveau est d’une remarquable beauté, nous laissant pantois et songeurs lorsque l’on apprend cette histoire tragique.

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Après avoir déjeuné et déambulé dans le centre, j’ai rejoint mon auberge, fait mon « check-in » puis j’ai rencontré Alexandra, une charmante colombienne qui vit à Buenos Aires. Alex m’a été présentée via Facebook quelques mois auparavant par mon amie Marion, qui avait sympathisé avec plusieurs étudiants lors de son séjour ERASMUS en Argentine il y a quelques années. J’ai exploré avec Alexandra le quartier animé de Palermo, découvert grâce à elle une place et un bar sympa, puis nous sommes allées dîner dans un restaurant italien délicieux fréquenté par des locaux… aucun touriste à la ronde, tout à fait le genre d’adresse que j’affectionne ! Ensuite nous nous sommes rendues dans un bar alternatif-lieu culturel appelé La Boussole qui avait été ouvert quelques mois auparavant par Dan, l’ancien prof « innovation » d’Alexandra et de Marion. L’endroit et l’accueil étaient fort sympathiques mais la fatigue a eu raison de moi et je me suis rapidement éclipsée pour rejoindre Morphée.

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Le lendemain matin j’ai de nouveau englouti un petit déjeuner, fait mon « check-out », repris toutes mes affaires puis me suis dirigée vers le port à l’autre bout de la ville pour embarquer sur un ferry Buquebus. Après un contrôle d’immigration comparable à un enregistrement d’avion, le ferry m’a emmenée à Colonia de Sacramento en Uruguay après une traversée agréable de 2h15.

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Malgré le peu de temps passé à Buenos Aires, mes premiers pas ont été vraiment concluants : j’ai eu un véritable coup de coeur pour cette ville à l’ambiance très européenne, voire parisienne dans certains quartiers, le tout avec la décontraction et la chaleur latines propres aux habitants d’Amérique du Sud. J’étais au fond de moi très contente d’avoir pris mon billet retour depuis Buenos Aires et savais que j’allais faire de nouvelles découvertes au sein de la capitale argentine d’ici quelques semaines. On ne peut tout de même pas venir à Buenos Aires sans faire quelques pas… de tango et découvrir une Milonga ! C’était mon pacte semi-secret avec la capitale argentine pour ma future visite. En attendant, c’est un nouveau pays qui m’attendait, avec une nouvelle escale express en Uruguay, avant un grand saut au pays de la samba et du forro !

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Santiago & Co

Caldillo de congrio, cementerio, Casa Mosaïco, vin chilien & vélo, balade en raquettes à Maipo, frayeur dans le métro…

Dates du séjour : du 19 au 23 juillet, 26 et 27 juillet, et du 2 au 5 août 2014

Santiago raisonne singulièrement en moi car cette ville représente ma toute première venue sur le sol sud-américain, il y a quelques années lors d’un déplacement professionnel. J’étais heureuse de pouvoir « découvrir » ce continent qui m’intriguait, m’attirait et que je connaissais finalement si peu. Je n’avais pas été particulièrement impressionnée par la ville sachant que j’avais eu très peu de temps de libre pour vraiment la parcourir et donc une vision limitée. J’avais en revanche apprécié l’accueil chaleureux des Chiliens et eu plaisir à rencontrer de nouveaux amis, Miguel et Maca (grâce à Marion que je remercie !), qui m’avaient fait découvrir le pisco sour. Depuis que j’ai goûté le pisco sour péruvien en juin dernier, notamment le maracuja pisco sour, je dois avouer que j’ai une petite préférence pour le péruvien… (cf envie n°20). C’est une déclaration très sérieuse que je fais là car les deux pays revendiquent chacun le pisco sour comme étant leur cocktail national et ils ont même porté l’affaire en justice, à la Cour Internationale de La Hague. Le verdict est récent, il date de 2013 : c’est le Pérou est l’heureux « gagnant » (cf nombreux articles tels que celui-là)…

C’est en fait initialement pour sa position stratégique que j’ai décidé d’aller à Santiago à l’occasion de mes pérégrinations en Amérique Latine, car c’était le point de départ pour l’Ile de Pâques, séjour que j’ai effectué du 28 juillet au 2 août (à découvrir prochainement dans picsandtrips !).

