Sapa – Nord Vietnam et frontière chinoise

Bien sapés à Sapa (où le riz verdoie !) et premiers pas chinois

Dates du séjour : 14 au 16 avril 2014 

J’ai enfin réussi à prendre un train couchette, le premier de ma vie. Je n’avais pas pu le faire de Chiang Mai à Bangkok mais celui d’Hanoi-Sapa n’était pas mal du tout. J’ai pris des couchettes de catégorie supérieure avec la société E.T. Pumpkin. Ce qui m’a surprise au départ du train c’est qu’il n’y avait pas de hall de gares avec des quais. Il fallait aller directement sur la voie en vérifiant le numéro du train. Le compartiment comprenait 4 couchettes, étroites mais confortables, très propres et avec des petits crochets et étagère pour pouvoir poser quelques affaires. J’avais la couchette du bas, une Australienne celle du haut. En face de nous se trouvaient un père de famille français (expat) et le guide qui accompagnait sa famille, sa femme et ses enfants étant dans le compartiment voisin. Cela secouait beaucoup, c’était plutôt drôle. Nous sommes arrivés de bon matin à Lao Cai, le terminus du train, puis je suis montée dans un minivan pour environ une heure de route jusqu’à Sapa.

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Nous sommes arrivés sous les nuages et la brume dans lesquels des tâches de couleur détonnaient : celles des magnifiques costumes des habitants des communautés ethniques, très nombreuses à Sapa. Les costumes sont portés quotidiennement et non pour parader devant les touristes, même si ceux-ci sont également très présents à Sapa.

Après un bon petit déjeuner et une promenade dans le village le matin, craquant au passage pour quelques emplettes d’artisanat local, j’ai fait une balade de 3 heures environ l’après-midi avec une guide de 19 ans, Nan, issue de l’une des communautés ethniques. J’étais toute seule avec elle, ce qui était très agréable. Elle n’a jamais été à l’école et a appris l’anglais dans la rue en écoutant les touristes. Elle semblait très dégourdie pour son âge et avait un bon niveau d’anglais oral. J’ai beaucoup apprécié cette marche dans les villages alentours malgré le brouillard et le temps décevant. Nan m’a également emmenée au marché de Sapa à la fin du trek et m’a aidée – patiemment – à négocier quelques achats complémentaires. Impossible de résister aux tissus colorés de Sapa que je rêvais de voir en direct depuis fort longtemps (cf envie n°2 et envie n°13…) ! La présence d’un bureau de poste avec des tarifs attractifs pour un transport par bateau a fini de me convaincre que je pouvais me faire plaisir…

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Un nouveau pont suspendu (cf celui de Battambang au Cambodge)… et je n’ai même pas peur !

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Avec Nan, charmante guide de 19 ans – et mon nouveau ‘fichu’ local noué sur la tête à la manière des Hmong

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Le lendemain j’ai rejoint un groupe d’une dizaine de personnes pour un trek de 5 heures dans l’une des plus belles vallées de Sapa. Le soleil a pointé son nez et est devenu de plus en plus radieux tout au long de la journée. Nous n’étions pas le seul groupe de randonneurs, loin de là, ce qui me changeait de mon excursion presque intime de la veille, mais la beauté des rizières et le temps cette fois très agréable m’ont permis de passer une très belle journée. J’ai de nouveau fait de sympathiques rencontres dont un Allemand et un couple de français qui vit à Dubaï.

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Les porte-bébés sont magnifiques, comme tous les vêtements des communautés ethniques de Sapa…

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Le soir j’ai rejoint Lao Cai en taxi partagé. Lao Cai se trouve à 3km de la frontière chinoise. J’ai terminé le dernier km à pied, avec mes 2 sacs sur le dos et le ventre (soit près de 19kg…), à la recherche du poste frontière. J’étais un peu inquiète car non persuadée d’aller dans la bonne direction. J’ai finalement rejoint la douane sans me tromper. Le douanier vietnamien m’a fait changer de guichet plusieurs fois et a regardé mon passeport sous tous les angles pendant 15 longues minutes sans que je ne comprenne pourquoi. Je me suis sentie pleinement « backpackeuse » et vivre une sacrée aventure quand j’ai traversé à pied le pont qui m’emmenait à la frontière chinoise. Traverser une frontière ainsi, de surcroît seule, vers un pays totalement inconnu, engendre beaucoup plus d’émotions que lorsqu’on arrive en avion. C’est la seconde fois que je passe une frontière terrestre dans ce périple et la toute première fois toute seule. J’ai immédiatement constaté des différences vestimentaires entre les Chinois et les Asiatiques du Sud Est. Ces derniers ont presque toujours des vêtements sobres avec genoux et épaules recouverts. Or, d’un coup, je me trouvais face à des mini-shorts fluo et jupes en tulle, un autre univers. Je n’étais pas au bout de mes surprises, la Chine étant l’un des pays qui m’a le plus interpellée de tous mes voyages…

Le passage aux douanes chinoises s’est passé de manière plus fluide et plus cordiale qu’aux douanes du Vietnam, avec une sorte d’ordinateur qui a scanné mon passeport et m’a « parlé » en français, ainsi que des douaniers souriants contrairement à ce que je m’étais imaginé. C’est ensuite que cela s’est compliqué…

Absolument aucun signe en anglais et personne qui ne parlait un mot d’anglais non plus, même dans la petite agence de tourisme que j’ai repérée à quelques centaines de mètres du poste frontière. Après une vingtaine de minutes de marche, j’ai finalement trouvé un hôtel dans lequel une jeune femme, la guide touristique de l’hôtel, parlait anglais. Elle m’a gentiment aidée à réserver une nuit d’hôtel et m’a donné rendez-vous le lendemain matin à 8h pour m’emmener à la station de bus pour aller voir les rizières de Yuanyang à 3 heures de route. Enfin, c’est ce que je pensais ce soir là mais le transport du lendemain allait être quelque peu différent comme je vous le raconterai dans mon article consacré à la province du Yunnan.

Après toutes ces émotions, mon estomac commençait à crier famine. Là, nouvelle surprise : je ne voyais dans les restos et les gargotes que des pattes de poulet, des insectes, cochons d’Inde et autres mets qui ne m’inspiraient pas du tout. Mon désarroi était accru par le fait que tout le monde me dévisageait. Visiblement il y a peu de touristes occidentaux dans la ville d’Hekou… Après 45 minutes de déambulation vaine où mon estomac commençait à désespérer, j’ai aperçu un fast food… Pas vraiment la meilleure entrée en matière pour découvrir la cuisine chinoise mais je dois dire que j’étais bien soulagée !

J’ai ainsi réalisé dès mes premiers instants en Chine combien le choc culturel et la barrière de la langue étaient forts. Après quasiment 3 mois de communication aisée en Asie du Sud Est, la dernière étape de mon tour asiatique allait s’avérer bien plus déroutante… parfois stressante, parfois amusante.

Perdre tous ses codes et ses repères, n’est-ce pas là la véritable aventure ?

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