Ce séjour dans la capitale chilienne m’a tout de même réservé plusieurs surprises sympathiques. Tout d’abord j’ai pu revoir Miguel et Macarena et faire la connaissance de leur adorable petite fille. Nous avons même passé un après-midi ensemble dans un parc huppé de la ville, dans lequel on peut observer des flamands roses, des canards atypiques et beaucoup de chiens, de poussettes et de ballons multicolores. C’était assez amusant de passer ce moment « familial » en plein tour du monde : je fréquente ces derniers temps davantage les auberges de jeunesse et les treks sauvages que les parcs dédiés aux promenades dominicales !

Lors de mon arrivée, comme le temps était gris et froid, j’ai décidé d’aller visiter deux musées : le musée d’art précolombien et celui des beaux Arts. Je n’ai pas regretté, en particulier le Museo Chileno de Arte Precolombino qui a une très belle collection et est bien mis en scène.

Musée d'art précolombien

Museo Chileno de Arte Precolombinio

Museo de Bellas Artes

Museo de Bellas Artes

Afin de découvrir davantage la ville, j’ai décidé de tenter de nouveau l’expérience des Free Walking Tours (testés avec plaisir à La Paz), d’autant plus que j’avais eu des échos positifs d’autres voyageurs concernant celui de Santiago. Il y en a en fait plusieurs. J’ai beaucoup apprécié celui du matin dont le point de rendez-vous était devant le musée des beaux arts, juste à côté de l’auberge dans laquelle je logeais. Le tour nous faisait passer dans le Mercado Central et Mercado Vega. La guide, Lisette, pleine d’énergie et parlant parfaitement anglais car elle était américaine de parents chiliens, nous a même conseillé quelques spécialités locales si l’on désirait venir déjeuner au Mercado Central. Elle a particulièrement insisté sur le caldillo de congrio de Tio Willy, un resto « bonne franquette » à l’entrée du marché. Du coup j’ai suivi ses conseils alors qu’initialement je n’étais pas du tout attirée par la soupe de congres, surtout après avoir vu ces spécimens assez immondes sur les étals du marché… Et bien, c’était l’un des plats les plus succulents (et copieux…) de tout mon séjour en Amérique Latine, un vrai régal !

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Caldillo de congrio

Caldillo de congrio

J’ai aussi bien aimé la visite du Mercado Vega, un marché populaire de fruits et légumes, très animé durant la semaine. J’ai toujours autant de plaisir à prendre en photos les marchés. C’est l’un de mes thèmes photographiques favoris, le marché plus incroyable étant celui que j’ai vu dans le Yunnan, au sud de la Chine. Lors de la visite du marché Vega, nous avons pu savourer, gratuitement, une sorte de pain-beignet au potiron, recouvert d’une sauce assez épicée. Là encore, c’était délicieux. La consistance m’a même rappelé les bougnettes catalanes, ma madeleine de Proust…

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Mais le plus surprenant lors de ce walking tour, ce fut la découverte du cimetière général de Santiago. L’endroit est incroyable et vaut vraiment le détour. Il est facilement accessible depuis le métro. Lorsqu’on arrive, on se trouve face à des écrans de télévision qui indiquent les horaires et lieux exacts des crémations, tellement le cimetière est immense. Il est aussi grand que 170 terrains de football et deux millions de personnes y sont enterrées (le Chili est un pays de 17,2 millions d’habitants)…

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Il comprend parfois des immeubles de plusieurs étages avec des ascenseurs intégrés. C’est le cas notamment de cet édifice dédié à la communauté italienne, immigrée dans les années 40, et qui aurait importé les concepts des malls… Il y aurait 2000 tombes dans cet « immeuble »…

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En fait, c’est presque une ville dans la ville, avec des rues, des étages, des arbres, et des styles architecturaux des plus variés : du temple grec au palace indien tout en passant par le style égyptien, inca, Art Nouveau ou épuré. C’est une visite pour le moins déroutante., avec tout le respect que l’on doit à ce lieu de recueil et de mémoire.

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J’ai également fait un second Free Walking Tour, organisé dans un autre quartier de la ville. Il n’était pas à la hauteur du premier mais il m’a permis d’en apprendre un peu plus sur l’histoire du Chili et de rencontrer une jeune enseignante américaine qui vit au Vénézuela  et avec qui j’ai pu « escalader » le Cerro San Cristobal qui offre une très belle vue sur la ville. On se rend alors davantage compte de la démesure de Santiago.

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Ce qui a également particulièrement marqué mon séjour à Santiago, au-delà des visites, c’est l’accueil formidable que m’a réservé le personnel de l’auberge de jeunesse dans laquelle je suis restée : Casa Mosaico. Chaque personne du staff était patiente, attentionnée, souriante, souvent drôle. Au bout de quelques jours, j’avais l’impression d’être dans un appartement avec des amis en colocation. Ils m’ont même invitée à un barbecue du personnel qu’ils organisaient à l’occasion du départ de l’un d’eux. Du coup, malgré la grisaille de Santiago à ce moment là, j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère qui y régnait et en garde un excellent souvenir.

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A mon retour de l’Ile de Pâques, j’ai eu envie de découvrir les environs de Santiago.

J’ai pu visiter le village de Pomaire, réputé pour ses céramiques et sa gastronomie, grâce à Pablo, que j’avais rencontré à Rapa Nui et qui vit à Santiago. Pomaire était peu animé ce jour là (un lundi) mais les alentours, avec la Cordillère des Andes en toile de fond, étaient superbes. Le soleil embrasait la capitale lors de notre retour et l’on apercevait nettement la magnifique chaîne de montagnes habituellement cachée par le brouillard et/ou la pollution.

Ce qui était vraiment triste et décevant en revanche, c’était de voir les amoncellements de détritus dans chaque virage alors que nous montions sur une très belle route de montagne. J’étais vraiment surprise de voir tous ces détritus car le Chili me semble être un pays évolué et éduqué, influencé par la culture américaine. Les centres commerciaux sont notamment des copies conformes des malls américains. En tout cas, je ne m’attendais pas à voir un tel mauvais sort environnemental en pleine nature, comme si les individus n’avaient jamais été éduqués sur le fait que l’on doit ramasser ses détritus, a fortiori en pleine nature. Cela m’avait déjà beaucoup choquée dans la baie d’Halong. Quel dommage de détériorer des sites aussi exceptionnels, et la nature en général, alors que c’est à la portée de tous de faire un petit effort… Je ne suis pourtant pas une écologiste extrémiste mais force est de constater qu’il y a encore bien du chemin à faire dans l’éducation et la protection environnementale de notre planète.P1260410 P1260411 P1260417 P1260423

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Je me suis également inscrite à un tour « Bike &Wine » organisé par la Bicliceta Verde au sein du domaine vinicole de Cousiño Macul, accessible en métro depuis le centre de Santiago. J’ai eu une mauvaise surprise cette fois. Lorsque je suis montée dans le train, il y avait énormément de bruit, beaucoup de cris de jeunes excités. Je pensais initialement (et naïvement) que c’était, comme dans le métro parisien, probablement dû à un match de foot, mais trouvais curieux qu’il y ait autant de chahut à 10 heures du matin. Et puis j’ai vu que mes voisins de wagon semblaient très inquiets, faisant même des mouvements pour se protéger. Là j’ai vu débarquer toute une bande de délinquants dont un qui tendait un couteau assez imposant devant lui tout en avançant à vive allure. Il y avait une très jeune femme en face de moi en train d’allaiter son bébé. Le couteau est passé à quelques centimètres de nous. Les passagers étaient effrayés, moi aussi. je suis sortie à la prochaine station. J’ai vu que le train suivant contenait également des « gangs » qui se provoquaient mutuellement et suis restée sur le quai, peu rassurée, jusqu’à ce qu’un train a priori calme daigne arriver.

Il paraît que ce type d’incidents reste rare à Santiago et que le métro est normalement un moyen de transport sûr. C’était tout de même impressionnant, même si je sais que cela peut arriver n’importe où. Plus de peur que de mal, mais j’étais pas mal secouée et non mécontente de monter sur un vélo dans les vignobles pour prendre l’air… et de retrouver Lisette qui était également la guide de ce tour ! La dégustation de vin m’a aidée à me détendre un peu plus. Nous n’avions en fait qu’une petite demi-heure de vélo, avec un verre de vin blanc dégusté au milieu des vignes, puis deux autres verres dans une salle, après avoir laissé nos vélos. C’était tranquille, agréable et magnifique avec la Cordillère des Andes qui se détachait derrière les pieds de vignes, même si ceux-ci n’étaient pas pourvus de raisins en cette période de l’année. Nous sommes en effet en plein hiver au Chili.

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D’ailleurs comme c’est l’hiver, Santiago offre de belles occasions d’escapades dans la neige. J’ai préféré aux stations de ski une balade en raquettes dans le Cajon del Maipon. Cela faisait du bien de me retrouver dans la nature, de faire un peu d’exercice et de sortir de la ville. La balade m’a plu. Elle était physique mais tout à fait accessible. Il ne faisait pas trop froid et nous avons même vu un bel aiglon peu farouche. La route était également très belle, on passait à côté des stations de ski.

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J’ai également profité de mon étape à Santiago pour visiter de nouveau Valparaiso que j’avais découvert il y a 3 ans et dont la lumière et les graffitis m’avaient éblouie. Ce sera l’objet de mon prochain billet.

Uyuni : 3 jours inouïs

Trek légendaire en Bolivie

Dates du séjour : du 9 au 11 juillet 2014

Pour tout vous avouer, j’ai failli ne pas aller au Salar d’Uyuni. J’étais tellement angoissée sur les routes de montagne du jungle trek Machu Picchu, que j’ai envisagé ne pas aller en Bolivie, craignant de nouvelles routes de montagnes et autres ravins vertigineux. L’expérience du Machu Picchu m’ayant in fine subjuguée et ayant « survécu » entretemps au dénivelé de La Paz, je me suis dit que ce serait quand même idiot de ne pas faire ce que quasiment tous les « tourdumondistes » considèrent comme l’un des summums de leur voyage.

Un autre élément me tracassait pas mal : les voyageurs que j’avais rencontrés à Cusco, PunoCopacabana ou Isla del Sol qui revenaient récemment du Salar, m’avaient indiqué qu’il faisait parfois jusqu’à moins vingt degrés à cette période de l’année et que les logements durant le trek étaient rudimentaires et sans chauffage. Bref, un sacré dilemme : y aller ou pas ?

Mais je ne pouvais pas rater ça. Il fallait toutefois que je me prépare psychologiquement… Du coup, j’ai interrogé pas mal de voyageurs et j’ai fait des recherches sur internet pour choisir l’agence qui m’offrirait le meilleur confort possible pour ce trek. J’ai vite réalisé que je ne pourrai pas m’offrir le luxe de privatiser une jeep ni un hôtel avec du chauffage étant donné les prix exorbitants et le fait que les canalisations gèlent de toutes façons à cette période de l’année et que l’on dispose au mieux de deux heures de chauffage. En revanche, à force de discuter et de lire des blogs, j’ai repéré un tour opérateur qui sortait du lot : Red Planet recevait d’excellents retours des voyageurs.

A La Paz, j’ai fait quelques recherches complémentaires directement auprès des agences en comparant les offres et les tarifs. J’ai trouvé une agence qui offrait le trek Red Planet pour un tarif correct et ai proposé à Thomas, mon compagnon de route français rencontré lors de ma première semaine péruvienne, de réserver ce circuit avec moi. Thomas avait eu la gentillesse de « m’attendre » à La Paz pour faire le Salar d’Uyuni avec moi. Cela me faisait très plaisir, surtout après ma longue trêve seule à l’hosto à Arequipa, et cela me rassurait pas mal aussi d’être en bonne compagnie étant donné toutes les appréhensions décrites ci-dessus !

Nous avons choisi le trek 3 jours/2 nuits, l’un des plus vendus, et qui permet de faire le cimetière de trains près de la ville d’Uyuni, le désert de sel, l’île au poisson (en fait une ancienne île désormais sans mer et recouverte d’une forêt de cactus), le désert de Chiguana et ses volcans, les lagons andins (dont le Lagon Rouge et et le Lagon Vert) et leurs photogéniques flamands roses, le désert de Siloli et l’arbre de pierre, le cratère du volcan Sol de Mañana à 5000 m d’altitude avec ses geysers et le désert de Dali. Je n’avais entendu parler pour ma part que du désert de sel d’Uyuni, le plus grand du monde, et l’un des endroits les plus divertissants pour faire des photos surréalistes. Quelques données : superficie de plus de 10 000 km2, un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète,  dimensions de 150 kilomètres sur 100. Sa formation remonte à 10 000 ans, quand l’étendue d’eau salée était une partie du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. En s’asséchant, il a laissé derrière lui le gigantesque salar d’Uyuni.

J’ai beaucoup aimé le désert de sel où nous avons passé de bons moments à imaginer des scènes comiques et joué avec nos appareils photos. Mais j’ai en fait davantage préféré les deux derniers jours dans les volcans et les lagons, avec des paysages lunaires extraordinaires et des lagons aux couleurs incroyables. Ce qui est fantastique dans ce trek c’est que l’on voit une multitude de paysages plus admirables les uns que les autres, et ce, dans une même région. A chaque nouvelle visite, j’étais éblouie et cela semblait ne jamais s’arrêter, comme si l’on nous offrait de très belles surprises toutes les deux heures pendant 3 jours !

Je vais vous laisser découvrir tout cela en images mais auparavant, laissez moi vous narrer l’autre surprise de cette expédition, ce qui a rendu ce trek encore plus agréable.

Sur le bateau qui me ramenait d’Isla del Sol à Copacabana, j’ai rencontré une Allemande qui semblait bien dans ses baskets et voyageait également seule. Ayant appris lors de notre conversation qu’elle comptait également se rendre dans le Salar, je lui ai demandé si cela lui disait de faire éventuellement le trek avec moi depuis La Paz. Elle m’a répondu qu’elle préférait ne rien planifier et ne savait pas quand elle partirait pour Uyuni. Je comprenais très bien et étais même admirative de ce lâcher prise total.

Or, une fois montée dans le bus La Paz-Uyuni, devinez qui se trouvait sur le siège juste à côté du mien ? La voyageuse Allemande évidemment ! J’ai présenté Julia (son nom) à Thomas et lui ai proposé de se joindre à nous si elle n’avait pas encore réservé son trek, ce qu’elle a accepté cette fois sans hésiter.

J’ai tout de suite bien accroché avec Julia. Elle était volubile, pétillante et drôle. Thomas s’est également très bien entendu avec elle. Dès le lendemain nous étions comme trois larrons en foire, et ce, pendant toute la durée du trek.

Le trajet La Paz-Uyuni était cependant l’un des pires de mon voyage : 14 heures de bus dont environ 10 heures sur une route qui n’était plus une route mais une sorte de piste défoncée et gelée. Les fenêtres étaient gelées également. Cela sautait tellement que l’on avait l’impression que l’on allait être éjecté à chaque instant. Ah oui, j’ai oublié de préciser que j’étais la seule passagère dont la ceinture de sécurité était cassée… j’ai dû faire un noeud de fortune pour ne pas me retrouver à faire un vol plané dans le couloir (comme le paquet de chips de ma voisine de derrière qui s’est totalement éventré durant la nuit, laissant un parterre… des plus croustillants). A côté de ce trajet, le bus thai de Chiang Mai qui m’avait donné des sueurs froides était de la gnognotte ! Nous avons quasiment tous passé une nuit blanche…

L’une de mes premières missions à Uyuni, en plus de trouver une triple dose de café, fut de trouver une paire de lunettes de soleil, ayant oublié les miennes à La Paz, le comble quand on s’apprête à explorer l’un des endroits offrant les pires réverbérations du monde, quelques mois après s’être fait opérer des yeux ! J’ai essayé de trouver des lunettes avec le label « CE » (communauté européenne) comme me l’avait conseillé mon excellent ophtalmo, mais je pense que toutes les paires de lunettes d’Uyuni étaient « made in China », même la paire avec le label CE que j’ai achetée après de nombreux essayages. Je n’avais cependant pas trop le choix… et me suis dit que j’achèterai prochainement une nouvelle paire de meilleure qualité.

Après une nuit blanche, un petit déjeuner réparateur et de nouvelles lunettes à deux balles, le karma uyunien s’est modifié de façon très favorable :

  • Nous avons eu la jeep la plus confortable, avec sièges en cuirs et même deux places de libre les deux derniers jours car une famille tombée malade en cours de route a déclaré forfait après la première nuit.
  • Luis, notre guide Red Planet était top : il parlait bien anglais, donnait beaucoup d’explications dans chaque lieu, nous a « coachés » pour la séance photos du désert de sel, et il nous a même permis de jouer aux DJ et de faire nos propres sets musicaux dans la jeep tout en rechargeant nos portables ! Et surtout : il a accepté de danser la salsa avec moi dans le second refuge ! Je lui avais dit en effet être très déçue par le fait que finalement peu de latinos que j’avais rencontrés au Pérou et en Bolivie dansaient la salsa… il est vrai que Luis était d’origine colombienne et que la salsa est bien plus populaire en Amérique Centrale qu’en Amérique du Sud comme je l’ai découvert au cours de mon voyage…
  • Nous avons même pu voir des OVNIs !! des nuages aux formes sidérantes… Même le guide et le chauffeur de la jeep ont pris des photos…

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Le plus beau souvenir fut sans doute le bain de nuit dans les « hot springs » à 35 degrés, après le dîner du deuxième soir. Je ne voulais initialement pas y aller : il fallait se déshabiller et enfiler son maillot de bain alors qu’il faisait un froid glacial dans le refuge, puis sortir dehors et marcher 100 m dans un froid encore plus glacial avec sa frontale avant d’atteindre les sources d’eau chaude. Je me suis finalement laissée convaincre par mes compagnons et je dois dire que c’était une expérience inoubliable et exceptionnelle.

Nous avions le bassin pour notre seul groupe aussi longtemps qu’on le souhaitait. Ce n’est pas le cas des autres groupes qui y vont soit avant le dîner soit au moment du petit déjeuner le lendemain matin pendant 30 minutes max. Du coup nous avions l’impression d’être les VIP des hot springs ! En tout cas d’être sacrément privilégiés… Le ciel scintillait de milliers d’étoiles et la quasi pleine lune nous laissait apercevoir le lagon et les volcans juste à côté. Nos cheveux étaient gelés, il faisait environ moins dix degrés à l’extérieur mais on ne s’en rendait pas vraiment compte une fois dans l’eau. L’eau était divinement bonne. Et l’on pouvait siroter un verre de vin dans le bassin ! C’était magique. J’y suis restée deux bonnes heures (soit pas mal de vin…).

Je terminerai cet article en vous livrant ma recette pour survivre face au froid et passer la nuit dans un refuge non chauffé quand on est frileuse :

  • Deux duvets (le mien + celui que j’avais loué)
  • Plusieurs couvertures
  • Une bouillotte
  • Dormir emmitouflé des pieds à la tête
  • Boire du thé
  • Boire du vin bolivien (très efficace, cf supra !)

NB. Ne PAS courir pour se réchauffer car à plus de 4000 m d’altitude, mieux vaut économiser son souffle !

Bref, j’ai survécu et le trek valait vraiment la peine malgré le froid glacial. Cela fait même partie aujourd’hui de l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage.

Mais assez de blabla, je vous laisse désormais découvrir cet endroit incroyable…

TREK SALAR JOUR 1

1.Le cimetière de trains… décor surréaliste !

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Le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde et l’endroit idéal pour faire des photos délirantes (cf envie n°15) – on s’en est d’ailleurs donné à coeur joie…

J’ai inséré ici et là deux-trois photos prises par Julia et Thomas. Je vous invite à regarder également le superbe blog de « Julia abroad« .

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L’île aux cactus (avec en guest stars le ciel bleu et la lune) :P1220774 P1220777 P1220779 P1220784 P1220787 P1220796 P1220798 P1220814 P1220831 P1220852 P1220861 P1220862 P1220863 P1220864 P1220869 P1220872 P1220874 P1220877

Le coucher de soleil le premier soir :

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TREK SALAR JOUR 2

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Avec Luis, notre super guide de Red Planet

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Le désert de Siloli et  » l’arbre de pierre  » :

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Geysers et fumerolles qui atteignent plus de 100 degrés et se trouvent à plus de 5000 m d’altitude :P1230386 P1230389 P1230392

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TREK SALAR JOUR 3

Lever du soleil, encore un moment extraordinaire…

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Mais il fait très très froid et il y a beaucoup de vent…

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Puis pour finir ce trek, passage à la frontière bolivienne, en plein coeur du désert, où même les renards viennent faire tamponner leur passeport… pour aller voir le superbe site chilien de San Pedro de Atacama, à une heure de route. Découvrez prochainement sur picsandtrips pourquoi on danse clandestinement dans des fermes à San Pedro de Atacama…

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